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Erick Bernard

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10 avril 2012 2 10 /04 /avril /2012 14:12

http://img15.hostingpics.net/pics/586000tunis.jpgDes images d'une extrême violence
qui ne feront
pas oublier l'ère de la
dictature de Ben Ali

 

Des milliers de tunisiens s'étaient rassemblés hier sur l'avenue Habib-Bourguiba pour commémorer la Journée des martyrs en souvenir  de la répression sanglante par les troupes françaises d'une manifestation à Tunis qui remonte au 9 avril 1938. Cette grande artère est désormais interdite aux rassemblements depuis le 28 mars, à la suite d'incidents lors d'une manifestation d'islamistes qui s'en étaient pris à des artistes. Des milliers de manifestants ont pourtant bravé l'interdiction pour protester contre celle-ci aux cris des : « Dégage ! Dégage ! » et autres « On n'a pas peur, la rue est au peuple ! » adressés en direction du parti islamiste Ennahda.

« Je suis là pour honorer nos martyrs, et pour protester contre l'interdiction de manifester ici. C'est nous qui avons libéré la Tunisie, ils n'ont pas le droit d'interdire des marches pacifiques ! » déclare un septuagénaire tout juste sorti de l'hôpital, venu participer au rassemblement.

Raed Korbi, un jeune médecin dénonce clairement : « On est venu aujourd'hui pour nos libertés, pour dénoncer la répression que nous infligent au quotidien les milices d'Ennahda. Nous voulons dire au monde que nous n'acceptons pas le projet obscurantiste d'Ennahda ».

 

http://img15.hostingpics.net/pics/179894TUNISIE.jpg

La manifestation n'a pas duré plus d'une demi-heure avant que les premiers tirs nourris de lacrymogènes n'atteignent les manifestants. Dans les ruelles alentour, des policiers armés de matraques ont chargé des petits groupes de manifestants. D'autres policiers en civil chargeaient à mobylette. Des personnes ont été tabassées et blessées ? Parmi elles, se trouvait Julie Schneider, correspondante de l'hebdomadaire Le Point. La journaliste a été prise à partie puis frappée violemment par des policiers, et son appareil photo fracassé sur le trottoir.

Julie Schneider témoigne :

 

"J'ai été frappée par les
policiers tunisiens"



http://img15.hostingpics.net/pics/876552JulieSchneider3.jpg
Julie Schneider lors d'un reportage en Iran
Photo © Julie Schneider

Avenue Habib Bourguiba. 12 h 30. Cela fait pratiquement une heure que les policiers répondent aux manifestants par des gaz lacrymogènes. Certains n'hésitent pas à user de leur matraque. À l'angle de l'avenue de Paris, des arrestations ont lieu, dont celle de Jaouhar Ben Mbarek, bras en écharpe, membre du réseau Doustourna (mouvement associatif indépendant qui se veut le garant des acquis des Tunisiens). Un homme âgé, cheveux blancs et bien habillé, tente d'échapper à la police. Il tombe devant un lampadaire. Le policier lève sur lui sa matraque. Un journaliste intervient pour l'arrêter. Je m'approche. Quelques policiers arrivent. Face au cordon qui s'est mis en place près de l'homme, ils ne font rien.

C'est le flou total. La scène est surréaliste. Des gens courent partout, des gaz lacrymogènes sont envoyés, des policiers chargent, des camions arrivent. Une femme crie, se débat. Elle est maintenue par deux policiers, visage découvert. D'autres portent des cagoules. Je lance un "sahafié", journaliste en arabe. Je prends une photo. Le policier à la gauche de cette femme, portant des lunettes à monture fine, les cheveux courts et un haut marron, abaisse mon appareil. Dans ses yeux, seule la colère transparaît. Je m'exécute et lui reprécise que je suis journaliste. À ce moment-là, des hommes arrivent. Certains ont des uniformes, d'autres non. L'un d'entre eux essaie de m'arracher mon appareil photo. Je maintiens mon boîtier avec ma main droite. Dans ma main gauche, j'ai mon carnet et mon stylo. Je suis bousculée. Je ne peux pas accéder à ma carte de presse qui se trouve dans la poche droite de mon blouson.

Coups dans le dos, dans les fesses

Tout va très vite. En quelques minutes, je me retrouve au sol. Je reçois des coups dans le dos, dans les fesses. Je porte mon sac à dos sur le devant. Plus pratique pour sortir mon matériel. Dans l'agitation, je perds mes lunettes de soleil. Je ne pense pas à repréciser que je suis journaliste, je ne pense qu'à mon appareil photo, à ma carte mémoire, aux clichés que j'ai déjà pris. Le besoin de se focaliser sur quelque chose d'autre est le plus important. Le besoin de ne pas réaliser ce qui se passe supplante le reste. Je ne sais pas combien de temps la scène a duré. Je ne cesse de penser à mon appareil. En tentant de le retenir, mon pouce, coincé dans la lanière, se tord. Depuis, il est gonflé et bleu.

Finalement, au loin, j'entends mon appareil se faire fracasser sur le trottoir. Plusieurs fois. Des gens me hissent et me relèvent. Policiers ? Civils ? Je ne sais pas. Je suis poussée, tirée vers un fourgon de police. Un représentant du Pôle démocratique moderniste intervient et lance que je suis journaliste. Je le répète alors. Rien à faire. Je reçois encore des coups sur la tête. Certains sont donnés avec le plat de la main. D'autres, je ne sais pas. Des matraques peut-être. Aucune idée.

Sourire mesquin

La plupart des policiers s'éloignent pendant que d'autres m'emmènent à l'arrière d'un fourgon parqué non loin. Des personnes continuent de se faire arrêter. Pensant qu'ils cherchent à me mettre en sécurité, je relâche la pression. Je suis de nouveau poussée, j'ai alors l'impression qu'on veut m'embarquer. Je reprécise que je suis journaliste. Je glisse mes doigts dans les barreaux blancs du fourgon bleu pour prendre appui. Ma carte de presse est toujours dans mon blouson. On ne m'a pas demandé de la présenter. Un militant d'Ennahda, que j'ai rencontré à plusieurs reprises lors de meetings ou au siège du parti, apparaît. Il parle aux policiers. Je suis alors relâchée.

Je me dirige vers le lieu où mon appareil a été fracassé. Je retrouve mon objectif, à peu près intact. Un homme vêtu de noir passe, me le prend et le balance sur le sol avant de se retourner et de me lâcher un sourire mesquin. L'objectif est éclaté en plusieurs morceaux. Je ramasse les débris. Des policiers les poussent à coups de pied. Je suis à la recherche de ma carte mémoire, mais rien. Je reste quelques minutes en retrait avec d'autres journalistes pour observer la scène. Des policiers passent sur des scooters. Des camions arrivent. Encore des charges. Toujours des gaz lacrymogènes, dont le goût âpre reste des heures dans la bouche.

Avec le calme, la douleur se fait sentir, devient plus vive. J'ai des hématomes un peu partout. Sur le chemin du retour, je constate que j'ai du mal à marcher. L'avenue de Paris offre le même spectacle de désolation. Des enfants qui se promenaient avec leurs parents crient et pleurent. Les devantures des magasins sont baissées. C'est alors qu'un homme me tend une fleur. Fragile, de couleur fuchsia et odorante, elle contraste avec l'âpreté et la violence ambiantes.

 

http://img15.hostingpics.net/pics/679860jasmin.jpg

 

 

Source : Le Point.fr (avec l'aimable autorisation de Julie Schneider) 

 

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Published by Papy Mouzeot - dans C'est un scandale !
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commentaires

caroleone 12/04/2012 17:04





 


 





 


 





 


Je t'envoie un petit peu de mon optimisme, ça ne fait pas de mal et ça passe bien par les ondes


 


Bises


 


caroleone

Papy Mouzeot 13/04/2012 15:01



... ——— ...


 






caroleone 12/04/2012 14:27


Bonjour papy,


 


Comment ne pas être dégoûtés de voir cette recrudescence de violence alors que tant d'espoirs étaient présents l'année dernière avec la révolution de jasmin ?


 





 


Le peuple tunisien qui s'était levé, uni, pour réclamer le pain et l'avenir pour ses enfants se débarrasse d'une dictature pour tomber dans l'islamisme le plus abject !!


C'est à n'y rien comprendre et doit à mon avis nous faire relativiser justement l'appel au grand soir révolutionnaire de certains qui parce que le train de la révolution citoyenne qui passe
devant leur porte n'est pas tiré par la bonne locomotive, attendent que la peste repasse et que le peuple se réveille enfin ?


Pour faire comme le peuple tunisien et se retrouver avec pire encore ?


Non, si révolution il y a, elle passera dans les urnes et sera légale, à partir de là, nous autres serons tous les acteurs dans le renouveau républicain que nous souhaitons pour notre pays, dans
l'espoir qui pourrait renaitre chez nos voisins opprimés.


 


Bises


 


caroleone

Papy Mouzeot 12/04/2012 16:35



Bonjour Caroleone,


 


Ce que tu dis est très beau et très optimiste. C'est bien, il en faut de l'optimisme surtout de nos jours.


La construction d'une démocratie est toujours très longue surtout quand le pays vient à peine de sortir du règne de la répression qui a duré 23 ans.


Ce qui se passe en Tunisie est très complexe. Le parti d'Ennahda a été élu démocratiquement et le peuple tunisien veille à ce que la démocratie soit respectée afin d'éviter un retour à la
dictature. Forcément ça ne plait pas au nouveau pouvoir qui a été fraîchement élu majoritairement par le peuple, il n'a pas les mains libres. Les premières interdictions suivies des scènes de
répressions sont à l'image d'un passé que les tunisiens souhaiteraient effacer de leur mémoire.


Ils vont devoir s'armer de beaucoup de patience et de volonté pour tenter d'y parvenir.


 


Je suis stupéfait que notre gouvernement ne se soit pas manifesté (ou qu'il n'a pas fait savoir) pour condamner les violences de la police tunisienne envers la jeune journaliste. Ça me révolte !


 


Il est vrai aussi que depuis la proposition "d'aide" de MAM, nos relations avec la Tunisie ne sont pas au beau fixe.


 


 


Bizz,
Le Papy



PAFLARAGE 10/04/2012 23:52


MOI AUSSI J'AI UN SPLEEN
D'ENFER...


ET VOIR CES ENFERS M'ENFER-ME DAVANTAGE...


LE MONDE EST FOU


J'AI LE COEUR BRISé...........

Papy Mouzeot 11/04/2012 00:07



Pas bouger, rester groupir ! Le Papy viendre avec sa colle miraculeuse...


 





 


J'en ai piqué un pot à T-Mor quand je suis passé hier soir sur son blog mais va pas lui dire !


 


A tout de suite...


Le Papy "pot de colle"



Dany 10/04/2012 18:59


Bonjour Papy,


on passe du rire au larmes avec tes deux derniers articles pas vus dans la presse!!! Déjà que j'ai le bourdon, avec un temps à exploser le moral ! Mais c'est grave ce qui se passe en Tunisie, la
milice a carrément agressé les manifestants pacifiques !


Au nom de quoi Papy, rien ne justifiait une telle violence et un tel mépris comme le raconte la journaliste Julie Schneider!


Bises

Papy Mouzeot 10/04/2012 23:11



Bonsoir Dany,


 


Raison officielle : transgression de l'interdiction dese rassembler sur l'avenue Habib Bourguiba en date de 23 mars dernier.


Le gouvernement Ennahda attaque très fort son investiture !


Le comportement des policiers et milices d'Ennahda sont indécents. Ils se sont conduits de façon abjecte envers Julie Schneider. Les mots me manquent pour qualifier la brutalité dont a été
victime cette jeune journaliste qui fait son job avec passion.


Qui sait ce qu'il se serait passé si le militant d'Ennahda qu'elle avait pu rencontrer auparavant n'était pas passé devant le fourgon qui semblait être sa destination finale ?


La démocratie est encore loin d'être instaurée en Tunisie, c'est à gerber !


 


Bizz,
Le Papy



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