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  • : Le blog satirique du Papy Mouzeot
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Erick Bernard

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18 janvier 2011 2 18 /01 /janvier /2011 16:45

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Il était une fois... une coiffeuse ambitieuse appelée Leila Trabelsi qui rêvait d'être régente au pays de Carthage. Issue d'une famille très modeste, son père vendait des fruits secs et sa mère élevait les onze enfants à El Hafsia, un quartier pauvre au cœur de la Médina. Elle effectua ses premières tontes "chez Wafa" une coiffeuse de la place Barcelone mais Leila, ambitieuse et séductrice, a vite compris que les hommes, et tout particulièrement les hommes mariés, constituaient pour elle sa meilleure chance de promotion sociale. La fille facile, voire l’ancienne prostituée, que décrivent volontiers les bourgeois tunisiens, la "courtisane" issue d’un milieu modeste prête, pour réussir, à quelques arrangements avec la morale dont l'ambition vorace multiplie les rencontres amoureuses qui favorisèrent sa fulgurante ascension sociale. En 1975, à dix-huit ans, elle rencontra un certain Khelil Maaouia, alors patron de l’agence Avis sur la route de l’aéroport. Folle amoureuse, elle se maria, avant de divorcer trois ans plus tard. « Mon mari passe son temps à la chasse,  il ne s’occupe pas de moi. »
C’est l’époque où Leila a été embauchée à l’agence Voyage 2000. Son propriétaire, Omrane Lamouri, possédait également, aux environs de Tunis, l’Hôtel des Colombes. L’agence se trouvait au cœur de la capitale à l’Immeuble central, une galerie marchande à deux pas de l’ambassade de France. Leila découvrit le milieu des hommes d’affaires, voyagea un peu, s’ouvrit au vaste monde. Femme indépendante, elle roulait déjà dans une petite Renault 5. Elle sortait beaucoup et ses amies de l’époque en parlent avec sympathie, disant d’elle qu’elle était toujours disponible pour faire la fête ou aller à la plage. Ce qui lui vaudra, dans la Tunis populaire, le surnom de "Leila Gin", en raison de son gout supposé pour cette boisson alcoolisée. En règle générale, Leila est toujours restée discrète sur ses relations amoureuses.

Les détails d'une jeunesse controversée, jalousement tenus secrets

A ses heures perdues, elle se livre alors quelquefois à des petits trafics douaniers entre Paris et Rome. Une initiative qui lui permet d’arrondir ses fins de mois et de briller devant ses copines aux revenus plus modestes. Hélas, elle se fait prendre un jour la main dans le sac et se voit retirer son passeport. Elle en appelle à une puissante relation, Tahar Mokrani, un des piliers de la création, lors de l’indépendance, du ministère de l’Intérieur. Ce dernier intervient. Serait-ce à cette occasion que Leila aurait été revue par Ben Ali, directeur de la Sûreté de décembre 1977 à avril 1980 ? Selon plusieurs témoignages recueillis, ce serait le cas. De toute façon, cette première rencontre n’aura guère de suite. En janvier 1980, les événements de Gafsa vont être fatals pour le directeur de la Sûreté, accusé de négligence. Le général Ben Ali est relégué en Pologne comme ambassadeur.

Le secret des deux Leila Trabelsi

BellyDancerLe nom de Trabelsi étant très répandu au pays du jasmin, rien d’étonnant à ce que Leila Trabelsi ait une homonyme. Mais la véritable surprise, la voici : les deux Leila gravitent, dans les années 1980, dans des milieux comparables, des salons de coiffure aux antichambres du ministère de l’Intérieur. Leurs parcours sont parallèles, leurs destins croisés. Dont les amalgames et les confusions qui vont polluer encore un peu plus la biographie tenue secrète de l’épouse du général Ben Ali.

La seconde Leila Trabelsi a débuté sa carrière avec plus d’éclat que l’actuelle première dame. Au début des années 1980, cette femme séduisante tenait le salon de coiffure Donna, sur la route de La Soukra. Toutes les dames de la bonne société fréquentaient l’endroit. Est-ce là que Leila bis se fit quelques relations au sein du pouvoir ? Et qu’elle commença à travailler pour le ministère de l’Intérieur ? En tout cas, elle va jouer alors, pour le compte des services secrets, le rôle d’une Mata-Hari. Grace à ses charmes, salon de bonnes sources, elle s’est introduite dans les milieux libyens.

A l’époque, le colonel Kadhafi avait fort mauvaise réputation en Tunisie. Forte de ses pétrodollars et des ardeurs guerrières de son "guide", la Libye faisait peur aux dirigeants tunisiens. Surtout après les événements du 27 janvier 1980, lorsqu’une quarantaine de Tunisiens entrainés en Libye tentèrent de s’emparer de Gafsa, au sud du pays. L’attaque échoua, mais de nombreuses condamnations à mort furent prononcées. D’où la surveillance incessante que le régime de Bourguiba, aidé notamment par les services secrets français, exerça ensuite sur ce voisin menaçant.

Les Libyens avaient, et ont toujours, la fâcheuse tendance à considérer les femmes libérées par Bourguiba comme des femmes faciles. La Tunisie, dans l’imaginaire de certain d’entre eux, serait un lieu de perdition, à la façon du Liban pour les gens du Golfe. L’attrait qu’exerce le pays des tentations n’a pas échappé aux flics de Tunis, qui ont souvent poussé dans les bras des amis de Kadhafi quelques belles espionnes. Certaines mauvaises langues vont jusqu’a prétendre que Leila Trabelsi bis avait, au départ, travaillé pour le compte du régime libyen, avant d’être retournée par les services tunisiens. Hypothèse plausible : elle est née en Libye et elle possède le double passeport. Son nom, Trabelsi, signifie "originaire de Tripoli".

En tout cas, elle avait ses entrées au ministère de l’Intérieur et fit connaissance, dans ces années-la, de tous les grands flics tunisiens, y compris le général Ben Ali. Ces accointances expliquent qu’elle soit devenue, à la fin des années 1980, la maitresse de Mohamed Ali Mahjoubi, surnommé Chedly Hammi par le premier cercle de ses amis. Ce haut fonctionnaire devait devenir le premier directeur de la sûreté du président Ben Ali, puis son secrétaire d’Etat à la Sécurité. Mais Chedly et sa Leila bis dérangeaient. La future présidente, elle, n’était pas encore officiellement mariée elle n’était que la maitresse de Ben Ali. Comment supporter ce double qui lui renvoyait sa condition de femme illégitime ? Et comment accepter ce miroir déformé de son propre passé ? Le président Ben Ali insista alors auprès de Chedly Hammi pour qu’il cessât toute relation avec sa maitresse. Après le refus de ce dernier, l’histoire tourna mal.

En 1990, le secrétaire d’Etat et sa douce sont arrêtés, jetés en prison et condamnés pour "intelligence avec Israël". Le successeur de Chedly Hammi au secrétariat d’Etat à la Sécurité, Ali Ganzaoui, un protégé de la présidente, fait le siège des services français. Il lui faut à tout prix que ces derniers lui fabriquent les preuves de cette coopération avec les Israéliens. Dans les fameux carnets du général Philippe Rondot, conseiller spécial en France des ministres de la Défense successifs, figurent effectivement à cette époque des rendez-vous avec Ganzaoui. « Je ne peux rien faire pour lui, confiait le général Rondot à l’un de ses contacts tunisiens, cette histoire d’espionnage pour les israéliens est totalement inventée. »

Deux ans plus tard, Chedly Hammi sort de prison. Ben Ali le fait venir au palais de Carthage. « Je suis désolé, lui dit-il, on m’avait induit en erreur ». Il n’empêche que la seconde Leila, elle, a disparu dans les sables du désert. Personne, à Tunis, n’a plus de nouvelles d’elle. La triste vie de l’homonyme de Leila y est devenue un sujet tabou.


Climat de terreur à Tunis

La rencontre qui va véritablement bouleverser la vie de Leila Trabelsi est celle de Farid Mokhtar. Cultivé, féru d’art, animant le Club africain de foot de Tunis, le concurrent de L’Esperance sportive de Tunis, cet industriel dirigeait la Société tunisienne des industries laitières (STIL), une grande entreprise d’Etat. Enfin, il était le beau-frère de Mohamed Mzali, alors Premier ministre. Grâce à Farid, Leila fut embauchée comme secrétaire de direction à Batimat. Cette société était une des innombrables filiales de ta Société tunisienne de banque, alors présidée par l’oncle de Farid, Hassan Belkhodja, qui fut un proche de Bourguiba et le premier ambassadeur à Paris de la jeune République tunisienne, avant de devenir ministre puis banquier. On se retrouvait très loin du monde de l’école de coiffure et de l’agence de voyages. En compagnie de Farid Mokhtar, la jeune Leila va découvrir la bonne société de Tunis.

Leur liaison durera trois ou quatre ans, jusqu’à ce que Farid y mette un terme. En 1984, le général Ben Ali rentre de son exil en Pologne. Très épris de Leila, qu’il revoit rapidement, il l’installe dans une confortable villa sur la route de La Soukra. Elle cesse toute activité et vit dans l’ombre de Ben Ali, nommé ministre de l’Intérieur par le Premier ministre Mohamed Mzali. Tous deux nourrissent désormais les mêmes ambitions. « Sois patiente, nous serons bientôt au palais de Carthage », lui dit-il un jour, alors qu’il doit la quitter pour un rendez-vous urgent.

C’est l’époque où les relations se tendent dans l’entourage de Mohamed Mzali entre clans rivaux. Le premier comprend l’épouse de Mzali, son beau-frère Farid Mokhtar et quelques ministres. Le second clan est animé par le proche conseiller de Mzali et ministre de la Fonction publique, Mezri Chekir, originaire de Monastir comme Bourguiba, à ses cotés, le ministre de l’Intérieur, ainsi que les frères Kamel, Raouf et Slaheddine Eltaief, fideles entre tous à Ben Ali. Ces cousins éloignés du président tunisien ne lui ont jamais ménagé leur soutien. Le plus politique, Kamel, aura été du haut de son mètre soixante le principal artisan de la carrière de Ben Ali. C’est lui qui, en 1984, est parvenu à le faire revenir de son exil en Pologne, grâce notamment à ses liens avec Mezri Chekir.

Très vite, Farid Mokhtar se sent menacé par Ben Ali. Et il a raison ! Est-ce en raison de son appartenance à un clan opposé ? De sa liaison passée avec Leila ? Ou des deux ? En tout cas, Ben Ali prépare un dossier de corruption contre lui. Le climat se gâte. En mai 1986, une réunion du Parti Socialiste Destourien a lieu à Ras Djebel, près de Bizerte. Farid décide de s’y rendre. À 3 heures du matin, Mohamed Mzali reçoit un coup de fil à son domicile. À l’autre bout du téléphone, Ben Ali lui-même : « Monsieur le Premier ministre, votre beau-frère a eu un grave accident de voiture, il a été hospitalisé sur la route de Bizerte. » Deux heures plus tard, nouvel appel du ministre de l’Intérieur au Premier ministre : « Farid Mokhtar est décédé. »

Le lendemain, Mohamed Mzali se rend, comme chaque jour, auprès de Bourguiba. « À quelque chose malheur est bon, on s’apprêtait à arrêter votre beau-frère pour lui demander des comptes sur sa gestion de la STIL », explique le chef de l’Etat à son Premier ministre. Dans l’entourage de l’ancien amant de Leila, personne aujourd’hui ne croit à un accident. Ce jour-la, ce n’était pas son chauffeur habituel qui conduisait Farid à Bizerte. Après l’accident, celui-ci a été conduit dans un hôpital spécialisé pour les maladies pulmonaires, totalement inadapté à son état. Enfin, lors de l’enterrement, le général Ben Ali ne prendra pas la peine de présenter ses condoléances à l’épouse de Mohamed Mzali, sœur de Farid Mokhtar.

 

Les sept familles qui pillent la Tunisie

Dans les années qui suivent l’accession au pouvoir de Ben Ali, les proches du pouvoir font des affaires juteuses. Mais personne ne prétend au monopole sur l’ensemble des transactions et des commissions les clans familiaux se taillent de belles parts d’un gâteau qu’ils se divisent entre eux.

Pour les trois frères Eltaief, issus comme Ben Ali d’une famille originaire de Hammam Sousse, le 7 novembre 1987 est un jour Béni. Kamel Eltaief joue dès lors le rôle de "président bis" recevant chaque matin, dans les bureaux de la rue de Beyrouth au cœur de Tunis, les principaux ministres du gouvernement. Dans son sillage, ses deux frères font des affaires. La famille Ben Ali bénéficie également de quelques prébendes. Pas un frère, pas une sœur du nouveau président qui ne reçoivent une petite gâterie. Moncef, le frère préféré, se lance dans le trafic de drogue et laissera, dit-on, 4 millions de dinars de dettes auprès des banques. Kaïs Ben Ali, le fils du frère aîné, s’octroie le monopole des alcools à Sousse et fait main base sur le free-shop de Monastire.

Les trois filles issues du premier mariage de Ben Ali avec Naima Kefi ne sont pas oubliées. L’aînée, Dorsaf, épouse Slim Chiboub. L’avènement de son beau-père au palais de Carthage est pour lui pain bénit : fils d’un simple greffier, "Monsieur gendre" jouit d’un traitement de faveur dans l’attribution des terrains et des marchés. Ainsi bénéficie-t-il de gros marchés pharmaceutiques et de beaux terrains qui lui seront repris plus tard. Slim Chiboub est connu pour ses appétits démesurés. Les patrons de la chaîne de grandes surfaces Auchan vont ainsi reculer devant ses exigences et renoncer à s’installer en Tunisie. En revanche, Slim Chiboub réussira en 2001 à installer un hypermarché Carrefour sur un terrain, sis à La Soukra, que les domaines de l’Etat lui ont rétrocédé à un prix symbolique. De 1989 à 2004, le gendre du président présidera également aux destinées de L’Esperance sportive de Tunis (EST).

La dernière fille, Cyrine, épouse en 1996 Marouane Mabrouk. Lui hérité de la concession de Mercedes Tunis et elle prend la haute main sur le Net en Tunisie. Et Dieu sait si le secteur, totalement fliqué, est sensible ! Un centre du ministère de l’Intérieur à Salambo, dans la banlieue de Tunis, traque le moindre message non autorisé. Les Mabrouk se voient également attribuer le logement de fonction traditionnellement attribué au directeur de la sûreté nationale, une splendide villa du quartier chic du Belvédère. La troisième fille, Ghazoua, mariée à Slim Zarrouk, bénéficiera également de quelques faveurs, notamment à l’occasion de la privatisation de certaines entreprises publiques (comme la Société nationale d’élevage de poulets, acquise à bon compte à la fin des années 1990 par Slim Zarruk, puffs revendue au prix fort)…

Dans un libellé qui circule en 1997-1998 sous le manteau à Tunis, il est question des sept familles qui pillent la Tunisie. Ce document fort bien informé décrit le fonctionnement des clans familiaux autour de Ben Ali qui se partagent entre amis les terrains, les contrats et les usines. L’opposition, au début des années 1990, de cette garde rapprochée du président à l’arrivée de tout nouvel intrus. Kamel Eltaief et Slim Chiboub s’opposent ainsi résolument aux projets d’union de Ben Ali avec Leila.

Hélas pour eux, les noces ont lieu en 1992. Peu après, Kamel Eltaief a voulu braver la nouvelle présidente et faire de la circoncision de son fils un événement mondain car Ben Ali et Leila n’avaient pas encore de progéniture male. Résultat, plusieurs hommes publics qui avaient commis l’erreur d’accepter cette invitation ont été immédiatement limogés : le ministre de la Santé, le directeur du Tourisme, le président de Tunis Air se retrouvèrent au chômage. Le règne de Leila au palais de Carthage débutait. En 1996, les locaux de Kamel Eltaief, dans la zone industrielle de La Soukra, furent incendiés par une vingtaine d’individus masqués. Le pouvoir le soupçonnait d’y entreposer des dossiers compromettants sur les turpitudes de Leila. Officiellement, l’enquête de police n’a pas permis de connaitre l’origine de l’incendie. Depuis, Kamel Eltaief n’a plus jamais été reçu au palais de Carthage. Seuls ses liens anciens avec les Américains le protègent d’un mauvais coup.

 

La main basse des Trabelsi sur la Tunisie

Leila-QueenPendant les quatre années qui ont suivi le mariage en 1992 de Leila avec Ben Ali, le clan Trabelsi s’est fait relativement discret. A partir de 1996, leurs appétits se manifestent de manière plus ostensible et vont progressivement sonner le glas des ambitions des Eltaief, Mabrouk ou Chiboub. Cette année-la, le frère aîné et bien-aimé de Leila, Belhassen, met la main sur la compagnie d’aviation qui va devenir Karthago Airlines. C’est lui qui devient le pivot des affaires financières de la famille.

Le verrouillage commence, car les Trabelsi ne sont pas partageurs… Pas un secteur qui ne leur échappe ; pas une transaction avec un groupe étranger dont ils ne sont parties prenantes ; pas un beau terrain, ou presque, sur lequel ils n’ont des vues. Et personne, dans le clan, n’est oublié ! Après Belhassen, Moncef ! Cet ancien photographe de rue a connu une belle carrière. Dans le passé, la Société tunisienne de banque lui a consenti un crédit pour devenir agriculteur. Son premier fils, Houssem, a crée une association, la Jeunesse musicale de Carthage, qui a la réputation de ne pas honorer ses contrats. Le deuxième, Moez, et le troisième, Imed (le neveu préféré de Leila), ont eu a partir de 2008 de serieux ennuis avec la justice française dans la fameuse affaire des yachts volés. A Tunis, Imed fait la loi. D’un coup de fil, il peut faire embastiller un adversaire ou au contraire libérer un trafiquant. Personne ne se risquerait à s’opposer frontalement à ce protégé du palais.

Une des sœurs, Djalila, est devenue la reine des buvettes, qu’il s’agisse de celle de l’école HEC à Carthage ou de celle de l’Ecole nationale d’architecture. Son époux, El Hadj, qui possédait un kiosque à essence, est devenu entrepreneur dans l’immobilier. Un de ses immeubles est loué au ministère des Transports, qui a été contraint de lui signer un bail avantageux.

Beaucoup de ces coups tordus se font sans l’aval du président. En 2002 encore, Ben Ali tentait de maintenir un semblant d’ordre. Ainsi, cette année-la, réunissait-il les principaux membres de la famille Trabelsi : « Si vous voulez de l’argent, soyez au moins discrets. Trouvez des hommes de paille et des sociétés écrans. » En d’autres termes, professionnalisez-vous !

Un conseil qui ne semble guère avoir été suivi, comme on le verra dans les chapitres suivants. Arbitre impuissant, le président tente parfois de taper du poing sur la table. Ainsi, en 2006, des industriels se plaignent des produits de contrefaçon importés de Chine avec la bénédiction des Trabelsi. Lors d’un conseil des ministres, le président interpelle le ministre du Commerce et de l’Artisanat, Mondher Znaidi : « Alors, Monsieur le ministre, j’entends dire que des containers de contrebande arrivent de Chine ? C’est-à-dire, lui répond l’autre, je ne suis pas au courant, les douanes dépendent du ministère des Finances. » Pas question de prendre le moindre risque de contrarier Madame la présidente…

Le parcours de Foued Cheman, fils d’un grand industriel du textile et multimillionnaire, est exemplaire de ce gâchis. Voici une des grandes figures du monde patronal obligée, en 2004, de prendre le chemin de l’exil forcé vers les Etats-Unis, avec son épouse et ses deux enfants.

Dès l’arrivée de Ben Ali, Slim Chiboub, un des gendres, convoite le secteur de la friperie que les Cheman dominaient jusque-là. Tout va être fait pour décourager l’héritier de cette vielle famille : corruption d’un de ses associés, convocations répétées, gardes à vue, parodies de procès. Foued Cheman se retire dans la somptueuse villa qu’il s’est fait construire sur la corniche de Sidi Bou Said. Après l’assaut des Chiboub, les attaques des Trabelsi. Très vite, Leila a des vues sur la belle demeure des Cheman, où elle installerait volontiers sa fille Nesrine. Des envoyés du palais viennent lui demander de vendre son bien à une "amie de la présidente". Pas question, répond l’industriel. Mal lui en prend. Le fisc le condamne à payer une amende record de 2 millions d’euros. Foued Cheman décide alors de s’exiler aux Etats-Unis, non sans avoir loué sa maison à l’ambassadeur d’Irak, avec la bénédiction de l’ambassade américaine.

Sa capacité de nuisance est réelle ; il est le gendre de Mustapha Zaanouni, ancien ambassadeur et ancien ministre, toujours conseiller auprès de l’ONU. Depuis Washington, il menace de lancer des campagnes contre le régime, si ses ennuis ne cessent pas. Résultat : les poursuites vont cesser contre lui et les amender fiscales se perdre dans les sables.

Certain notables tunisiens, qui voient rétrécir de jour en jour leurs marges de manœuvre, sont en tout cas en train de passer de l’exaspération à la résistance. Ce qui fait dire à un diplomate français, qui a vécu longtemps en Tunisie et connait parfaitement le sérail local : « Dans la succession de Ben Ali qui s’annonce, la bourgeoisie de Tunis ne veut pas d’une solution familiale. » Et donc pas d’une régente nommée Leila…

 

 

Ben Ali l'a eu dans le Baba

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L’ambassadeur démissionnaire de la Tunisie à l’Unesco, Mezri Haddad, a accusé dans un communiqué du 16 janvier, le président tunisien déchu Zine El Abidine Ben Ali d’avoir "prémédité l’anarchie avant son départ" du pouvoir vendredi et de "téléguider les opérations".

« J’accuse Ben Ali d’avoir prémédité le désordre et l’anarchie avant son départ. Je l’accuse d’avoir choisi la politique de la terre brûlée en établissant une stratégie en trois phases », dit M. Haddad qui avait présenté vendredi après-midi sa démission quelques heures avant la fuite du président tunisien.

« Il a donné des armes et beaucoup d’argent à sa garde rapprochée et à ses fidèles afin qu’ils provoquent la guerre civile dès son départ de Tunisie. Il leur a donné l’ordre de déclencher les opérations bien avant de prendre la décision de fuir. Il a sollicité l’aide de la Libye pour qu’elle intervienne », affirme le diplomate présenté ces derniers jours comme un des derniers défenseurs de Ben Ali dans les médias français.

« Ce plan criminel et machiavélique n’avait qu’un seul objectif: reprendre le pouvoir », poursuit-il accusant Ben Ali de « téléguider, par téléphone, les opérations jusqu’à ce jour et de faire passer ses crimes actuels pour des crimes commis par les islamistes et l’opposition de gauche ».

Plusieurs témoignages sur place ont attribué les pillages et exactions de ces derniers jours, notamment à Tunis et sa banlieue, à des membres de l’appareil sécuritaire liés à Ben Ali et cherchant à créer le chaos pour favoriser son retour.

 

Le président Ben Ali parti, ses proches ont essayé de créer les conditions d’un retour de "Bac moins 3". Raté. Et la France continue de se ridiculiser.

La présidence tunisienne a la bougeotte. Trusté 23 ans durant par Zine Ben Ali, alias "Bac moins 3", le trône change chaque jour d’occupant. Une sorte de bougeotte irrépressible qui s’est emparée du pays du Jasmin, contrit pendant deux décennies par un régime aussi policier que peu policé.

Une fois la smala Ben Ali envolé, qui vers la France (notamment Leila "régente de Carthage" Trabelsi, sa seconde femme), qui vers l’Arabie Saoudite (Ben Ali lui-même), un saute-mouton s’est instauré pour éviter une vacance du pouvoir. C’est d’abord le Premier ministre, Mohammed Ghannouchi, qui s’est investi président par intérim à la télévision le vendredi 14 janvier. Avant que le conseil constitutionnel (et la rue) ne le boute hors du costume pour introniser le président du Parlement, Foued Mebazaa.

Entre les deux larrons, selon nos informations, un troisième homme a cherché à sortir la tête. Le patron de la sécurité de Ben Ali, le doucereux général Ali Seriati a en effet tenté, avec quelques sbires, de prendre le pouvoir. Pour garder la place au chaud en cas de retour du boss ? Ou l’homme a-t-il cru en son destin ?

Peut-être ses geôliers en savent-ils plus. Sériati a en effet été arrêté samedi matin avec une partie de ses hommes par l’armée, décidément bravache. Après avoir refusé de soutenir la répression de Ben Ali, voilà qu’elle empêche un coup d’Etat. Selon Al-Jazeera, les loustics de Sériati se sont livrés à divers braquages et violences. Histoire de montrer à la population insoumise que sans Ben Ali, le pays était livrée à la furie. Bref, créer les conditions du retour du dictateur.

Raté. Et le clan continue de tomber. Belhacem Trabelsi a été arrêté quand il a tenté de fuir en yacht, vers l’Italie de son ami Berlusconi. Mais en trois jours, la Tunisie aura connu plus de présidents que dans toute son histoire… et vu la France se vautrer dans le ridicule ! Le pays des droits de l’homme s’est gargarisé d’avoir mis en place des procédures pour geler les avoirs des familles Ben Ali-Trabelsi sur son sol, quelques jours après avoir proposé une assistance policière au régime. Un retournement de veste bien inutile.

L’immense majorité des avoirs des Trabelsi sont logés dans des banques en Argentine et à Dubaï. Loin de l’Hexagone et de ses risibles déclarations…


Selon les suppositions des services secrets français, information rapportée par Le Monde, avant de s’enfuir de son pays direction Dubaï avec son dernier fils adopté Mohamed, 7 ans, Leila se serait rendue à la Banque de Tunisie, malgré les réserves de son époux, pour emporter 1,5 tonne d’or, ce qui représente la coquette somme de 45 millions d’euros. De quoi distribuer à chaque Tunisien nécessiteux, un petit pactole.  Avec une fortune estimée à plusieurs milliards d’euros, elle a finalement rejoint son époux à Djeddah en Arabie Saoudite, ainsi que ses filles, Nesrine et Halima. Ces dernières, arrivées à Paris en jet privé le 14 janvier dernier, avaient d’abord séjournée au domicile de l’ambassadeur tunisien à Paris, avant de battre en retraite dans un hôtel cinq étoiles à Disneyland Paris, dans de somptueuses suites royales, accompagnées d’une garde rapprochée d’environ 50 personnes, après que des immigrés Tunisiens tentèrent de faire le siège de la résidence.

 

Une blague circulait à Tunis avant la chute du régime : un jour, le président Ben Ali roulait au volant de sa voiture, dans les rues de la capitale, seul et sans garde du corps. A un feu rouge, un policier l'arrête. Ben Ali explique qu'il s'appelle Zine El-Abidine Ben Ali et qu'il est le président de la République. "Jamais entendu parler de vous ", lui rétorque l'homme en uniforme, avant de le conduire au poste de police. Le chef du poste est là. Il examine les papiers de Ben Ali et les lui remet aussitôt en disant : "C'est OK pour lui. C'est un parent des Trabelsi."

 

 

La police fidèle à Ben Ali a disséminé 800 voitures piégées dans le pays

Slim Chiboub arrêté hier à Tunis a dévoilé les plans diaboliques du couple présidentiel Ben Ali-Trabelsi et selon le site lepoint.fr ces révélations seraient prises très au sérieux par l'armée tunisienne.

Selon Slim Chiboub il y aurait 800 véhicules bourrés d'explosifs qui seraient disséminés à travers tout le pays par la police tunisienne sous l'ordre express de Leïla Ben Ali-Trabelsi.

Mais qui est Slim Chiboub ? C'est l'époux de la deuxième fille de Ben Ali, issue de son premier mariage avec Naïma Kéfichu. Il a longtemps fait figure de favori auprès de l'ex-président tunisien, avant la montée en puissance du clan Trabelsi. Leïla Trabelsi lui avait préféré Sakher el-Materi,  qui est marié à une fille du couple Ben Ali-Trabelsi.

C'est grâce à sa mésentente publique avec l'ex-première dame de Tunisie et à sa dernière coopération avec l'armée qu'il a été libéré et exfiltré à destination de Dubaï. Ces deux points ont largement plaidé en sa faveur.

De nombreux observateurs disent que Leïla Ali Ben-Trabelsi surnommée la Imelda Marcos du monde arabe, du nom de l'ex-première dame des Philippines, est en partie à l'origine de la révolution du jasmin en Tunisie.

Haïe par le peuple tunisien, cette femme avide, a organisé une véritable mafia avec ses proches. Elle possède  la quasi-totalité des grandes enseignes tunisiennes, avec des prêtes noms  et ses proches, et cela grâce à la collaboration de grandes multinationales françaises.

Le site rue89.com nous révèle la position de l'armée face à cette famille mafieuse. Elle aurait été indulgente vis à vis de l'ex-président Ben Ali, parfaitement au courant de ses projets de fuite, elle n'a pas cherché à s'y s'opposer. Son avion, identifié sous le nom d' "Oscar Oscar", a quitté le tarmac de l'aéroport de Tunis Carthage à 17h30. Et cela trente minutes après que l'armée a décrété la fermeture de l'espace aérien national.

La plupart des proches de l'ex-président ont réussi a fuir le pays. Il n'en est pas de même pour le clan Trabelsi.

Toujours d'après Rue 89, nous apprenons que Belhassen Trabelsi, "parrain" du clan éponyme et frère aîné de l'ex-première dame, n'a pu fuir à Lyon avec six membres de sa famille, comme il l'avait prévu, à cause de l'acte courageux d'un commandant de bord, Mohamed Ben Kilani, qui a refusé d'obtempérer à son ordre de décollage. Les militaires l'ont cueilli à l'aéroport et placé aux arrêts dans la caserne d'El Aouina.

Son neveu Imed Trabelsi a eu encore moins de chance que lui, il est mort poignardé aux urgences de l'hôpital militaire de Tunis. Par ailleurs, sa veuve et son père ont été également arrêté à Tunis à la cité Ennasra.

Quant au neveu de l'ex-président, Kaïs Ben Ali, il a été arrêté par l'armée à Msaken, alors qu'a bord d'une voiture de police il tirait dans tous les sens, pour affoler et déstabiliser la population tunisienne.

Sur le site europe1.fr nous pouvons lire que avant d'arriver au pouvoir l'ex-président Ben Ali, ne possédait rien, aujourd'hui sa fortune est estimée à 5 milliards d'euros. Il possède des banques privées en Tunisie, plusieurs compagnies aériennes, comme Carthago Airlines ou Nouvel Air, des hôtels 5 étoiles en Tunisie, des hôtels particuliers en Argentine ou au Brésil... et même en France, il serait propriétaire d'un immeuble en plein coeur de Paris estimé à 37 millions d'euros.

Sentant venir la crise, la famille Ben Ali a liquidé tous ses comptes en Tunisie, selon un journaliste tunisien interrogé par Europe 1. Le journal  Le Monde écrit que Leïla Ben Ali-Trabelsi, aurait emporté dans sa fuite plus d'une tonne et demie de lingots d'or. L'équivalent de 45 millions d'euros, précise le quotidien.

Selon un journaliste tunisien, l'information concernant l'ex-première dame tunisienne, la plus horrible c'est qu'elle aurait anticipé la fin de règne de son mari à cause de sa maladie, en transférant il y a quelques mois presque toute sa fortune à Mohammed, leur fils de 6 ans.

 

 

" Le nouveau gouvernement est une mascarade... c'est une insulte à la révolution, qui a eu son lot de morts et de sang versé"http://www.letemps.ch/rw/Le_Temps/Quotidien/04_Web/Services/chappatte/L110118c.jpg

 

Des Tunisiens ont lancé des appels à manifester, mardi, sur l'Internet contre la formation la veille d'un "gouvernement d'union nationale" ouvert à l'opposition et à la société civile, mais où l'équipe sortante du président déchu Ben Ali a conservé les postes régaliens. "Le dictateur est tombé, la dictature pas encore ! Il faut que les Tunisiens achèvent la mission", écrit un Tunisien sur le réseau social Facebook.

Des messages appelaient à manifester dans la matinée à Tunis mais aussi en province, à Sousse, dans la région de l'ex-dictateur, et à Sfax, deuxième ville du pays (centre-est). "Attention au détournement de la révolution", mettait en garde un internaute tunisien.

 

La police a eu recours aux gaz lacrymogènes pour disperser une manifestation à Tunis mardi matin contre le nouveau gouvernement tunisien, dont le Premier ministre, Mohamed Ghannouchi, a dévoilé lundi la composition.

La manifestation, qui regroupait des centaines de militants de l'opposition et de syndicalistes, s'est déroulée dans le calme jusqu'à ce que la police intervienne pour la disperser.

"Le nouveau gouvernement est une mascarade. C'est une insulte à la révolution, qui a eu son lot de morts et de sang versé", a déclaré un étudiant.

Les manifestants disaient juger inacceptable que des membres du RCD (Rassemblement constitutionnel démocratique, parti du président déchu Zine ben Ali) siègent encore au gouvernement. Certains portaient des banderoles frappées des mots: "A bas le RCD!"

Trois personnalités de l'opposition font partie du gouvernement d'union annoncé par Mohamed Ghannouchi, mais les portefeuilles clés que sont l'Intérieur, la Défense, les Finances et les Affaires étrangères restent entre les mains d'hommes déjà en place sous Ben Ali.

Lundi matin, déjà, des manifestants avaient défilé dans le centre de Tunis, trois jours après le départ précipité en exil de Ben Ali, aux cris de "A bas la dictature !" et "Dehors le RCD! ".

 

Trois nouveaux membres du gouvernement, issus du syndicat UGTT, ont démissionné aujourd'hui (mardi 18 janvier).

La rue tunisienne vient de remporter une nouvelle bataille. Au lendemain de la formation du gouvernement tunisien de transition, trois ministres appartenant à la centrale syndicale tunisienne UGTT ont démissionné du gouvernement, à la demande de leur organisation, a annoncé Houssine Dimassi, lui-même nommé lundi ministre de la Formation et de l'emploi.

Les deux autres ministres démissionnaires sont Abdeljelil Bédoui, ministre auprès du Premier ministre, et Anouar Ben Gueddour, secrétaire d'Etat auprès du ministre du Transport et de l'équipement. Cette annonce intervient après une réunion extraordinaire de la centrale syndicale à Tunis et la décision "de ne pas reconnaître le nouveau gouvernement".

A l'instar de l'Union générale des travailleurs tunisiens, de nombreuses voix s'élèvent en Tunisie pour protester contre la présence d'ancien membres du gouvernement du président déchu Ben Ali dans la nouvelle équipe de transition formée lundi.


Le népotisme n’est pas le propre du Maghreb ! En France aussi on y a droit !

http://medias.lepost.fr/ill/2010/01/07/v-8-1073909-1262875875.jpgBen Ali est pourtant conseillé par les plus grands "communicants" français : Anne Méaux, grande prêtresse du lobbying, qui a emmené des charters de journalistes gouter les charmes de la vie tunisienne depuis dix ans ; et plus récemment, jusqu’à cette semaine, l’immense Jacques Séguéla.

Le 7 octobre 2010, Séguéla, grand communicant devant l’éternel et conseiller du régime tunisien, déclarait : "La Tunisie demeure un pays mal aimé et mal connu parce qu’il est mal communiqué". Depuis, comme on l’a vu encore dans son intervention télévisée du 10 janvier, où il proposait de renouer le dialogue avec le peuple tunisien après avoir provoqué des dizaines de morts, le Président Ben Ali ne cesse de progresser en termes de communication. Et il doit ces progrès foudroyants à Séguéla, chargé de la communication du Palais de Carthage, où il se trouvait encore voici deux jours.


La démission de MAM s’impose.

Une autre véritable amie du régime tunisien est sans contestation possible notre chère ministre des Affaires Etrangères, Michèle Alliot-Marie. Droite dans sa jupe, MAM a su très diplomatiquement proposer au président Ben Ali de lui envoyer des super flics français pour aider les forces spéciales tunisiennes. A tirer dans la foule ?

Il est vrai que MAM connaît bien le pays où, comme ses collègues Hortefeux, Besson et Mitterrand, elle passe de belles vacances, chaque été, dans les luxueuses installations touristiques avec sa famille, comme l’a révélé le Canard Enchainé. Cette année, ce fut le Phenicia à Hammamet. L’histoire ne dit pas qui a payé la note.

Il n’est pas possible dans un pays qui se réclame à la fois de l’immense Kouchner (qui est notre Gandhi) au pays des « droits de l’homme » où prêche aussi l’anachorète saint BHL - qui traque l’entorse démocratique sur toute la planète, surtout là où vivent des musulmans- de garder à la tête de la diplomatie une femme qui, au palais Bourbon a proposé d’envoyer des CRS pour renforcer les flics tueurs de Ben Ali. On ne peut fustiger la junte birmane et avoir au gouvernement une dame qui a une matraque dans le cerveau.

Les spécialistes l’avait prévu. MAM aux Affaires étrangères, c’était la bavure assurée, une option avec son poste de ministre comme le triangle vendu avec l’auto, celui qu’on place en cas de panne sur l’autoroute. Non seulement cette diplômée est stupide mais, paradoxe pour une "gaulliste", elle aime à s’en prendre aux arabes.

Régnant naguère au ministère de la Justice, ce qui était déjà extravagant, après avoir lancé la grotesque chasse à Coupat et son ultragauche, elle a aussi donné consigne à tous les procureurs de bien saquer tous les quidams appelant au boycott des produits israéliens, par exemple ceux exportés des colonies illégales. De la part de cette poulette basquaise, c’était indiquer l’intérêt qu’elle porte aux Palestiniens. Il est vrai, comme le peuple tunisien, un peu trop bougnoule lui aussi. On ignore quel frisson cette péronnelle provoque dans le cerveau de Sarkozy mais en faire le garde des Sceaux, après qu’elle a été ministre de la Guerre, ça doit être comme un électrochoc en couleurs, un effet d’héroïne…


Pas d'emballement non plus côté socialiste

Silence de mort au PS sur la répression en Tunisie, comme le raconte l’hebdo de Bakchich en kiosque cette semaine. A la réunion de groupe des députés socialistes, un seul son de cloche s’est fait entendre, et "pas bien net", glousse-t-on, celui du député Jean Paul Bacquet.

Chez les ténors, Delanoé et DSK sont des amis de Ben Ali depuis toujours. D’ailleurs le parti présidentiel, le RCD, figure dans les rangs de l’internationale socialiste. Sur son blog, Jean-Christophe Cambadélis, secrétaire national aux Relations Internationales, noie le poisson dans un billet intitulé : "Ça craque au Maghreb".

Arguant que les seules "conséquences de la crise financière créent un désarroi, une colère rampante qui explose ici ou là". Et qu’il est après tout "difficile d’y voir une manipulation". On avait connu Cambadélis plus décisif dans ses analyses.

 

Notre pays est-il épargné par la corruption ?

Que dire aussi des étranges similitudes avec ses "amis tunisiens" où les conflits d'intérêts entourent Nicolas Sarközy qui pille sans vergogne le service public au bénéfice de son propre clan (famille et amis personnels) voir le sujet Les mousquetaires du capitalisme , les nombreuses affaires de financements occultes et l'impressionnante liste de casseroles qu'il traîne derrière lui avec notamment les récentes affaires Servier (Médiator), Bettencourt, Bongo, Karachi, GDF, Tapie, Clearstream, Wildenstein, hippodrome de Compiègne, Loi Nome, Pérol, Epad, loi sur la déchéance de la nationalité française et son extension, la rémunération illégale de septembre au 31 décembre 2007, la circulaire Hortefeux, l’affaire des sondages, les classements du parquet, l’affaire de l’espionnage des journalistes par le contrespionnage, l’affaire de la validation des comptes de campagne de Balladur et de Chirac et beaucoup d'autres à venir...
 Finalement, on se dit qu'en France on n'est pas mieux lôtis que nos frères tunisiens !

 

Sources : "La Régente de Carthage, main basse sur la Tunisie" par Nicolas Beau (directeur de la rédaction de Bakchich.info) et Catherine Graciet (journaliste et responsable de la rubrique international du site web www.bakchich.info), centpapiers.com, nawaart.org, TuniLeaks, europe1.fr, europemaghreb.fr, bakchich.info, LePoint.fr, illustrations du Papy Mouzeot.

 

http://nawaat.org/portail/wp-content/uploads/2009/10/9782707152626r1.jpg

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Published by Papy Mouzeot - dans Actualités
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habib 18/11/2011 17:31


Certain faits décrits ci-dessus sont faux, en effet Belhassen Trabelsi n'a pas été arrêté il est au canada, imed trabelsi n'est pas mort, il a été arrêté et il est actullement en prison, Seriati
a été arrêté le vendredi 14 janvier et non pas le samedi, slim Chiboub n'a pas été arrêté, il est en fuite au emirats arabes unis donc l'histoire des 800 voitures piègées est totalement fausse,
et puis rien n'a été dis sur Sakher EL MATRI gendre de ZABA et grand escrot des affaires en Tunisie.

Papy Mouzeot 19/11/2011 19:31



Bonsoir Habib,


 


Effectivement il est plus aisé pour un tunisien de parler de ce qui s'est déroulé dans son propre pays. Néanmoins cela n'empêche pas non plus la désinformation ou les interprétations. A ma
connaissance aucun article a démenti l'arrestation ni les révélations de Slim Chiboub. Dans le cas contraire je vous serais gré de me communiquer ces informations qui seront publiées ici même et
dans l'intérêt des tunisiens.


Il est malheureusement triste de constater que la liberté d'expression soit toujours aussi compliquée en Tunisie contrairement à la France mais pour combien de temps encore pour les français ?


Pour Sakher El Materi, je ne me suis pas intéressé à ce jeune coq arrogant, par manque d'information et j'étais loin d'imaginer qu'il referait surface sur le devant de la scène, notamment avec la
diffusion récente des photos lorsque sa demeurée d'épouse à mis bas !


C'est une insulte supplémentaire envers le peuple tunisien et il regrettera son geste tôt ou tard...


 


Amicalement,
Le Papy Mouzeot



Caravage 08/02/2011 17:58



Non, je ne fais pas de militantisme. J'aime trop la liberté pour ça, je ne veux rien imposer à personne.


C'est un utopie, je sais, mais j'ai toujours l'espoir que les gens soient responsables. Je relève leurs contradictions, à eux de décider ce qu'ils font de leur vie.


Sans vraiment boycoter, j'évite d'acheter des produits de marque. Je me fous de la mode, je n'ai pas de voiture. Je fuis les produits avec "grtatuit", "offert". C'est pas possible gratuit. Il y a
forcément quelqu'un qui paye.


Par contre, je suis pour acheter les produits provenant des pays tels que la Chine, le Viet Nam etc... Ce sont des pays pauvres, et acheter leur production les sortira de leur boue (ça commence
en Chine). Je suis pour les délocalisations qui donnent du travail aux pauvres.


Mais quand tous les pays seront à notre niveau, qu'adviendra-t-il? Les vêtements, par exemple, coûteront 5 fois plus cher. Accepterons nous de payer? Des hauts salaires, un bon code du travail,
c'est bien, mais il faut accepter d'en payer le prix.


J'ai bien peur qu'il aies raison Platon (je crois que c'est lui) quand il disait que toute société évoluée avait besoin d'esclaves. Ils ne sont plus à la maison, remplacés par
l'électroménager, notre peuple esclave est en Asie. Il commence à relever la tête, qui seront les prochains? Les Arabes quand il n'y aura plus de pétrole? Ou serons nous les eclaves des
chinois?


La roue tourne, et pas en notre faveur. Surtout avec la culture du tout gratuit de nos jeunes. Avec cette soif d'argent que l'on voit partout, alors que pour vivre heureux, il suffit d'organiser
sa vie de façon à dépenser moins que ce que l'on gagne.


 



Caravage 08/02/2011 09:11



Supprimer la monnaie est impossible. Les marchandises doivent circuler, tout n'étant pas partout. Il faut donc un référent. L'Egypte antique n'avait pas de monnaie, mais il y avait un équivalent
cuivre. Ça revient au même.


Désacraliser le dollar, c'est à chacun de nous de le faire. On n'est pas obligé de consacrer sa vie au Dieu Argent. La société de consommation n'est pas une obligation, c'est une excuse. On est
obligé de se faire plaisir lol. On n'est pas obligé d'avoir 50 paires de chaussures, une voiture plus belle que celle du voisin, de boire de l'alcool pour faire la fête etc...



Papy Mouzeot 08/02/2011 16:02



Là je dis BRAVO ! Et il n'y a aucun cynisme de ma part là-dedans, bien au contraire


Effectivement ne pas subir cette société de consommation commence par changer nos mœurs, rééduquer notre façon de vivre pour se libérer des chaînes que nous nous mettons nous-même afin d'entraver
encore plus notre liberté. Un retour à une vie plus saine serait une des plus belles victoires de l'humanité sur la dictature et l'impérialisme.


Je me réjouis d'avoir tes visites éclairées mon cher Caravage. As-tu déjà songé à une manière encore plus revendicative telle que le boycott de certains produits de consommation, régressionime
écologiste ou autre ?


J'aimerais bien échanger quelques propos avec toi sur ce plan...


 


Amitiés fraternelles,


Le Papy



Caravage 07/02/2011 19:46



Difficile. Quel que soit le système, il y en aura toujours un qui sera chargé de gérer l'argent de la collectivité. Cette place sera convoitée par les requins, et c'est le plus requin des requins
qui l'aura.


Regardez le communisme. Un système impeccable: l'Etat est propriétaire de tout et il distribue à chacun en fonction de ses besoins. Système idéal, mais c'est compter sans le facteur (je ne
parle pas de Besancenot lol) humain. Qu'est-ce qui se passe dans tous les régimes communistes? Les beau-frères des ministres ont beaucoup plus de besoins que les autres!


Nous somes arrivés à un tel niveau d'individualisme, d'égoïsme dans notre pays où ne pas être servi en premier est considéré comme une injustice, que je crois qu'il n'y a pas beaucoup
d'espoirs.


Il y a dans le monde des peuples qui se battent pour leur liberté, des peuples qui meurent de faim, des peuples esclaves qui fabriquent nos vêtements, notre électronique, qui mettent leurs
enfants au service de notre plaisirs, et c'est quoi notre problème en France? Alliot Marie a pris un avion!


La France n'a pas fini de faire rigoler le monde. Et ce n'est pas nouveau. Déja Schopenhauer disait au 19ème siècle: "Si le sautres parties du monde ont des singes, l'Europe a des Français".


La France, pays de la liberté et des droits de l'homme. Allez dire ça à un Tunisien, un Algérien ou un marocain qui a connu le "protectorat" français.


(je précise que je suis Français d'origine et depuis de nombreuses générations).



Papy Mouzeot 07/02/2011 21:23



Excellent commentaire Caravage et je partage entièrement ton dégoût de cette société corrompue par le fric.


Quel que soit le système, il y en aura toujours un qui sera chargé de gérer l'argent de la collectivité.


A mon avis les choses ne vont pas en rester là et vont aller en empirant. Un scénario digne de 1984 est en train de se mettre en place discrétement où la notion d'argent telle que nous le
connaissons n'aura bientôt plus d'existence. Avant d'en arriver à cette ultime échéance il serait temps que nous prenions les choses en mains. Supprimer l'argent ? Quelques philosophes s'y sont
risqués sans succès. La piste de la déssacralisation du Dieu Dollar semble une piste plus intéressante... Ton commentaire nous dévoile effectivement une théorie "idéale" mais jamais appliquée à
la lettre ni respectée à ce jour, les hommes n'en étant peut-être pas encore dignes. C'est remettre en question beaucoup de fondamentaux de notre société et c'est justement tout l'intérêt d'une
véritable révolution sociale. Utopie ?


Peut-être... Mais à choisir, je préfère continuer à me battre pour mes utopies que d'accepter le chaos. 


 


Amitiés fraternelles,


Le Papy



Caravage 07/02/2011 12:10



Le petit peuple aime bien critiquer les riches, les patrons, mais cette Leila Trabelsi prouve, une fois de plus, que quand il en a la possibilité, il fait pire. Il n'y a pas pire tyran
qu'un quidam à qui l'on donne le pouvoir.



Papy Mouzeot 07/02/2011 19:21



Bonsoir Caravage et merci pour ton intervention...


Il faudrait peut-être réfléchir justement à abolir ce que tu entends par le pouvoir et commencer à envisager un partage des responsabiités avec le peuple, qui démontre qu'il est immensément grand
lorsqu'il se fout en rogne.


 


Amitiés,


Le Papy



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