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  • : Le blog satirique du Papy Mouzeot
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Erick Bernard

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27 avril 2012 5 27 /04 /avril /2012 08:36

GandhiLe Mahātmā
Mohandas Karamchand Gandhi

 

 

« Soyez le changement que vous voulez voir dans le monde » 

Mahātmā Gandhi

 

 

Ces quelques paroles de Gandhi que j'ai prononcé avant-hier ont provoqué l'étonnement de mon petit-fillot...

« Hollande ! qu'il me lança aussitôt.

– Quoi ça Hollande ?

– C'est Hollande qui a dit ça Papy...

– Héhéhé (rire narquois) ! Pas vraiment, c'est quelqu'un de bien plus important. Il s'agit d'un petit homme qui fût avocat...

– Non, pas Sarközy ! C'est pas possible, pas lui ? dit-il en m'interrompant.

– Comme tu dis, c'est pas possible. Non, il ne s'agit pas d'un politicien français mais de l'un des plus grands guides spirituels hindou du nom de Mohandas Karamchand Gandhi.

– Gandhi ? Connais pas.

– J'me demande bien ce qu'on vous enseigne à l'école aujourd'hui ! Bon, tu connais Bob Marley au moins ?

– Ah ouais, le rasta, bien sûr !

– Bien, bien... Ben c'est le même sans les dreadlocks, tu l'éclaircis un peu, tu lui rajoutes une paire de binocles façon sécu et surtout tu n'oublies pas de l'affûbler d'un dhotî.

– Un dhotî ? C'est quoi ça ?

– C'est comme le sârî mais pour les hommes. C'est mieux comme ça ?

– Ah ouais, c'est genre Bollywood !

– Qu'est-ce les chewing-gum viennent foutre là dedans ?

– Arrrf le vieux ! MAIS NON, JE TE DIS PAS HOLLYWOOD... C'EST BO-LY-WOOD ! PAS AVEC UN O, AVEC UN B !

– Hé oh garçon, c'est pas la peine de hurler, ch'uis pas encore complétement sourdingue ! Tu veux connaître la suite ou pas ?

– J'ai le choix ?

– Pas vraiment, sinon mon article il tombe à l'eau !

– Hé j'te charrie Papy, vas-y ça tombe bien, j'ai 4 ou 5 heures à tuer...

– Bien, je vais te raconter la vie de celui que le peuple hindou surnommait "Bapu" (Père) et aussi "Mahatma" qui signifie "Grande Âme". Gandhi a été reconnu comme le Père de la Nation en Inde.

– Pas comme l'autre qu'on a ici ?

– Pas vraiment non... Gandhi a été et continue d'être une icône de la sagesse pour des générations d’Occidentaux. Il aura placé toute son action politique sous le signe de la non-violence, le Mahatma a montré que la loi du plus faible pouvait devenir celle du plus fort. Sans armes, sans violence et sans haine. Ça t'en bouche un coin, hein mon p'tit gars ?

– Et comment il s'y est pris ?

– Je vas te raconter ça mais d'abord roule-moi une de tes cigarettes qui font tousser, je les aime bien celles-là...

 Quand Mohandas Karamchand Gandhi est né le 2 octobre 1869 à Porbandar dans le Gujarat, un état à l'ouest de l'Inde, il était tout "petit petit". Il était originaire d’une famille importante, ses grands pères ayant été premier ministre d’une petite principauté, son père, Karamchand Gandhi, fût membre du tribunal du Rajasthan et même premier ministre de l’état princier de Rajkot. Sa mère, Poutlibai, était la quatrième et dernière épouse de son père, une femme très pieuse. Gandhi était le cadet de 4 enfants issus de cette union. Il appartenait donc à une famille politiquement influente issue de la caste des marchands (le nom Gandhi signifiant d’ailleurs épicier) et plus précisément de la caste des Vayshia, relativement aisée.

http://img15.hostingpics.net/pics/319976gandhi7ans.jpgTu vois sur cette photo Gandhi à 7 ans. Il a passé toute son enfance en Inde. Tout d’abord à l’école primaire de Porbandar où il était considéré comme un élève plutôt médiocre puis par la suite au collège de Rajkot, où là, ses professeurs le définissent comme un élève studieux quoique timide et sensible. Pour autant, conformément aux coutumes de sa caste, c’est à l’âge de 13 ans, en mai 1883 que Gandhi, sous l’ordre de ses parents, se marie à la jeune Kasturba Maskhanji, elle aussi âgée de 13 ans. Elle lui donnera par la suite quatre enfants entre 1888 et 1900.

– Marié à 13 ans ! La vache, ça craint !

– Héhé ! Tu sais, dans certains pays ce ne sont pas aux enfants de décider, ce sont de vieilles coutumes ancestrales qui régissent tout ça.

 

http://img15.hostingpics.net/pics/975044GandhiandSheikhMehtab1883.jpg

 

Là à gauche c'est Gandhi, à 13 ans, avec son camarade de classe Sheikh Mehtab qui l’initiera à l’Islam. Puis en 1886, Karamchând, le père de  Mohandas Karamchand Gandhi, décède. C'est une catastrophe financière pour la famille, tous les espoirs familiaux se portent sur Mohandas et son frère aîné, Lakshmidâs, qui vient de partir étudier le droit à Bombay.

En 1887, il réussit, sans brio particulier, l’examen de sortie du collège de Râjkot. Ses oncles décident donc du destin de Mohandas, il sera avocat. C’est le métier le plus lucratif parmi ceux qui s’offrent à sa caste et le seul, qui donne une chance de devenir un jour diwân comme son père, son oncle et son grand-père. L’année suivante, il est envoyé au Samaldus College de Bhavnajar, à 150 kilomètres au sud-est de Râjkot, toujours dans la Kâthiâwâr, car c’est la plus proche localité abritant un établissement d’enseignement supérieur. Mais les cours sont dispensés en anglais, de surcroît, la charge de diwân étant désormais réservée à des gens issus d’une université indienne et possédant au moins un doctorat en droit ou en lettres, ou alors issus d’une université anglaise.

 

Au printemps 1888, alors que toute la famille prend conscience qu'il ne brillera pas dans les études,  Mavji Davé, un ami de la caste brâhmane, explique aux oncles de Mohandas qu'ils devraient l'envoyer à Londres, où son propre fils étudie et ou les diplômes semblent plus faciles à obtenir. Gandhi, très enthousiaste dû affronter l'opposition de sa mère qui refusait son départ pour la Grande Bretagne, la nation colonisatrice de l'Inde. Il lui fallait aussi obtenir l'accord de ses aînés qui lui opposèrent une des lois de leur code religieux qui spécifie que les membres de la caste des Modh Vanik n'ont pas le droit de voyage. Malgré les menaces d'exclusion de sa caste, Mohandas prononce trois vœux solennels à sa mère : « A Londres je ne toucherais pas au vin , à la viande, ni aux femmes » puis il embarque pour la Grande-Bretagne, laissant femme et enfant pour y faire ses études de droit.


http://img11.hostingpics.net/pics/849466gandhialondres.jpgMohandas Karamchand Gandhi à Londres


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 Gandhi étudiant à Londres

Le 4 septembre 1888, Gandhi entre l'University College de Londres et fait partie des 380 étudiants originaires de l'Inde qui étudient en Grande Bretagne dont 320 à Londres. C'est paradoxalement à Londres que Gandhi lit les principaux textes de l'hindouisme, notamment la Baghavad-Gita qui l'influencera profondément. Il découvre aussi la vie de Bouddha, Jésus, Mahomet et fait la connaissance des théosophes anglais. Il choisira le français comme langue moderne. En juin 1890, il réussit son premier examen, la matriculation lui permet d'entrer dans sa dernière année à l'université de Londres.

Il reprend le bateau pour l'Inde le 12 juin 1891, deux jours après avoir été facilement admis au barreau d'Angleterre et du Pays de Galles, arrivé 34ème sur 309 candidats. Il a en revanche beaucoup plus de mal à exercer son métier d'avocat. Sans expérience et aucune connaissance du droit indien il éprouve aussi des difficultés à s'exprimer en public. Il tente d'abord de s'installer à Bombay mais il renoncera au bout de six mois par manque de réussite. Gandhi retourne travailler avec son frère à Râjkot mais finalement il est vite écœuré par cet environnement malsain où il est coutume de faire des courbettes devant les officiers britanniques.

Une nouvelle opportunité se présente alors sous la forme d'un contrat à durée déterminée pour une année à Durban, une ville de la province du Natal en Afrique du Sud. Son rôle consistera notamment à effectuer des traductions de l'anglais au "gujarâtî" (sa langue natale) pour défendre les intérêts d'une compagnie du Gujarat. Gandhi saute sur l'occasion et embarque pour Durban en avril 1893. Il ne le sait pas encore mais ce choix sera le tournant de sa vie...

 

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Avril 1893, Gandhi à rendez-vous avec son destin

 

Dès son arrivée là-bas Gandhi est confronté à la discrimination raciale. Six jours à peine après son arrivée, Mohandas habillé comme un gentleman britannique, il prend le train muni d'un billet de première classe. Il est seul dans le wagon jusqu’à l'arrêt de Pietermaritzburg où un blanc le découvre et fait un scandale auprès des contrôleurs exigeant que Gandhi soit "transféré" dans le wagon à bagages avec les autres "coolies". Mohandas refuse, justifiant de la légalité de sa présence en éxhibant son billet de première classe. Finalement il est jeté hors du train sur le quai de la gare. À une autre occasion, voyageant en diligence, il est battu par un conducteur parce qu'il refuse de voyager sur le marchepied pour faire de la place à un boer. Lors de ce voyage, il se voit rejeté de nombreux hôtels à cause de sa couleur de peau.

http://img11.hostingpics.net/pics/630804Gandhi1906.jpgIl s'aperçoit très vite que les britanniques et les boers dominent sans partage les populations noires et immigrées (à cette époque 100 000 indiens vivent en Afrique du Sud). Il est choqué de voir que les sujets de l'empire britannique ne sont pas traités de la même manière suivant la couleur de leur peau. C'est en étant témoin direct de l'intolérance, du racisme, des préjugés et de l'injustice contre les Indiens d'Afrique du Sud que Gandhi commence à réfléchir au statut de son peuple et à sa propre place dans la société. Gandhi réagit par de premières protestations et obtient que les Indiens "habillés à l'européenne" puissent voyager en première classe

En 1894, à l'issu du procès, gagné, pour le lequel il était venu, Gandhi décide de lutter contre une loi visant à interdire aux indiens le droit d'élire des représentants à l'assemblée de l'état du Natal. Il fait signer une pétition à 10 000 personnes et obtient le retrait du projet de loi. Gandhi avait surtout réussi à faire prendre conscience aux indiens qu'il fallait s'unir.

Son contrat terminé, Gandhi s'apprêtait à retourner en Inde mais devenu populaire, il décide de poursuivre le combat. Gandhi était considéré comme l'avocat des pauvres. En 1896 il va chercher sa femme et ses enfants en Inde et revient en Afrique du Sud. Il y travaille comme avocat jusqu'en 1899.

 

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11 ocotobre 1899, début du second conflit des Boers


La seconde guerre opposant les Boers (colons franco-néerlandais-germaniques) aux colons britanniques éclate. Gandhi déclare que les Indiens doivent soutenir l'effort de guerre s'ils veulent légitimer leur demande de citoyenneté. Il organise un corps d'ambulanciers volontaires de 300 Indiens libres et de 800 coolies indiens, appelé le Indian Ambulance Corps, une des rares unités médicales qui secouraient les Sud-africains noirs. Gandhi lui-même est porteur de civière à la bataille de Spion Kop. Gandhi est décoré à cette occasion. Malgré tout, à la fin de la guerre, la situation des Indiens ne s'améliore pas, et continue même à se détériorer.

 

http://img11.hostingpics.net/pics/995584IndianAmbulanceCorps.jpgThe Indian Ambulance Corps


En 1904, après avoir fondé le journal "Indian opinion", la lecture de Unto This Last de John Ruskin l'influence profondément et pousse Gandhi à changer radicalement de vie dans les années qui suivent. Il rachète peu après l'établissement Phoenix, qui devient la "Tolstoï farm", nommé en l'honneur de l'écrivain, où tous les rédacteurs du journal participent aux travaux agricoles et reçoivent le même salaire sans distinction de métier, de nationalité ou de couleur de peau. Il commence la pratique du jeûne, arrête de consommer du lait, coupe ses cheveux lui-même et nettoie ses latrines incitant sa femme et ses amis à faire de même.

http://img11.hostingpics.net/pics/965680MohandasGandhi1914.jpgVers 1905-1906, la réputation de compétence et d'intégrité de Gandhi en font l'homme de loi privilégié des marchands gujarati, ce qui assure une activité soutenue au prospère cabinet d'avocat qu'il dirige. (source Wikipédia) 

En 1906 une nouvelle loi ségrégationniste est votée au Transvaal. Elle enjoint les asiatiques à se faire inscrire sur des listes destinées à contrôler de près leurs activités. Gandhi réussit à convaincre 3000 délégués de ne pas se soumettre à la nouvelle loi et de résister quel qu'en soit le coût, mais sans violence. Gandhi est arrêté et incarcéré pendant six mois. En 1909 il publie "Hind Swaraj", livre dans lequel il développe les théories du combat par la non-violence : la SATYÂGRAHA.

 http://img11.hostingpics.net/pics/849463Gandhi1908.jpgMohandas Karamchand Gandhi en 1908

 
Pendant huit ans, Gandhi ne cessera de s'opposer aux lois ségrégationnistes en s'engag eant dans une lutte au cours de laquelle des milliers d'Indiens et de Chinois sont emprisonnés (incluant Gandhi lui-même en de nombreuses occasions), fouettés ou même abattus pour avoir fait grève, refusé de s'enregistrer, brûlé leur carte d'enregistrement ou avoir résisté de manière non violente. C'est durant cette période que Gandhi entame une correspondance avec Léon Tolstoï, où ils échangent leurs vues sur la non-violence et la politique globale jusqu’à la mort de l’écrivain russe. La désobéissance civile culmine en 1913 avec une grève des mineurs et la marche des femmes indiennes.

Finalement, le 30 juin 1914, le général Jan Christiaan Smuts et Gandhi signent un accord sur l'abrogation d'une grande partie des lois raciales. Le 18 juillet 1914 Gandhi quitte l'Afrique du Sud pour toujours et rentre en Inde. Il aura effectué son baptême politique en terre africaine à l'âge de 45 ans.

 

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Le 9 janvier 1915, lors de son retour en Inde, Gandhi découvre qu’il ne connaît pas son propre pays. Il décide alors de le parcourir de long en large, allant de village en village, afin de rencontrer l’âme indienne et connaître ses vrais besoins. Son périple dure un an à l'issue duquel il établit un ashram près d'Ahmedabad. Son nom est désormais associé à la lutte contre l'injustice. C'est pourquoi, début 1917, Gandhi se rend au Bihar à l'appel des cultivateurs de l'indigo exploités sans vergogne par les industriels britanniques.  
Alors que Gandhi participait à un congrès, un paysan de champâran, centre mondial de la production d'indigo (colorant bleu tiré d'une plante de l'Inde, l'indigotier), vint le voir, chez lui la situation est désastreuse, à la fin du 19ème siècle, tous les paysans ont l'obligation de produire de l'indigo en masse. Puis au début du 20ème siècle, après la création d'un indigo de synthèse par l'Allemagne, le marché de l'indigo naturel s'effondre, les Européens : locataires des terres et sous-traitants ces terres aux paysans indiens les contraignent alors à payer des taxes sur l'eau des canaux d'irrigation, des contibutions pour l'achat d'une maison ou d'une voiture. En 1914, la situation s'intensifie, l'indigo synthétique n'a plus de succès et les paysans sont de nouveau obligés de cultiver l'indigo sous peine d'amende s'ils refusent. Fatigués de subir le bon désir des blancs, les émeutes se multiplient, un propriétaire blanc est tué, l'armée intervient.
Gandhi arrive dans le Champâran en 1917 et il rassemble autour de lui de nouveaux disciples qui deviendront plus tard de grands hommes politiques. Kripalani, grand participant à la lutte pour l'indépendance, sera le président du congrès au moment de l'indépendance. Prasâd, lui, deviendra le premier ministre de l'Union Indienne après l'indépendance. Deux jours après son arrivée, Gandhi est sommé de quitter Champâran, il refuse. Il est alors convoqué au tribunal où il vient accompagner de milliers de paysans. Lors du procès il déclare : « Je plaide coupable. Je suis un citoyen respectueux des lois; si j'ai refusé d'obéir à l'ordre qui m'était donné, ce n'est pas par manque de respect envers l'autorité légale, mais en accord avec la loi supérieure qui nous gouverne : LA VOIX DE LA CONSCIENCE ». Le juge décida sa libération contre une caution de 100 roupies. Gandhi refusa de payer. Le juge céderaa et prononcera sa libération sans caution. Gandhi, fier de sa première victoire envoya un télégraphe au vice-roi, au congrès et à la presse. Pour calmer le jeu, le vice-roi décida de créer une commission avec Gandhi à sa tête pour trouver une solution au problème du Champâran. Gandhi accepte et après quelques jours de discussion la commission recommande à l'unanimité l'abolition de ce système et un remboursement par les propriétaires anglais de 25% de ce qu'ils avaient extorqué aux paysans.

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 Le général Reginal Dyer

Le 6 avril 1919, pour impressionner les anglais, Gandhi appelle le peuple à manifester publiquement dans tout le pays et à entamer une grève nationale. La manifestation est un énorme succès. C'est à partir de cette époque que Gandhi est baptisé par le peuple Bapu et Mahatma. La célébrité de Gandhi s'étend alors à l'Inde entière. Au Kheda, Sardar Vallabhbhai Patel représenta les fermiers et obtint la même victoire.

Le 13 avril, à Amritsar, la population manifeste de nouveau malgré l'interdiction. Le général Dyer ordonne alors à ses hommes de tirer sur la foule pacifique. Le bilan est effroyable : plus de 300 morts et plus de 1000 blessés. Horrifié, Gandhi suspend immédiatement la satyagraha.

En 1920 Gandhi repense ses moyens d'action. Soutenu par le parti du Congrès et par les musulmans, il appelle à la non coopération avec l'administration britannique et se prononce pour le boycott des produits textiles d'origine européenne. L'Inde tout entière bouge et la tension ne cesse de monter. De nombreux leaders sont emprisonnés et des affrontements ont lieu. Pendant l'un d'eux, 22 policiers sont lynchés par la foule. Le Mahatma, comme on l'appelle désormais, décide de mettre fin à toute action.
Il est cependant arrêté puis condamné à 6 ans de prison. Il restera emprisonné 2 ans pendant lesquels le mouvement va sensiblement s'essouffler.
À sa sortie de prison Gandhi appelle à la cohésion nationale et il réclame l'égalité sociale pour les intouchables qu'il appelle affectueusement les harijans (enfants de Dieu). Il mènera d'ailleurs deux grèves de la faim pour qu'ils puissent entrer dans les temples.

Au début des années 30, Gandhi a retrouvé toute sa fougue. Il bénéficie d'une influence considérable. À chacun de ses mots d'ordre l'Inde s'immobilise. Le 12 mars 1930 le Mahatma entreprend son action la plus célèbre : LA MARCHE DU SEL. Son objectif est de dénoncer le monopole anglais de la vente du sel. Pendant 24 jours et sur 350 km le cortège ne cessera de gonfler. Arrivé à son but Gandhi ramasse une poignée de sel et annonce qu'il commence la désobéissance civile. Il est de nouveau arrêté...

 

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1930 : la marche du sel

 

Je pense que ce documentaire t'en apprendra beaucoup plus encore sur la vie du Mahatma. Pendant ce temps je vais en profiter pour faire une petite sieste...

 

Gandhi, Mort pour la paix - partie 1/6

 

Gandhi, Mort pour la paix - partie 2/6

 

Gandhi, Mort pour la paix - partie 3/6

 

Gandhi, Mort pour la paix - partie 4/6

 

Gandhi, Mort pour la paix - partie 5/6

 

Gandhi, Mort pour la paix - partie 6/6

 

– C'est fini ! Oh Papy, réveilles-toi, c'est terminé le film !

– Muhf ? Keucé keuss bordel ?

– J'ai regardé tout le documentaire.

– Ah, c'est bien et alors qu'est-ce que tu en penses ?

– C'est triste.

– Qu'est-ce qui est triste mon gamin ?

– Tout ! D'abord j'ai du mal à croire que quelqu'un comme lui a existé et puis ce bonhomme il a passé toute sa vie pour libérer son pays des colons anglais et finalement il s'est fait assassiner par un des siens et puis aussi qu'ils se sont entretués entre musulmans et hindous.

– Tu sais, après l'assassinat de Gandhi, Albert Einstein avait dit : « Les générations futures auront du mal à croire qu’un tel homme de chair et de sang a réellement existé ! ». Il ne s'était pas trompé. Mais le plus triste n'est pas la fin de Gandhi, il a accompli son destin même s'il n'est pas parvenu à réaliser son rêve, celui d'une Inde libre et unifiée. C'était sans compter sur les rivalités réligieuses et la volonté de division instaurée par Churchill qui a tout fait pour s'opposer à l'unification de l'Inde... "Diviser pour mieux régner !" On retrouve toujours ce principe imposé par les dictatures. Le plus triste, mon garçon, c'est qu'aujourd'hui nous avons oublié les enseignements du Mahatma.

 

Sa doctrine reposait sur le Satyagraha, un mélange de désobéissance civile basée sur l'ahimsa, qui se traduit par la non-violence et le Swaraj qui est un concept d'autogouvernance qui, vu par Gandhi considère l'autodétermination comme l'élément central d'une politique indépendante. Cette autodétermination définie par Gandhi est la notion des peuples à disposer d'eux-mêmes hors de toute influence étrangère à la nation. C'est la clé de l'émancipation pour tous les peuples qui souhaitent sortir du joug des dictatures capitalistes ou autres.

 

La révolution par la non-violence, voilà quel était le principal enseignement du Mahatma Mohandas Karamchand Gandhi. Il nous appartient à tous de perpétuer ce que ce grand sage nous a laissé en héritage. Médites bien ça mon grand, tu as encore beaucoup d'années devant toi pour accomplir ton propre chemin et je trouve qu'à ton âge tu es déjà bien en avance sur les jeunes de ta génération.


http://img15.hostingpics.net/pics/712398796pxSabarmatiAshram8.jpgL'ashram de Sabarmati à Ahmedabad (l'ashram de Gandhi) en 2006

 

 

 

Sources : "Biographie de Gandhi" par Christine Jordis, "L'Inde Britannique ou les joyaux de la couronne" de Claude Markovits, "Que sais-je ? Gandhi" de Robert Deliège, Wikipédia et connaissances personnelles du Papy Mouzeot.  

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Published by Papy Mouzeot - dans Documentaires
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commentaires

caroleone 02/05/2012 14:10


Bonjour papy,


 


Tout d'abord je tiens à m'excuser par la simplicité de mes propos car ils sont ceux d'une personne qui a une réelle méconnaissance du personnage et du continent asiatique en général.


Comme tu introduis très bien le sujet, avec tendresse et diplomatie pour ton petit fillot, je profite de l'occasion offerte et viens écouter ton propos sagement assise sur le banc à côté de lui.


Comme un vieux sage des tribus tu diffuses parfaitement ton savoir et tes connaissances de sujets pour lesquels tu te passionnes et c'est en fait la meilleure façon de fédérer.


Je suis par ailleurs surprise à la fin de cet article de constater combien il existe de similitudes entre les idées d'autonomie anarchistes et celles de Gandhi : ce sont les mêmes valeurs sauf
que d'un côté elles sont habillées de piété et de ferveur et de l'autre passeraient plus par une révolution.


Pareillement, on pourrait considérer que le CHE et Gandhi avaient les mêmes objectifs et à ce sujet je sais que tu sauras me donner ton avis, comme tu es admirateur des deux, et malgré tout,
seule la forme d'émancipation diffère, puisque pour le Che elle passe par les armes au besoin. L'idéal humaniste reste pourtant le même et c'est très troublant néanmoins.


Cela nous interroge sur la façon de mener notre combat, la solution miracle n'existant pas encore à ce jour. Je pense pour ma part que toutes les polémiques, analyses critiques et doctrines ne
servent à rien puisque chaque peuple à sa particularité, chaque évènement est différent selon les époques et que seuls ceux qui sont capables d'instaurer une rélle dynamique de combat
correspondant aux problématiques de terrain et en étant opportunistes seront les véritables révolutionnaires....et gagneront les luttes.


 


Voilà, j'attends ton verdict


 


Bises


 


caroleone

Papy Mouzeot 02/05/2012 18:48



Bonsoir Caroleone,


 


N'attends aucun verdict de ma part, je ne suis ni un sage ni un juge. Je ne peux que partager ton avis sur les différentes doctrines qui ne peuvent être appliquée uniformément en raison des
différences de cultures.


La lutte de Gandhi n'est pas comparable à une guérilla mais elle n'en n'est pas néanmoins une révolution. A la différence du Che et de Fidel Castro, Gandhi n'avait pas à libérer son peuple de la
corruption mais du colonialisme britannique et de l'esclavage qui en découlait. Le résultat obtenu même s'il semble similaire est assez différent. D'un côté le Che a permis de libérer une
population cubaine soumise au diktat des yankees et de la mafia par ses idéaux partagés avec Raul (Fidel les a rejoint un peu plus tard dans la gouvernance communiste si je me souviens bien) mais
ce peuple libre s'est retrouvé immédiatement prisonnier de l'embargo que les USA ont mis en place depuis 1962.


Pour ce qui est de l'Inde, la réussite de Gandhi n'est malheureusement que partielle, il n'aura pas réussi à réaliser son grand objectif d'une grande Inde réunie. Cette cause était vouée à
l'échec dès le départ et pour éviter de nouvelles effusions de sang il dû se résoudre à accepter la partition des Indes qui ont donné naissance au Pakistan musulman. C'est d'ailleurs ce qui
provoquera son assassinat par la suite le 30 janvier 1948 par Nathuram Godse, un hindou nationaliste extrêmiste qui rendait Gandhi responsable de la partition de l'Inde.


Les dernières paroles de Gandhi furent : "Hē Ram" (Ô Dieu) puis il s'est évanouit pour l'éternité.


 


Par la suite de grands hommes ont reconnu s'être inspirés de la voie tracée par Gandhi tels que : Martin Luther King, Nelson Mandela, John Lennon, Lanza Del Vasto (le fondateur de la Communauté
de l'Arche) dont notre José Bové national fût un de ses disciples.


Bien que tous deux défenseurs et libérateurs des opprimés, assassinés pour leur convictions, les similtudes entre Gandhi et Che Guevara s'arrêtent là. Tout les différenciait sur leurs méthodes.
Ernesto Che Guevarra prenait les vies de ses adversaires et Gandhi pratiquait le jeûn en signe de manifestation.


Je dirais que si Gandhi avait été catho il serait canonisé sans aucun doute, mais pour tous ceux qui s'en souviennent il restera un Saint et le Che, un des plus grands révolutionnaires
contemporains.


En tout cas, ils représentent deux symboles qui resteront dans mon cœur jusqu'à la fin de mes jours.


 


 


Bizz,
Le Papy


 


 



Dany 01/05/2012 17:55


Bonjour Papy,


il en à de la chance ton pt'fillot ! Je retourne en cours bien volontiers avec toi, c'est bien plaisant car il n'y a pas que l' emmental qui a des trous !


Comme d'habitude c'est un travail gigantesque, donc merci à toi ! J'avais vu le film récemment mais ça donne envie de s'y replonger !





Plein de bises Papy


 

Papy Mouzeot 02/05/2012 05:12



Bonsoir Dany,


 


Finalement pas tant de chance que ça... il était en vacances !


Je me souviens que lorsque j'avais vu le film d'Attenborough au cinéma, il y avait eu une coupure entre les deux parties, une pause clope en quelque sorte. Et ben, tu me croiras ou pas, y'avait
mêmes des effluves orientales qui se diffusaient pendant cette pause. C'est beau la technique et je te parle de ça, c'était il y a 30 ans !


 





 


Bizz,
Le Papy



fanfanchatblanc 01/05/2012 03:25


Alors là Papy merci pour cette leçon d'histoire et d'humanité.. je connaissais bien sûr le message et la vie de Gandhi (sauf que j'ignorais qu'il avait vécu longtemps en Afrique du Sud). Son
message de paix même s'il n'a pas porté les fruits qu'il méritait reste inoubliable et s'est installé au fin fond des hommes et femmes soucieux de paix et de tolérance... je relève simplement que
la religion est source de violence et d'intolérance... 


Bon je continue mes errances de la nuit. Bizz.

Papy Mouzeot 01/05/2012 16:42



Bonjour Fanfan,


 


La Satyagraha House de Johannesburg où vécut Gandhi (ci-dessous) est devenu un bien commercial de la société Voyageurs du Monde.


 





 


Elle a été restaurée par le PDG de cette société, Jean-François Rial, un grand passionné du Mahatma Gandhi, qui a fait de la "Kraal" (comme l'avait nommée Gandhi) un haut lieu touristique de
l'Afrique du Sud. Néanmoins Jean-François rial a conservé une partie de la Satyagraha pour y consacré un musée à la mémoire de Gandhi, ouvert à tous.


 


Les plus fortunés peuvent donc pénétrer ce lieu où vécu le Mahatma pour 5 jours et 6 nuits et la modique somme de 1450 euros / personnes ou bien réserver une chambre pour 70 euros / personne.


 


Bien sûr la démarche est lucrative mais cette fois le capitalisme permet de conserver la mémoire du passage de Gandhi en Afrique du Sud.


 


Bizz,
Le Papy



PAFLARAGE 29/04/2012 15:16


ben là papy, le fillot va nous
faire une thèse..


ARTICLE PARFAIT


PERSONNAGE EMBLEMATIQUE S'IL EN EST QUE TU NOUS DIFFUSES DOUCEMENT COMME UNE TISANE COLORéE ET SUBTILE


TU AURAIS FAIT UN BON PROF D'histoire-géo


BRAVO


PAR CONTRE COMME DAB ça finit mal, ce qui ne renforce pas mon optimisme légendaire


ça fait beaucoup de mecs qui sont morts pour  la liberté,  la dignitè dans le monde ET LA PAIX 


: J.F.K/GANGHI/MARTIN-LUTHER-KING.....ETC ETC TOUS MORTS


ET JE NE PARLE MÊME PAS DES ARTISTES :


COLUCHE/BALAVOINE


Moralité plus t'es con plud tu as de chance d'être centenaire, on va bientôt avoir droit avec le vote des français à un retour à la monarchie, pendant qu'on y est!!!


ils sont passablement CHOUANS ( CHIANTS J'AI VOULU DIRE!!!)


ça me déprime


ça me défrise



Papy Mouzeot 30/04/2012 12:31



Bonjour Paf,


 


Tu sais ce qui compte ce n'est pas tellement les circonstances du décès de ces illustres personnes mais ce qu'ils ont fait durant leur vivant. En tout cas, c'est ce que je retiens.


Il est évident que tous ceux qui s'opposent aux intérêts des "Maîtres du Monde" ont conscience que leurs jours sont en danger, c'est aussi une preuve de leur détermination.


 


Ce sujet est véritablement issu d'une discussion que j'ai eu avec Jérôme, mon p'tit fillot. Il a abordé le slogan de Hollande sur le "changement" et je lui ai cité les paroles de Gandhi. Puis il
m'a rappelé que Sarközy s'était présenté comme le "père" du peuple durant cette campagne et de fil en aiguille j'en suis arrivé à lui raconter l'histoire de Gandhi qui ne lui avait pas été
enseignée à l'école.


Finalement beaucoup de souvenirs ont refait surface au travers de ce récit avec en conclusion un message très important : la doctrine de Gandhi; le Satyagraha.


 


 


Bizz,
Le Papyzen


 


 


 



Lady Gaga 29/04/2012 14:49


Bonjour Papy,


Très grand respect pour Grandhi, petit par sa taille mais très grand par sa pensée et sa sagesse. Une de ses paroles : " Il y a assez de tout dans le monde pour satisfaire aux besoins de l'homme, mais pas assez pour assouvir son avidité.
"


 


"La simplicité volontaire (ou sobriété heureuse) est un mode de vie consistant à réduire volontairement sa consommation par la maîtrise des besoins. On
parle aussi parfois de frugalité. L'objectif est de mener une vie davantage centrée sur des valeurs "essentielles". La grande différence c'est que c'est une philosophie de vie et qu'elle n'est
associé à aucune idée politique. Elle provient d'un choix personnel certes non guidé par l'intérêt collectif à priori mais qui va dans le sens de l'intérêt collectif.


 


Aujourd'hui, le vrai combat n'est pas celui de la division, de la haine et de la violence, le vrai combat est contre le pouvoir et l'argent et la meilleure façon de combattre est de tirer les
enseignements de la grande sagesse de Gandhi.


Bises.


Lady Gaga



Papy Mouzeot 30/04/2012 12:01



Bonjour Lady,


 


C'est exactement ce que j'ai réussi à faire comprendre au p'tit fillot en lui parlant de Gandhi. Il est juste que le passage du Mahatma n'ait pas été vain et que nous suivions ses enseignements.


 


Bizz,
Le Papy



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