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  • : Le blog satirique du Papy Mouzeot
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Erick Bernard

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28 avril 2012 6 28 /04 /avril /2012 15:43

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Sarközy est-il coupable
de haute trahison ?



EXCLUSIF MEDIAPART

  

Le régime de Mouammar Kadhafi a bien décidé de financer la campagne présidentielle de Nicolas Sarközy en 2007. Mediapart a retrouvé un document officiel libyen qui le prouve. Cette note issue des archives des services secrets a été rédigée il y a plus de cinq ans. L’en-tête et le blason vert de la Jamahiriya préimprimés s’effacent d’ailleurs légèrement. Ce document, avec d’autres, a échappé aux destructions de l’offensive militaire occidentale. D’anciens hauts responsables du pays, aujourd’hui dans la clandestinité, ont accepté de le communiquer à Mediapart ces tout derniers jours.

 

http://img11.hostingpics.net/pics/487545Preuve.jpgLa note signée Moussa Koussa. (Cliquez sur l'image pour l'agrandir).

 

 

Traduction intégrale du document :


amahirya arabe libyenne populaire glorieuse

« Pas de démocratie sans conférence populaire »



Date : 10. 12. 2006
Correspondant à : 10. 12. 1375
N° 1917 68 P
Service de la sécurité extérieure

Frère / Président du Fonds libyen des investissements africains

 

 

 

Que la paix soit sur vous…

En référence aux instructions émises par le bureau de liaison du comité populaire général concernant l’approbation d’appuyer la campagne électorale du candidat aux élections présidentielles, Monsieur /Nicolas Sarkozy, pour un montant d’une valeur de cinquante millions d’euros.

Nous vous confirmons l’accord de principe quant au sujet cité ci-dessus, et ce après avoir pris connaissance du procès-verbal de la réunion tenue le 6. 10. 2006, à laquelle ont participé de notre côté le directeur des services de renseignements libyens, et le président du Fonds libyen des investissements africains, et du côté français, Monsieur /Brice Hortefeux, et Monsieur /Ziad Takieddine, et au cours de laquelle un accord a été conclu pour déterminer le montant et le mode de paiement.

Que la paix soit sur vous et la miséricorde de Dieu et ses bénédictions…
 

 

Moussa Imuhamad  Koussa
Chef du service de la sécurité extérieure

 

 

Dès 2006, le régime libyen avait choisi "d’appuyer la campagne électorale" de Sarközy à la présidentielle de 2007, et ce pour un "montant de cinquante millions d’euros" : c’est ce qu’indique en toutes lettres cette note datée du 10 décembre 2006, signée par Moussa Koussa, l’ancien chef des services de renseignements extérieurs de la Libye.

Un accord "sur le montant et les modes de versement" aurait été validé quelques mois plus tôt par Brice Hortefeux, alors ministre délégué aux collectivités locales, en présence de l’homme d’affaires Ziad Takieddine, qui a introduit dès 2005 en Libye les proches du ministre de l’intérieur, notamment Claude Guéant, et Sarközy lui-même. Le directeur de cabinet de Mouammar Kadhafi, Bachir Saleh, alors à la tête du Libyan African Portfolio (LAP, soit l'un des fonds d'investissement financier du régime libyen), aurait de son côté été chargé de superviser les paiements.


http://img15.hostingpics.net/pics/670882KADHAZY2.jpgKadhafi et Sarközy © Reuters


« Mon client n'était pas présent à la réunion indiquée dans le document, nous a indiqué Maître Samia Maktouf, l’avocate de Ziad Takieddine. En revanche, il pense que ce document est crédible, vu la date et les personnes qui apparaissent dans ce document outre lui-même. »
« Ce document prouve qu'on est en présence d'une affaire d'Etat, que ces 50 millions d'euros aient été versés ou non, a lui-même commenté M. Takieddine, rencontré par Mediapart vendredi 27 avril. L'enquête sera difficile parce que beaucoup d'intervenants sont morts pendant la guerre en Libye, mais c'est déjà important de rendre public ce document. » Cette réponse de Ziad Takieddine, malgré son hostilité exprimée de multiples fois à notre égard, est celle d’un acteur clé de la lune de miel franco-libyenne, qui a secrètement conseillé Claude Guéant jusqu’à la veille de la guerre, comme en attestent de nombreuses notes publiées par Mediapart.

L’une d’entre elles, rédigée le 6 septembre 2005 par Ziad Takieddine et adressée à Claude Guéant, affirmait ainsi que certains pourparlers franco-libyens devaient "revêtir un caractère secret". "L’autre avantage : plus d'aise pour évoquer l'autre sujet important, de la manière la plus directe...", précisait le document, mystérieusement.

L’élément nouveau que nous publions aujourd’hui vient désormais confirmer les accusations portées par les principaux dirigeants libyens eux-mêmes peu avant le déclenchement de la guerre sous l'impulsion de la France, en mars 2011. Mouammar Kadhafi, son fils Saïf al-Islam et un ancien chef des services secrets, Abdallah Senoussi, avaient en effet tous trois affirmé publiquement détenir des preuves d'un financement occulte du président français. La découverte de la note de Moussa Koussa exige désormais que s’engagent des investigations officielles, qu’elles soient judiciaires, policières ou parlementaires, sur cet épisode sombre et occulte des relations franco-libyennes.

La face cachée de l’arrivée de Sarközy sur la scène libyenne, en 2005, puis en 2007, apparaissait déjà en filigrane dans le dossier des ventes d’armes à l’Arabie saoudite et au Pakistan instruit par les juges Renaud Van Ruymbeke et Roger Le Loire, en particulier à travers l’activité de lobbying déployée par Ziad Takieddine en faveur de l’ancien ministre de l’intérieur auprès de Tripoli. Or l’enquête entre leurs mains vient d’être élargie par un réquisitoire supplétif, le 5 avril dernier, à tous les faits de blanchiment présumés apparus jusqu’à ce jour.

Les investigations visent l’intermédiaire, mais aussi plusieurs proches du chef de l’Etat, Thierry Gaubert, Brice Hortefeux, Nicolas Bazire ou encore plus indirectement Jean-François Copé. Echappée des secrets de la dictature déchue, la note décisive reproduite ci-dessus vient en outre confirmer les propos de l'ancien médecin de Ziad Takieddine, qui avait suivi alors les déplacements de l'homme d'affaires, notamment en Libye, et avait rapporté des projets de financement de la campagne présidentielle de Sarközy par la Libye.

Selon des connaisseurs du régime libyen à qui nous l'avons soumis, ce document, dont le signataire et le destinataire appartenaient au premier cercle de Kadhafi, est conforme, jusque dans son style, aux habitudes bureaucratiques du régime. Outre celle du calendrier grégorien, la deuxième date qui y figure conforte son authenticité : elle n'est pas celle du calendrier musulman habituel, mais de celui imposé par le dictateur, qui part de l'année du décès du prophète Mahomet, l'an 632.
   

Un document authentique, selon Ziad Takieddine

Depuis plusieurs mois, nous avons entrepris des recherches pour retrouver des dépositaires d’archives du régime déchu, en rencontrant à Paris et à l’étranger plusieurs représentants de factions libyennes, dont certaines avaient conservé des documents et d’autres s’en étaient emparés, en marge des affrontements armés. Ainsi, Mediapart a publié ici, dès le 10 avril dernier, des documents des services spéciaux libyens demandant des mesures de surveillance d’opposants toubous domiciliés en France.

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 M. Koussa © Reuters

Le document décisif que nous publions aujourd’hui, sous la signature de Moussa Koussa, a été adressé, le 10 décembre 2006, à un ancien homme clé du régime libyen, Bachir Saleh, surnommé le “caissier de Kadhafi”. Directeur de cabinet du “guide” déchu, M. Saleh était aussi le responsable du Libyan African Portfolio (LAP), le puissant fonds souverain libyen crédité de plus de 40 milliards de dollars. Sous l’ère Kadhafi, le LAP a servi à d’innombrables opérations d’investissement. Certaines avouables (tourisme, pétrole, agriculture, télécommunications…). Et d’autres moins, comme l’ont confirmé plusieurs sources libyennes concordantes. Contacté sur son numéro de téléphone portable français, M. Saleh n’a pas donné suite à nos sollicitations.

Connu pour avoir été l’un des plus proches collaborateurs de Mouammar Kadhafi et le mentor de deux de ses fils (Motassem et Saïf al-Islam), Moussa Koussa a quant à lui été le patron pendant plus de quinze ans, entre 1994-2011, des services secrets extérieurs libyens (l’équivalent de la DGSE française), avant de devenir le ministre des affaires étrangères de la Libye.

Notons que l’auteur de cette note et son destinataire ont vécu, à l’heure de la chute du régime Kadhafi, des destins similaires. Moussa Koussa vit actuellement au Qatar, sous protection, après avoir fui la Libye en guerre, en mars 2011, ralliant d’abord Londres, puis quelques semaines plus tard Doha. Bachir Saleh, emprisonné brièvement par les rebelles du Conseil National de Transition (CNT) avant d’être relâché en août dernier, a été exfiltré et accueilli par les Français. Comme l'a rapporté Le Canard enchaîné, lui et sa famille bénéficient toujours de la protection des autorités françaises qui leur ont accordé un titre de séjour provisoire.

Les deux paragraphes écrits par Moussa Koussa sont sans équivoque sur le sujet explosif abordé. "En référence aux instructions émises par le bureau de liaison du comité populaire général concernant l’approbation d’appuyer la campagne électorale du candidat aux élections présidentielles, Monsieur Nicolas Sarkozy, pour un montant d’une valeur de cinquante millions d’euros", peut-on d'abord y lire. Puis M. Koussa affirme transmettre et confirmer "l’accord de principe". Le montant pharaonique promis par les Libyens est à rapprocher des 20 millions d’euros officiellement dépensés par Sarközy lors de sa campagne présidentielle de 2007.

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 Bachir Saleh

L’ancien chef des services secrets extérieurs de Mouammar Kadhafi ajoute dans sa note que l’accord évoqué est formulé "après avoir pris connaissance du procès-verbal de la réunion tenue le 6. 10. 2006, à laquelle ont participé de notre côté le directeur des services de renseignements libyens (Abdallah Senoussi, ndlr) et le président du Fonds libyen des investissements africains (Bachir Saleh, ndlr), et du côté français Monsieur Brice Hortefeux et Monsieur Ziad Takieddine". Ce serait "au cours" de cette entrevue "qu’un accord a été conclu pour déterminer le montant et le mode de paiement". Le document ne précise cependant pas le lieu de cette réunion, qui s’est tenue un an jour pour jour après une visite de Sarközy en Libye.

Ziad Takieddine, rencontré par Mediapart en présence de ses avocats, vendredi 27 avril, n’a pas contesté l’authenticité du document que nous lui avons présenté, tout en précisant comme Me Samia Maktouf, son avocate, qu’il n’avait pas été présent, le jour indiqué, à cette réunion.

« Je n'ai pas assisté à cette réunion, mais elle a certainement pu avoir lieu, nous a indiqué M. Takieddine. Votre document reflète un accord signé par Moussa Koussa pour soutenir la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2007, et Brice Hortefeux a été effectivement là-bas à cette date ainsi qu'à d'autres dates, ça, c'est sûr. M. Moussa Koussa et les autres personnes citées étaient effectivement des relais avec la France ».

Selon Ziad Takieddine, Claude Guéant, l’ancien directeur de cabinet de Sarközy, et "son correspondant en matière de renseignement d'Etat", Bernard Squarcini, étaient parallèlement en lien étroit avec M. Koussa. « Cela se passait nécessairement en secret, vu la sensibilité des relations entre les services de renseignement », précise-t-il, tout en confirmant l’implication, côté libyen, de Béchir Saleh, comme représentant du LAP, et Abdallah Senoussi lui-même « dans les relations de la Libye avec la France ».

 

« J'ai les éléments et je n'hésiterai pas à les sortir »
 

Les relevés des voyages de Ziad Takieddine, dont la justice française détient la copie depuis plusieurs mois, montrent toutefois que l’homme d’affaires était à Tripoli le 9 décembre 2006, soit la veille de la rédaction de la note de Moussa Koussa. Il était également en Libye quelques jours plus tôt, les 20 et 21 novembre.

Dans un entretien accordé le 25 avril à l’hebdomadaire Jeune Afrique, Ziad Takieddine déclare avoir été informé en mars 2011 par Saif al-Islam Kadhafi de l’existence d’un "versement d’argent" pour la campagne présidentielle de Sarközy en 2007.

« Lors de ma dernière rencontre avec Seif al-Islam que j'ai interrogé, il m'avait bien dit : “J'ai les éléments et je n'hésiterai pas à les sortir”, explique Takieddine à Mediapart. En réalité, il ne pensait pas que Nicolas Sarkozy irait jusqu'au bout. On peut penser que c'est pour cette raison que le système a protégé Bachir Saleh (exfiltration et production d'un passeport diplomatique) et qu'ils ont essayé par tous les moyens de tuer Saif al-Islam qui a été à l'origine de ces révélations. Par ailleurs, cela explique l'accueil que Monsieur Claude Guéant m'a réservé dès mon retour de Libye, en m'arrêtant à l'aéroport (ndlr, le 5 mars 2011), car il pouvait penser que j'étais moi-même en possession de ces documents, pour pouvoir les subtiliser. »


http://img15.hostingpics.net/pics/758189BriceHandZT.jpgHortefeux et Takieddine, en 2005 © dr


Ce n’est pas la première fois que le nom de Brice Hortefeux est associé à l’arrière-plan financier des relations franco-libyennes. Mais le haut responsable de l’UMP, intime de Sarközy, a toujours démenti. « Je n'ai jamais rencontré Moussa Koussa et Bachir Saleh, a déclaré M. Hortefeux à Mediapart, le 27 avril. J'ai déjà rencontré Abdallah Senoussi, qui connaissait beaucoup de monde, mais nous n'avons jamais eu de discussion sur un financement électoral. Je suis allé en Libye une seule fois dans ma vie, en 2005. J'oppose donc un démenti catégorique et vérifiable ».

Comme Mediapart l’avait rapporté, les confessions de l’ancien médecin de Ziad Takieddine, (voir ici) couchées sur papier le 20 décembre 2006 par le directeur d’une société de renseignements privés suisse, Jean-Charles Brisard, évoquaient déjà le nom de Hortefeux dans un schéma de financement de la campagne de Sarközy par la Libye en 2007. En des termes plus télégraphiques : "MODALITES FIN CAMPAGNE NS" "FIN LIB 50 ME", "MONTAGE INCLUT SOC BH PAN + BANQUE SUISSE (ND)" et "FIN CAMPAGNE TOTALEMENT REGLE". Le mémo Brisard avançait aussi le chiffre de 50 millions d’euros affectés à la campagne de Sarközy.

 

 

« C'est grotesque », avait réagi le monarque sur le plateau de TF1, le 12 mars dernier. « S'il (Kadhafi, ndlr) l'avait financée (la campagne, ndlr), je n'aurais pas été très reconnaissant », avait ironisé le président-candidat, en référence à l’intervention militaire française en Libye. Contacté vendredi 27 avril, l'Elysée n'a pas souhaité faire de nouveaux commentaires.

L’actuel ministre de l'intérieur français, Claude Guéant, directeur de cabinet de Sarközy place Beauvau, en 2006, a lui-même admis ses contacts répétés avec Moussa Koussa, début 2007, devant la commission d'enquête parlementaire sur la libération des infirmières bulgares. La sollicitude de la France vis-à-vis de Bachir Saleh pourrait aujourd’hui trouver son explication par sa connaissance des lourds secrets franco-libyens. Et des circuits financiers qu'il a lui-même supervisés.

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 A. Senoussi© Reuters

Quant à Abdallah Senoussi, également cité dans la note de décembre 2006, comme ayant participé aux réunions préparatoires avec Brice Hortefeux, au sujet du financement de la campagne électorale de 2007, il aurait été arrêté il y a quelques semaines en Mauritanie, mais aucune image n’est venue confirmer une telle affirmation. Il est réclamé par la Libye, mais également par la Cour Pénale Internationale (CPI), et la France, ayant été condamné par contumace à Paris dans l’affaire de l’attentat contre le DC-10 d’UTA.

Une chose est en revanche certaine : les forces de l’Otan ont bombardé le 19 août 2011, à 5 heures du matin, la maison d’Abdallah Senoussi, située dans le quartier résidentiel de Gharghour, à Tripoli. Un cuisinier indien avait trouvé la mort dans le raid et une école avait été détruite. « C'est un quartier résidentiel. Pourquoi l'Otan bombarde ce site ? Il n'y a pas de militaires ici », avait alors dénoncé un voisin, Faouzia Ali, cité par l’Agence France-Presse.

La réponse se trouve peut-être dans les secrets qui lient Abdallah Senoussi à la France. « C'est le principal témoin de la corruption financière et des accords qui ont impliqué de nombreux dirigeants et pays, dont la France », a affirmé en mars dernier à l'agence Reuters une source « haut placée dans le renseignement arabe ».

 

 

 La note de Mediapart


Depuis près de dix mois, Mediapart enquête sur les secrets libyens de Nicolas Sarkozy, de son élection en 2007 comme de sa présidence depuis. Cet article s'inscrit dans ces investigations au long cours, confirmant leur légitimité et leur gravité.

Nous avons compris l'ampleur de ces secrets libyens au seuil de l'été 2011 avec les documents Takieddine, découverts au cours de nos investigations sur l'affaire Karachi. Cette affaire met en cause les financements illégaux de la campagne présidentielle menée en 1995 par Edouard Balladur avec pour bras droit Nicolas Sarkozy. Or ce dossier a révélé le rôle central dans le premier cercle de Nicolas Sarkozy, depuis ces années-là jusqu'aux lendemains de son élection en 2007, de Ziad Takieddine, intermédiaire financier jusqu'alors pratiquement inconnu, ayant fait fortune dans les ventes d'armes.

Issus des archives personnelles de M. Takieddine, les documents dont nous avons commencé la publication en juillet 2011 ont prouvé que, dans les années qui ont précédé son élection en 2007, Nicolas Sarkozy et son entourage avaient tissé des liens de proximité et entretenu des relations suivies avec le régime libyen de Mouammar Kadhafi. Les enjeux financiers de ces fréquentations sont explicites dans les documents que nous avons révélés, et la reconnaissance officielle accordée, fin 2007, en grande pompe par le nouveau président français au dictateur libyen y apparaît comme un remerciement pour services rendus.

Tel est le contexte de l'enquête qui, aujourd'hui, aboutit avec la découverte par Mediapart d'un exceptionnel document libyen dont Ziad Takieddine lui-même, auquel nous l'avons soumis vendredi 27 avril, affirme qu'il est authentique. La révélation de ce document exige que toute la lumière soit faite sur son contenu, tant il conforte le soupçon d'une immense affaire d'Etat : le financement, pour des montants faramineux, de la campagne électorale de l'actuel président de la République française par un Etat étranger, qui plus est dictatorial. Que la France soit, depuis, militairement intervenue pour renverser cette dictature ne fait qu'alourdir ce soupçon.


 

 

Publié ce jour par les limiers d'Edwy Plenel : Fabrice Arfi et Karl Laske

 

 

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Sujets en relation avec cet article :


• Feuilleton Karachi : Takieddine balance enfin Sarkozy

• Questions pour un champion

• Dernières révélations sur le financement de la campagne de Sarközy en 2007

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Published by Papy Mouzeot - dans Mensonges et vérités
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commentaires

Lady Gaga 30/04/2012 22:26


 


 


 


Bonsoir
Papy,


Aujourd'hui je m'interroge ? Nous sommes en période de crise, soi-disant.... La dette économique est
préoccupante et il faut limiter les déficits publics. Mais vous !!! candidats à la
présidentielle, quel est le budget de votre campagne? L'ordre d'arrivée des quatre
principaux candidats à la fonction suprême correspond exactement à celui de 2007 : 20 millions d'euros pour Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal, 10 millions pour François Bayrou et 9 millions pour
Jean-Marie Le Pen. Des sommes qui servent surtout aux "moyens de propagande", selon la terminaison officielle : meetings, affiches, tracts et désormais Internet. Le JDN économie a interrogé
toutes les équipes de campagne pour savoir qui avait dépensé combien et dans quoi. Pour la plupart des candidats, les meetings représentent le premier poste budgétaire d'une
campagne. Qui va payer ? N'oublions pas que nous sommes en période de crise, donc
qui va payer ? Les chômeurs, les ouvriers, le patronat peut-être, et encore je ne suis pas sûre mais c'est certain que l'argent sera bien pris quelque part... alors que tous les jours on
nous rabâche les oreilles avec la crise et la dette de l'état.


C'est
ainsi qu'on va réduire la dépense de l'état ? La réduction du déficit, passera sans doute par la hausse des recettes de l'état, c'est à dire des impôts supplémentaires, ou bien par une "cure
d'austérité". Le problème c'est que le contribuable ne sera plus en mesure de payer... alors,  qui va payer ? C'est la question que je me
pose.


Lady
Gaga


 

Papy Mouzeot 01/05/2012 11:46



Bonjour Lady,


 


Tu proposerais donc l'abolition de la loi organique sur le remboursement des frais de campagne à la charge des contribuables ?


Il me semble que cette loi avait été modifiée en 1995 pour lutter contre la corruption notamment en ce qui concerne les pots de vin "offerts" généreusement par les chefs des grosses
entreprises... Depuis 1995, les dons des entreprises privées sont interdits. Qu'à cela ne tienne, les chefs d'entreprises sont aussi de généreux contribuables !


Cette même loi organique a été révisée l'année dernière, le Sénat ayant diminué de 4,5% les taux de remboursements des campagnes cependant le plafond de ces montants surtout en ce qui concerne
les élections présidentielles restent très élevés. Remboursement maximal à 45,5 % du plafond depuis la loi d’avril 2011 (avant c’était 50%). Ça revient à dire qu'avec nos impôts nous prenont
d'office en charge quasiment la moitié des frais de campagne de tous les candidats y compris ceux pour lesquels nous ne voulons pas voter, qu'on le veuille ou non. Ça s'appelle la démocratie.


 


Cette loi avantage surtout les grosses formations politiques, c'est décomposé ainsi :


 


- Pour les partis ayant obtenu moins de 5% : 1/20è des dépenses du premier tour (plafonnées à 16,16 millions en 2007 soit 808 000 euros maxi en
2007).


- Pour les formations ayant recueilli plus de 5% : 50% des dépenses (plafonnées à 16,16 millions en 2007 soit 8,08 millions d'euros en 2007).


- Pour les finalistes : 50% des dépenses du second tour (plafonnées à 21,59 millions en 2007 soit 10,79 millions d'euros).


A savoir que ces remboursements ne tiennent pas compte des frais liés à l'affichage (conception-impression des affiches, tracts et "profession de foi", collage des affiches et les frais de
transport liés à l'affichage) qui sont intégralement pris en charge par les contribuables.


 


- Question : Où va tout ce pognon ?


- Réponse : Comment crois-tu que sont payés les cadres des partis politiques et les professionnels des équipes de campagne ?


 


 


Bizz,
Le Papy



Adam 30/04/2012 20:45


Tu es plus féroce que moi Papy mais c'est très juste, j'adhère !





Bien amicalement

Papy Mouzeot 30/04/2012 21:45



Plus féroce ? Ça reste à démontrer mon poto...


Le monarque nous livre enfin son véritable visage en s'attaquant à la liberté de la presse et nous ramène aux années que nous avons tous souhaité oublier.


Ses partisans sont de fait des collabos du fascisme grandissant dans ce pays.


Voter contre Sarközy s'assimile simplement à de l'autodéfense.


 


Amitiés,
Le Papy



Adam 30/04/2012 16:24


  Ce qui me frappe Papy chez les gens de droite, c’est leur capacité à accepter la corruption dès lors qu’il s’agit d’un des leurs !!!!


clic sur la photo pour un début d'explication !!





Amitiés Papy

Papy Mouzeot 30/04/2012 20:17



Bonsoir Adam,


 


Dans l'exemple que tu cites je pense qu'on serait plus proche d'un savant mélange de l'expérience de Milgram et de celle d'Asch !


 


 


Amitiés,
Le Papy



bria 29/04/2012 21:44


Bonsoir Papy


T'es sûr que c'est khadafi qui à donné du fric pour la campagne de 2007 ? c'est pas l'affaire de bettancourt ? ou les sous marins ? ^^


J'suis sans doute trop con ou trop naif mais c'est amusant de voir qu'on est prêt à refaire le monde quitte à tout déterrer pour attirer même pas 20% des indécis vers la gauche. 


Bonne chance pour dimanche


 


 

Papy Mouzeot 30/04/2012 13:19



Bonjour Bria,


 


Je ne suis sûr de rien, ce n'est pas moi qui ai découvert ce document. Pour autant que je sache les comptes de campagne de Sarközy en 2007 affichaient 22 millions d'euros. Tu conviendras avec moi
que ça fait cher le kilo de papier pour quelques tracts et affiches même en intégrant des frais de déplacements. D'autant plus que les frais de campagne sont remboursés pour tous les candidats
qui font un score de 5% au premier tour.


Question, où va tout ce pognon et surtout celui qui n'est pas déclaré ?


Doit-on comprendre qu'il faut payer certaines personnes influentes pour assurer son élection ou tout simplement 500 signatures pour valider sa candidature ?


Autre question, combien coûte la signature d'un élu pour valider une candidature ?


 


Pour Bettancourt l'affaire est toujours en cours d'instruction, le résultat de ces élections sera déterminant pour la conclusion de l'enquête.


Concernant les sous-marins, je pense que tu fais allusion à l'affaire Karachi, où le nom de Sarközy est évoqué mais cette affaire concerne le financement illégal de son parrain (Édouard
Balladur). Les chats ne font pas des chiens...


 


Pour ta gouverne je ne voterais pas à gauche dimanche, je ne me reconnais pas dans cette gôche là, j'assumerais donc mon vote antisarkozyste et républicain.



PAFLARAGE 29/04/2012 14:56


olà papy!


tu me dis à quel moment je dois GERBER!!!!!


pourtant, et pourtant on entends dire dans les chaumières que le lili-pute-de chien, pourrait bien nous faire un remake..


je n'y pige plus rien...


j'attends impatiemment dimanche soir, comme tout le monde mais de toute façon entre la peste et le cholèra , le français est assez "intello" pour choisir la syphillis!!


ça va fumer je pense mercredi


bises@papy!

Papy Mouzeot 30/04/2012 12:10



Bonjour Paf,


 


Je pense que les discours du style "choisir entre la peste et le choléra" sont assez réducteurs.


Nous avons d'un côté un candidat qui incarne une gauche "caviar" qui s'inscrit dans une politique de rigueur voulue par l'UE et de l'autre un président sortant qu'on peut juger sur pièces avec
son bilan catastrophique, impliqué dans tellement d'affaires restées sans réponses qu'on est en droit de se poser beaucoup de question sur sa légitimité à la tête du gouvernement. Sarközy a perdu
toute crédibilité et son intégrité ne fait pas l'unanimité.


 


Le choix est plus que limité il me semble...


 


 


Bizz,
Le Papy



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