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  • : Le blog satirique du Papy Mouzeot
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Erick Bernard

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27 décembre 2012 4 27 /12 /décembre /2012 16:42

Sapin Guinness Book 

4 617 400 chômeurs en France
4 904 900 DOM-TOM compris
L'homme du record de chômage en France...
Un sapin sans guirlande, ça fout les boules !

 

Parmi les nombreuses augmentations qui nous tombent sur le coin du museau (timbre postal, EDF, transports, assurances, bière...), le chômage atteint une nouvelle croissance et ceci pour le dix-neuvième mois consécutif avec un taux de 10,8% selon les derniers chiffres révélés ce soir à 18 heures (données publiées par le ministère du Travail).

 


Non monsieur Sapin, vous n'êtes pas à la tête d'une multinationale, votre rôle ne consiste pas à faire croître les résultats mais plutôt de les ramener à la baisse. Assez de langue de bois et de discours à double-sens, les français sont à bout (en deux mots). Nous n'avons que faire de vos plates excuses lorsque vous renvoyez la balle sur le gouvernement précédent, voilà maintenant sept mois que vous êtes ministre du Travail, de l'Emploi, de la formation professionnelle et du Dialogue social.

Dialoguer (définition du Larousse)

S'entretenir, converser avec quelqu'un au sujet de quelque chose : Ils dialoguaient des soirées entières sur l'avenir.
Exemple : confronter des points de vue, engager des négociations : Le patron accepta de dialoguer avec les syndicats. 

 

http://img4.hostingpics.net/pics/552379sapin.jpg« Nous ne sommes pas là pour faire de la comptabilité, nous sommes là pour agir »

Comme ministre du Travail mais aussi du Dialogue social on ne vous a pas beaucoup vu "agir" sur les sites de Florange, PSA, Lejaby, Fralib, Petroplus, Goodyear, Air France, Sodimedical, Sanofi... et j'en passe tellement la liste est longue, le serveur d'OverBlog n'y suffirait pas pour tout énumérer. Apparement votre fonction se limite à créer des "emplois d'avenir" et non de sauvegarder les emplois existants, rôle attribué au commando d'opérette du PS, Arnaud Montebourg. Vous n'êtes pas là pour faire de la comptabilité. La peur des chiffres vous tétanise-t-elle à ce point ? Le résultat est pourtant là, devant-vous, et vous ne pouvez feindre de l'ignorer, sous prétexte du bilan de cinq années de sarkozysme. 4 617 400 chômeurs ce sont autant d'hommes et de femmes privés d'emploi, livrés au bon vouloir de votre politique capitaliste, et qui se sont fait abuser par les promesses de changement de votre gouvernement.

 

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« Pendant un an, le chômage continuera d'augmenter »

Vous pensez peut-être que la politique de la "faute avouée" vous sera à moitié pardonnée, cependant les français ne sont pas si idiots que vous pouvez le croire. Ils ont encore en mémoire que vous, ministre du Travail fraîchement nommé, avez licencié le syndicaliste de la RATP, Mourad Ghazli, non pas pour avoir dénoncé des faits de harcèlements sexuels qui se déroulent dans l'entreprise de votre camarade de la promotion Voltaire, non plus pour avoir remplit ce que tout syndicaliste qui se respecte est censé dénoncer mais pour avoir tenu des propos "virulents et injurieux" sur son site internet.

"L'autorisation de licenciement a été accordée parce qu'une enquête contradictoire a été menée. Elle a permis de constater que des propos virulents et injurieux ont été tenus sur un site internet qui ont dépassé le cadre de la liberté d'expression et ont porté atteinte à l'entreprise" (lire l'article sur Le Point.fr).

Vous avez condamné ce syndicaliste sur la forme alors que vous savez très bien que sur le fond ce que Mourad Ghazli a dénoncé à la presse est inacceptable dans une telle entreprise ou tout autre établissement.

 

« Ma volonté, c'est qu'à la fin de l'année 2013, il y ait une inversion des courbes. Le chômage régressera »

Qu'est-ce qui vous permet d'affirmer cette déclaration devant les 4 617 400 chômeurs de notre pays, au regard du nombre d'entreprises qui ferment leurs portes chaque jour en France ?

 

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« On a dépassé les 2.000 "emplois d'avenir", nous sommes au tout début »

Quant au "contrat de génération", mesure phare de votre gouvernement, vous sentez "une vraie attente dans les entreprises, tout particulièrement dans les petites entreprises de moins de 50 salariés". Des mesurettes 100% comptabiles MEDEF, qui se limitent à vos capacités olfactives, ce n'est rien d'autre.

 

Pourquoi ne pas jouer cartes sur table et annoncer aux français ce que vous et votre gouvernement envisagez réellement, à savoir l'abolition du SMIC en France ?

 

Une fois de plus, le premier à mettre les pieds dans le plat est encore le site d'information Mediapart qui nous a dévoilé ce qui vous permet d'annoncer une inversion des courbes du chômage pour fin 2013.

 

    Le Smic est en danger de mort
par Laurent Mauduit


http://img15.hostingpics.net/pics/224782LaurentMauduit.jpgAprès avoir été malmené sous Nicolas Sarközy, le Smic, qui figure parmi les principaux acquis sociaux des salariés les plus modestes, pourrait bien connaître de nouvelles vicissitudes sous la gauche, sinon même être purement et simplement démantelé. C’est en tout cas ce que suggèrent les dernières recommandations du groupe d’experts chargé d’éclairer le gouvernement avant toute mesure de revalorisation. A l’approche du 1er janvier 2013, date légale de la prochaine revalorisation, ce groupe d’experts avance en effet des suggestions sulfureuses. Pour le court terme, il recommande de revoir fortement à la baisse les modalités d’indexation du Smic et pour le long terme de le démanteler purement et simplement en avançant vers un Smic jeune ou des Smic régionaux. Autant de pistes qui dans le passé ont conduit à des flambées de colère sociale dans le pays.
Au terme de la loi, un groupe d’experts, qui est actuellement présidé par Paul Champsaur (président de l’Autorité de la statistique publique) et qui comprend Martine Durand (directrice des statistiques de l’OCDE), Gilbert Cette (économiste à la Banque de France), Francis Kramarz (professeur à l’Ecole Polytechnique) et Etienne Wasmer (professeur à Sciences-Po), est effectivement chargé de faire des recommandations au gouvernement. En prévision de la prochaine revalorisation qui doit intervenir le 1er janvier 2013, ce groupe vient donc de mettre la dernière main à son rapport, qui est daté du 26 novembre.

Les gouvernants des pays démocratiques sont supposés respecter ces principes dont, dans l’idéal, ils devraient être les premiers gardiens et les fidèles serviteurs. S’ils les bafouent, ce ne sont pas les journalistes qu’ils humilient mais la démocratie elle-même qu’ils méprisent. Ce simple rappel suffit à souligner l’absence de culture démocratique dont témoignent les réactions du pouvoir exécutif à nos nouvelles informations sur les secrets libyens de cette présidence finissante. Car accepter la liberté de la presse, c’est répondre aux questions des journalistes, et non pas insulter, discréditer et calomnier les journaux qui les posent.

Et c’est ce rapport qui contient ces recommandations explosives.
Le voici :


Pour comprendre les préconisations de ces experts, il faut avoir à l’esprit que depuis de longues années, le salaire minimum bénéficie de deux types de revalorisation. D’abord, il y a l’indexation légale : le Smic est chaque année (au 1er juillet autrefois, au 1er janvier depuis peu) revalorisé du montant de l’inflation majoré de la moitié des gains du pouvoir d’achat ouvrier. Mais la loi donne la faculté au gouvernement d’aller au-delà et de donner ce que l’on a coutume d’appeler un "coup de pouce" (voir ici la définition de l'Insee). 
Or, le gouvernement veut modifier ces règles, comme l’explique le rapport de ces experts : « Le gouvernement a indiqué lors de la "Grande conférence sociale" de juillet 2012 son intention de faire évoluer les règles du SMIC, notamment s’agissant des critères de revalorisation automatique. L’hypothèse d’une indexation, le cas échéant partielle, sur le taux de croissance de l’économie a été évoquée ».
C’est donc la raison pour laquelle les experts, cette fois, ne se bornent à faire leur traditionnelle recommandation de modération salariale, mais font des propositions beaucoup plus radicales.
D’abord, ils écartent la piste un moment évoquée par François Hollande d’une indexation sur la croissance. Et l’argument qu’ils évoquent pour exclure cette solution retient l’attention. Ils ne font en effet pas valoir qu’une telle indexation serait très défavorable aux salariés, puisque cela équivaudrait à une stagnation du Smic en période de croissance zéro et donc à une baisse de son pouvoir d’achat au prorata de l’inflation. Non ! Si les experts écartent cette hypothèse, c’est seulement pour une raison technique : « Il n’est pas souhaitable de baser la revalorisation automatique du SMIC sur de nouveaux indicateurs qui seraient issus de la comptabilité nationale, notamment ceux faisant référence à la croissance du PIB. Les révisions à la hausse ou à la baisse de ces indicateurs soulèveraient en effet de grandes difficultés au moment de leur prise en compte dans la fixation du SMIC. Or ces révisions peuvent à la fois intervenir tardivement et être de grande ampleur. Les chiffres du PIB sont en effet susceptibles d’être révisés pendant trois années après la période de référence et ensuite périodiquement à l’occasion des changements de base des comptes nationaux. Des révisions de l’ordre de 1 point sur le taux de croissance annuelle du PIB ont été observées », font-ils valoir.

Vers un smic jeune ou un smic régionalisé
Car sur le fond, le groupe d’experts est bien d’accord avec cette même philosophie : il faut fortement revoir à la baisse les modalités d’indexation du Smic. Dans des formules jargonnantes particulièrement hermétiques, il évoque ainsi cette première piste : « Les risques d’une dynamique spontanée non contrôlée du SMIC en cas d’inflation particulièrement volatile pourraient inviter à prévoir une fongibilité au moins partielle des termes de la revalorisation que sont l’indice des prix à la consommation de l’Insee et le demi pouvoir d’achat du salaire horaire de base ouvrier mesuré par l’enquête du ministère du travail. Cela reviendrait, en cas de baisse des prix par exemple, à imputer une partie des gains de pouvoir d’achat du salaire horaire brut ouvrier liés à cette baisse des prix sur ceux qui résultent du principe de non indexation du SMIC sur les prix en baisse. » Traduction en version décodée : il serait judicieux que l’indexation automatique cesse d’être… automatique quand elle est avantageuse pour les salariés.
Une deuxième piste est évoquée, visant à prendre dans le système d’indexation non plus le salaire ouvrier pour référence, mais un agrégat salarial qui évolue de manière moins dynamique.
La troisième piste est du même acabit : le groupe recommande de prendre pour référence non plus l’indicateur d’inflation habituel mais un indicateur qui évolue là encore de manière moins dynamique. Et dans une formule alambiquée, les experts recommandent les "coups de pouce" les plus faibles possibles. Et sans rire, ils osent écrire que ce serait plus conforme « à l’intérêt conjoint des salariés et des entreprises qui les emploient ».
Mais nos rapporteurs n’en restent pas là. Il suggèrent aussi, "à plus long terme", que des réformes plus radicales soient envisagées. Et c’est là que le groupe fait des préconisations qui risquent de déclencher un tollé.
Les experts s’étonnent d’abord de "l’homogénéité géographique du Smic, alors que les niveaux de prix différent fortement entre régions". Cette piste de la régionalisation du Smic est une bombe. Voilà en effet plus de trente ans que le patronat plaide en ce sens, mais aucun gouvernement, ni de droite ni de gauche, n’a jamais osé franchir le rubicon, qui constituerait un véritable chiffon rouge pour tous les syndicats.
Les mêmes s’étonnent ensuite de "l’homogénéité du Smic selon l’âge, alors que l’insertion sur le marché du travail des moins de 25 ans est difficile". En clair, les experts recommandent donc une différenciation du Smic selon l’âge. Cette proposition est tout aussi sulfureuse que la précédente, car cela pourrait conduire à l’instauration d’un "Smic jeune". C’est cette piste, en 1994, sous le gouvernement d’Edouard Balladur, qui avait fait descendre dans la rue des centaines de milliers de lycéens et d’étudiants, contraignant le premier ministre de l’époque à reculer après plusieurs semaines de tempête sociale.
Les experts invitent même le gouvernement à  se demander s’il ne faut pas démanteler totalement le Smic ou le supprimer purement et simplement. C’est suggéré de manière pas même discrète. Les experts pressent en effet le gouvernement à réfléchir au « principe même d’une revalorisation automatique ou au moins d’une revalorisation automatique dépassant le simple maintien du pouvoir d’achat du salaire minimum » ; et à réfléchir aussi au « fait que le Smic n’est pas un instrument efficace de lutte contre la pauvreté et les bas revenus ». Fort de ce parti pris qui n’est évidemment pas établi, les rapporteurs suggèrent donc qu’on ferait aussi bien de se passer une bonne fois pour toute du Smic, et ne de garder qu’un seul instrument de lutte contre la pauvreté, celui du Revenu de solidarité active (RSA).
Cette position réjoint les thématiques des courants les plus libéraux selon lesquels l'Etat doit légiférer le moins possible en matière de droit du travail et seulement faire office de voiture-balai en corrigeant les pires excès de la pauvreté.
Lisant ces lignes, on pourrait certes penser que ces préconisations explosives n’engagent en rien le gouvernement. Or, si ! Tout est là : d’abord parce que c’est le gouvernement qui a pris la décision de lancer une réforme des modalités d’indexation. Et puis, surtout, cette proposition de réforme est l’aboutissement d’une histoire longue qui a vu travailler main dans la main des économistes proches des socialistes et des experts de droite ou proches des milieux patronaux. C’est même l’ultime rebondissement d’une histoire longue dans laquelle François Hollande a joué un rôle de premier plan.

 

Denis Olivennes et Alain Minc en éclaireur
C’est dans le courant des années 1990 qu’une ribambelle d’experts commencent à partir à l’assaut du Smic. Pour le compte de l’ex-Fondation Saint-Simon, Denis Olivennes, qui est à l’époque haut fonctionnaire et qui depuis est devenu le patron du pôle médias du groupe Lagardère,  écrit ainsi en février 1994 une note qui fait grand bruit. Intitulée "La préférence française pour le chômage", et publiée peu après par la revue Le débat (1994, n°82), elle défend la thèse très libérale selon laquelle des salaires trop élevés en France ont contribué à pousser le chômage à la hausse. La démonstration est en vérité très contestable, car depuis le tournant de la "rigueur" des années 1982-1983, c'est à l'inverse la "désindexation compétitive" (en clair la rigueur salariale) qui est l'alpha et l'oméga des politiques économiques conduites par la droite et par la gauche.

http://img15.hostingpics.net/pics/649360RapportMinc.pngIl n'empêche. Au sein de la deuxième gauche, la note fait sensation. Mais tout autant à droite, notamment dans les rangs des partisans d'Edouard Balladur. A l'époque, ce dernier prépare sa rupture avec Jacques Chirac, et veut commencer à dessiner ce que pourrait être son programme de candidat à l'élection présidentielle. Pour cela, il a donc l'idée d'utiliser un ami... Alain Minc : il le nomme à la présidence d'une commission qui, sous l'égide du Commissariat général du Plan, est chargée d'élaborer un rapport sur "La France de l'an 2000".
Pour Alain Minc, qui devient à quelques mois de l'élection présidentielle  de 1995 président du conseil de surveillance du Monde, l'offre ne peut mieux tomber. A la tête du plus prestigieux des quotidiens français qu'il va pouvoir instrumentaliser à sa guise; en position, au travers d'AM Conseil, de conseiller une bonne partie des patrons du CAC 40 ; et maintenant à la tête de la commission chargée d'élaborer le programme de celui des hommes politiques qui est donné favori à l'élection présidentielle : c'est pour lui la consécration. A la tête de cette commission du Plan, il se jette dans la campagne présidentielle.

Et de qui s'inspire-t-il pour conduire les travaux de sa commission ? On l'aura deviné : de Denis Olivennes ! Faisant sienne la thèse de la note de la Fondation, le rapport de Minc recommande une politique de rigueur accentuée : « La société française a fait, consciemment ou non, le choix du chômage [...] La Commission pense que le coût salarial par tête [...] doit augmenter moins vite que la productivité... » Et d'ajouter, au sujet du Smic : « La Commission a fait le choix d'une solution "raisonnable" : au minimum, remettre en cause le principe des coups de pouce [...] ; et au maximum, revenir à la simple indexation sur les prix » (au lieu du dispositif légal qui prévoit une indexation chaque 1er juillet sur les prix, majorée de la moitié de la hausse du pouvoir d'achat du salaire ouvrier). C'est donc bel et bien l'austérité salariale que recommande Alain Minc.
http://img15.hostingpics.net/pics/972453AlainMinc.jpgDès cette époque, Alain Minc, très proche d'Edouard Balladur et de son bras droit Nicolas Sarközy, travaille donc main dans la main avec Denis Olivennes. L’un et l’autre font partie des cibles de Jacques Chirac, quand il part en guerre contre la "pensée unique".
Puis, dans le courant des années 2000, c’est un économiste moins connu, Gilbert Cette, dont le port d’attache est la Banque de France et qui fait partie de l’actuel groupe d’experts à l’origine de ce sulfureux rapport, qui prend le relais, multipliant les rapports en faveur d’un démantèlement du Smic. Longtemps proche de Martine Aubry et aujourd’hui président de l’Association française de science économique, il s’illustre en applaudissant bruyamment la politique d’austérité salariale conduite lors du précédent quinquennat. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’elle est violente.
 
Gilbert Cette, l'économiste de droite et de gauche
http://img15.hostingpics.net/pics/812348cette.jpgPour la première fois depuis la création du Smic, en janvier 1970 (Smic qui est le prolongement du Smig, créé lui en 1950), Nicolas Sarközy fait, en effet, le choix de ne procéder à aucun "coup de pouce" en faveur du salaire minimum. Multipliant les cadeaux fiscaux à ses richissimes amis du Fouquet’s, il se montre d’une rigueur extrême à l’encontre des salariés les plus modestes. Et durant toutes ces années, l’économiste Gilbert Cette appuie non seulement cette politique socialement inéquitable mais de surcroît, il plaide déjà pour que le salaire minimum soit remis en cause. Avec deux autres économistes, membres comme lui à l’époque du Conseil d’analyse économique, il co-signe ainsi en mars 2008 un rapport, révélé peu après par Mediapart, proposant de remettre en cause le salaire minimum.
Et le plus stupéfiant de l’histoire, c’est que Gilbert Cette reste un économiste parfaitement fréquentable pour la direction socialiste. Dans un premier temps, on peut certes penser qu’il a perdu un peu de son autorité académique. Car, au printemps 2011, quand le projet socialiste est élaboré, c’est une orientation radicalement opposée qui prévaut.

A la page 14 de ce document, l’engagement est en effet clairement consigné : « Le Smic constitue un levier à court terme pour améliorer les conditions de vie des plus modestes et stimuler la consommation. La revalorisation de son pouvoir d’achat sera engagée après des années d’abandon par la droite. »
Mais, durant l’été 2011, alors que se préparent les primaires socialistes, François Hollande et ses proches débattent du sujet et ne manifestent guère d’enthousiasme pour cette revalorisation du Smic. Et cela transparaît publiquement quand François Hollande organise le 24 août 2011, à la Maison de l’Amérique latine, une première réunion avec des économistes qui lui sont proches.
L’un des économistes présents, en effet, n’est autre que… Gilbert Cette, que l’on voit apparaître dans la vidéo ci-dessous, résumant les travaux de cette journée, aux côtés de Karine Berger ou encore de Jérôme Cahuzac.

 


Ce 24 août 2011, Gilbert Cette repart donc à la charge contre le Smic. Et le plus étonnant, c’est que ce qu’il dit est retenu comme parole d’évangile. On en trouve trace dans le compte-rendu officiel de la troisième table ronde qui a lieu ce jour-là, dénommée (ce n’est guère enthousiasmant ni mobilisateur) : « Concilier pouvoir d’achat, compétitivité, et consolidation des finances publiques ».
Cela commence par l’énoncé suivant: « Cette troisième table ronde a permis de définir des pistes de conciliation entre, d’une part, la sauvegarde du pouvoir d’achat et, d’autre part, deux forces contraires : un regain de compétitivité qui plaide pour une modération salariale et un contexte de sobriété budgétaire susceptible de toucher les dépenses dont bénéficient les foyers modestes. »
Autrement dit, la table ronde fait siens tous les poncifs réactionnaires de la politique libérale, qui a été le socle des politiques économiques suivies par la droite comme par la gauche depuis le virage de 1982/1983 : une politique salariale trop généreuse fait le lit du chômage et nuit à la compétitivité. Cela a été en particulier le credo de Pierre Bérégovoy comme celui d’Édouard Balladur. Il faut donc conduire une politique de l’offre plutôt qu’une politique de la demande. Tout est dit dans cette formule : il faut privilégier "un regain de compétitivité" et cela "plaide pour une modération salariale".
Et le compte-rendu officiel poursuit : « S’agissant des classes populaires, les participants font le constat d’un tassement de l’échelle des salaires lié à une progression du Smic plus rapide que celle du salaire médian. Les intervenants se sont accordés pour dire qu’un Smic élevé n’est pas le meilleur outil de soutien aux plus modestes, les dispositifs de solidarité de type RSA ou PPE étant mieux adaptés car sans incidence directe sur le coût du travail. Ces outils pourront être évalués et ajustés, mais les moyens qui leur sont alloués devront être ménagés afin que la phase de désendettement ne génère pas de nouvelles inégalités. » Plus brutalement dit, si « un Smic élevé n’est pas le meilleur outil », on peut en déduire qu’il ne faudrait donc pas donner de "coup de pouce" au Smic.
 
Les ravages de la "pensée unique"
En quelque sorte, les économistes proches de François Hollande donnent donc raison, sans le dire ouvertement, à Nicolas Sarközy de ne pas avoir donné de "coup de pouce" au Smic et prennent donc leur distance avec le projet du PS.
Quand François Hollande publie, en janvier 2012, son programme présidentiel, il n’est donc pas fait mention d’un "coup de pouce" au Smic : le candidat socialiste viole ouvertement le projet de son propre parti et fait quasiment l’impasse sur la question du pouvoir d’achat. Tout juste préconise-t-il quelques mesures : « « 1. Une nouvelle tarification progressive de l'eau, du gaz et de l'électricité ; 2. Baisse des frais bancaires et valorisation de l’épargne populaire ; 3. Lutte contre la spéculation sur les prix de l'essence ; 4. Fiscalité : protéger le pouvoir d'achat des classes moyennes et populaires ; 5. Augmentation de 25 % de l'allocation de rentrée scolaire ; 6. Encadrement des loyers ; 7. Baisse du prix des médicaments ». Mais du Smic, il n’est pas question.
Dans les semaines qui suivent, François Hollande devine-t-il pourtant que l’élection présidentielle est très serrée et qu’il aurait tout de même intérêt à prendre en engagement, aussi modeste soit-il, sur le Smic, face notamment à Jean-Luc Mélenchon qui prône un « Smic à 1.700 euros brut par mois pour 35 heures, conformément aux revendications syndicales, et 1.700 euros net pendant la législature? C’est donc ce qu’il fait : du bout des lèvres, durant la campagne, il consent finalement à dire qu’il est favorable à un « coup de pouce », même si ce n’est pas consigné dans son programme.
Quelques jours après sa victoire à l’élection présidentielle, à l’occasion de son premier entretien télévisé, il n’a donc d’autres solutions que de dire, sur France 2, qu’il tiendra parole et que le Smic sera revalorisé au 1er juillet suivant. Mais déjà, on ressent percer dans le propos présidentiel une infinie précaution.

 

 

Et dans les jours qui suivent, on comprend vite que François Hollande est totalement en arrière de la main : le gouvernement annonce en effet que le 1er juillet 2012, le salaire minimum ne sera revalorisé que de 2 %, soit, hors inflation, un "coup de pouce" de seulement 0,6 %. A la différence de tous les gouvernements qui se sont donc constitués au lendemain d’une alternance et qui se sont souvent montrés très généreux, y compris les gouvernements de droite (+4% en 1995, lors de la constitution du gouvernement Juppé, par exemple), celui de Jean-Marc Ayrault caresse le "peuple de gauche" totalement à rebrousse-poil et ne consent qu’à une minuscule aumône. Le "coup de pouce" accordé par François Hollande correspond en effet à une revalorisation du Smic de 6,45 euros par mois, ou si l’on préfère d’environ… 20 centimes par jour ! Une misère…
Et dans la foulée, le gouvernement fait clairement comprendre que le temps de ces maigres générosités est définitivement révolu et que le groupe des experts en charge des recommandations sur le Smic, nous y voilà, va se mettre au travail d’ici la fin de l’année afin de proposer une réforme de l’indexation du Smic.
Sans même attendre que le groupe d’experts dont il fait partie réponde à la sollicitation du gouvernement, le même Gilbert Cette décide donc de partir en éclaireur et de rédiger un premier rapport de son cru, avec l’aide d’un autre économiste, Etienne Wasmer, sous l’égide de Sciences-Po. Cet économiste Etienne Wasmer est comme Gilbert Cette membre du groupe des experts chargés de faire des recommandations sur le Smic.
Publié dans le courant du mois de novembre, ce rapport est un véritable brulot.

Le voici :

Si on lit ce rapport, on comprend vite que c’est lui qui est à l’origine de toutes les recommandations qui proposent de démanteler le Smic. Le rapport du groupe des experts a d’ailleurs la franchise de l’admettre : il n’a fait quasiment que recopier les propositions de régionalisation du SMIC jeunes ou de régionalisations du Smic, proposées dans un premier temps par Gilbert Cette et Etienne Wasmer, dans leur rapport rédigé sous l’égide de Sciences-Po. Le gouvernement peut donc difficilement dire que ce rapport ne l’engage pas. Car c’est un économiste proche de François Hollande qui en est le principal inspirateur.
Cette piste de réforme n’est, certes, pas la seule qui soit aujourd’hui à l’étude. Dans le même temps, une sous-commission de la Commission Nationale de la Négociation Collective (CNNC) planche aussi sur les modalités d'indexation. Et elle a visiblement une conception du débat démocratique et du pluralisme qui n’a rien à voir avec la "pensée unique" en vigueur au sein du groupe officiel d’experts. A preuve, des économistes opposés au démantèlement du Smic ont aussi pu y exposer leur point de vue, tel l’économiste de l’Institut de Recherche Économique et Social (Ires), Michel Husson qui, s’exprimant au nom de la CGT, a vivement défendu le Smic et ses effets sociaux vertueux. On trouvera ci-dessous le point de vue qu’il a défendu lors de son audition.

L'Observatoire Français des Conjonctures Économiques (OFCE) a, de son côté, publié récemment une étude allant dans le même sens, contestant que des hausses du salaire minimum aient des effets pernicieux.
Il n’empêche ! Après le cadeau de 20 milliards d’euros offert sans contrepartie aux entreprises sous formes de crédit d’impôt ; après l’oubli par le chef de l’Etat de sa promesse faite aux sidérurgistes de Florange, c’est un séisme social majeur que le gouvernement pourrait enclencher en dégoupillant la bombe que Gilbert Cette a préparé sur le Smic. Car il s’agit ni plus ni  moins que de mettre en œuvre une réforme dont rêve le patronat depuis plus de trois décennies et qu’aucun gouvernement de droite n’a osé mettre en œuvre. Ce qui risque de susciter l'indignation du mouvement syndical et des associations et syndicats de lycéens et d'étudiants.

 


Extrait de l'article de Mediapart paru le 11 décembre 

 

Voilà ce qu'attendent les français monsieur Sapin ! Qu'on leur dise enfin la vérité quitte à prendre le risque de les voir tous descendre dans la rue, la faux à la main, pour exprimer leur ras-le-bol de votre politique capitaliste. Auriez-vous peur pour votre tête ?


Avec chaque mois, une nouvelle vague, de plus en plus haute, de demandeurs d’emplois, nourrie par des plans sociaux à n'en plus finir, des charrettes interminables de licenciements ou de ruptures conventionnelles. Un séisme social, qui va porter le chômage dans le courant de l’année 2013 à un niveau historique et que vous et le gouvernement de François Hollande vous appliquez à minimiser, en promettant que la tendance va s’inverser dans le courant de l’année prochaine !

 

 

Sapin Guinness

 

 

Ze Papy Mouzeot

 

 

Sources : Mediapart, le blog de Cyril Lazaro

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Published by Papy Mouzeot - dans Politique générale
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commentaires

M. Sapin 29/12/2012 14:53


 





 


Je suis pas sur d'avoir tout compris, on prend rendez vous Monsieur Mouzeot ?


Cordialement

Papy Mouzeot 30/12/2012 19:22



Tu tombes bien tronche d'aiguilles !


T'es pas très compatible avec les briquets non ?


Méfies-toi du Papy...


 





 


Qui s'y frotte s'y pique !



coco 28/12/2012 19:44


beau boulot, chapeau bas  !! sapin/cahuzac sont dans un bateau, ... devinez la suite ... c'est nous qui plongeons, pas eux, ils ont les bouées de sauvetage !!! dernier réveillon au champagne
avant que ça saute, alors ... bises

Papy Mouzeot 28/12/2012 23:28



J'ajouterais que Sapin et Cahuzac sont sur une galère et que nous, nous sommes dans les cales à ramer comme des esclaves !


Vu comme c'est barré il y a beaucoup de chances que Hollande ne parvienne pas jusqu'à la fin de son mandat. Il ne tiendra jamais la distance surtout avec l'équipe de bras cassés qui l'entoure.


 


Bizz,
Le Papy



Adam 28/12/2012 14:57


 





Bonsoir Papy,


face aux décisions de ce gouvernement nous n'en sommes qu'au début....la France prends la suite de l'Espagne....on en reparle dans un an... Très beau ton Sapin de Noël 


Amitiés mon Poto

Papy Mouzeot 28/12/2012 17:01



Bonsoir Adam,


 


Tu comprends bien que tout ça est voulu, calculé jusque dans ses moindres détails et que les seuls bénéficiaires du "choc de compétitivité" ne sont que les spéculateurs.


2013 : les français à l'abattoir !


 


Amitiés,
Le Papy



cafardages 28/12/2012 10:29


et of course (de noël)    on tweete  

Papy Mouzeot 28/12/2012 16:54



Ben ça va faire du bruit alors !


A part les pros de chez Mediapart peu de médias ont l'audace d'annoncer à quelle sauce on va être bouffés !





 


 


Amitiés,
Le Papy



cafardages 28/12/2012 10:27


travail impec Papy et tu devrais avoir les félicitations du ministère du Travail ! Toujours pareil avec les sociaux traitres  ah non pardon  avec les socialos. Ils promettent puis font
des courbettes aux puissants pour, en fin de compte créer des désillusions et de la rancoeur ... qui alimente le fleuve FN !

Papy Mouzeot 28/12/2012 16:46



Bonjour les Cafards,


 


Faut que je vous avoue que ce n'était pas très difficile, ce type Sapin, il me fout les boules ! J'ignore à quoi jouent les socialos-capitalistes en appliquant toutes les consignes du MEDEF et de
la teutonne ultra-libérale. En gros, Sarkö n'aura pas eu à être réellu pour faire appliquer son programme, Hollande s'en charge très bien.


Nul doute que dès les prochaines municipales le péesse va se prendre une branlée mémorable !


 


Merci de votre visite,
Le Papy


 



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