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Erick Bernard

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11 janvier 2011 2 11 /01 /janvier /2011 18:04

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"La direction nous a ordonné de la boucler"

 

"Je ne ferai pas de commentaires", lâche un salarié sur la défensive, en lançant des regards furtifs derrière lui, comme pour s'assurer qu'on ne le surprenne pas en train de communiquer des informations à la presse.

 

C'est l'heure de pointe à la sortie du Technocentre de Guyancourt, point de départ et noyau central de "l'affaire Renault". Les bureaux se vident et les salariés défilent devant les grilles de l'entreprise. Le moment est propice pour tenter d'aborder des proches du dossier.

 

Problème : si la révélation de l'espionnage industriel a suscité un déferlement de réactions tous azimuts – jusqu'à prendre une envergure internationale et provoquer un début de crispation entre la France et la Chine – du côté des employés de Renault, les langues sont bel et bien scellées.

 

"Je ne ferai pas de commentaires." A chaque tentative d'approche, la même scène se répète. Avec parfois quelques variantes : "Je ne vous dirai rien", "adressez-vous à la hiérarchie", "il n'y a rien à commenter". Visiblement embarrassé d'être contraint au silence, l'un d'entre eux a au moins la courtoisie de se justifier : "Je suis désolé de ne pas pouvoir répondre à vos questions. On a reçu des instructions en interne, tout cela doit rester confidentiel. Je suis vraiment désolé..." Et comme les autres, il s'éloigne.

 

"ÇA FAIT UN MOMENT QU'ILS LES AVAIENT À L'ŒIL"

 

En instaurant une discipline façon "grande muette" dans ses rangs, la direction de Renault a réussi à museler ses troupes. Enfin presque. Sous couvert d'anonymat, deux salariés ont tout de même accepté de déroger au règlement pour répondre à quelques questions du Monde.

 

A les entendre, derrière la forteresse, rien de très palpitant. "Pour les salariés, cette histoire n'a rien changé. On continue de travailler normalement", affirme un cadre du service conception. Selon lui, en interne, personne n'a rien vu venir. "On est comme tout le monde, on a appris l'histoire dans la presse. Apparemment, ça fait un moment qu'ils les avaient à l'œil, mais rien n'a filtré, il n'y a pas eu l'ombre d'une rumeur. Moi, ça m'a surpris. Je connais un des gars et ça m'étonne vraiment qu'il soit mouillé là-dedans. C'est quelqu'un qui gagne plutôt bien sa vie, ça me surprend que sa motivation ait pu être simplement financière."

 

Un étonnement partagé par son collègue : "Quand j'ai appris ça, je suis tombé des nues. L'un des trois travaillait dans mon service, et c'est vraiment pas le genre de personne que j'aurais imaginée tremper dans une histoire d'espionnage." Et de raconter la journée fatidique, celle du lundi 3 janvier : "Je l'ai vu arriver le matin à 8 heures tout souriant. Il a souhaité 'bonne année' à tous les gens du plateau et il a été appelé. On n'avait pas de raison de s'inquiéter, on a pensé, comme souvent, qu'il avait une réunion. Et puis à 13 heures, on apprenait sa mise à pied. On ne s'y attendait vraiment pas, mais vue son attitude, lui non plus…"

 

"TOUT CE QU'ON SAIT, ON LE LIT DANS LES JOURNAUX"

 

Aux dires des deux hommes, la mise à pied des trois cadres n'a suscité aucun élan de solidarité de la part de leurs collègues : "Même les syndicats, on n'a pas l'impression qu'ils aient bougé." Bien qu'ils aient cherché à en savoir d'avantage, aucun des deux n'est parvenu à glaner d'informations intéressantes. "Personne ne sait vraiment ce qu'il leur est reproché. Tout ce qu'on sait, on le lit dans les journaux. La seule certitude, c'est que c'est grave et que la direction doit avoir réuni suffisamment de preuves sérieuses. Mais sinon, tout est verrouillé, on n'a eu aucune information complémentaire. On est comme vous, on fait des hypothèses..."

 

Pourquoi faire tant de mystères et prendre autant de précautions avec les salariés, s'il n'ont rien à dévoiler ? "La direction nous a ordonné de la boucler parce qu'elle voyait bien qu'on essayait d'en savoir plus et que chacun y allait de sa supposition, explique un salarié du Technocentre. Il y a quand même trois personnes qui ont été mises à pied. Faut pas nous en vouloir si on prend ces avertissements au sérieux."

 

Par ailleurs, après les déclarations de Patrick Pélata, le directeur général délégué de Renault, affirmant, dans un entretien au Monde, que l'entreprise se trouve "face à un système organisé de collecte d'informations économiques, technologiques et stratégiques pour servir des intérêts situés à l'étranger", plusieurs cadres de Renault ont confié au Monde s'interroger sur la "dramatisation" délibérée de la communication du groupe, à l'heure où le choix stratégique de la voiture tout-électrique par Carlos Ghosn est sujette à caution, tant en interne que chez les concurrents.

 

 

Source : Linda Maziz pour LeMonde.fr

 

 

 

A lire aussi l'article remarquable de Vincent Beaufils qui lève le voile sur les primes électriques dans :
Espionnage : Renault, victime de ses avancées

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Published by Papy Mouzeot - dans Actualités
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Cyril LAZARO 11/01/2011 21:30



Pourrait-on faire un plan social en accusant les salariés d'espionnage? Voilà une question qui pourrait passionner le Medef!



Papy Mouzeot 12/01/2011 02:08



Sacré Cyril, avec ton esprit subversif je me demande comment tu as fait pour ne pas organiser les conférences du Medef jusqu'à présent !


Tu vois la conspiration partout toi aussi... visiblement c'est aussi l'avis d'une grande partie des citoyens, et ta clairvoyance m'incite à me ranger du côté de ton avis.


Notons au passage, que Carlos Ghosn est celui qui a supprimé les CDI chez Nissan... de là à faire de même pour défendre une volonté gouvernementale, il n'y a qu'un petit saut de Twingo.


 



TourtauxjRac 11/01/2011 19:28



Voir des salariés de chez Renault obéir piteusement aux ordres de leur direction, c'est du jamais ou du rarement vu dans cette entreprise qui fut un des bastions des luttes ouvrières en 68.



Papy Mouzeot 12/01/2011 01:56



Sauf qu'aujourd'hui il sont dirigés par Carlos Ghosn, le diable en personne !


Beaucoup pourraient être poussés au suicide s'ils ouvraient leur gueule.



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