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  • : Le blog satirique du Papy Mouzeot
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Erick Bernard

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1 mars 2012 4 01 /03 /mars /2012 18:47

 

Pour tout connaître sur les secrets
des banques... ou les dérives
du capitalisme libéral

 

 

Ma zapette fait des miracles... hier soir, alors que je m'étais programmé une petite soirée spéciale "célibataire" devant un bon western (c'est comme ça qu'on appelle les films érotiques ici) sur je ne sais plus quelle chaîne du soir qu'il fait très tard, voilà que je tombe sur l'émission "L'autre séance" sur le canal LCP pendant les pubs...

Re-PAN dans la tronche du Papy, que j'ai encore traversé la 4ème dimension que j'me suis dit !

LCP, nom de code pour La Chaîne Parlementaire, que tu te dis que parlementaire c'est synonyme de palabres et baratins en tout genre. Je m'apprêtais donc à faire défiler les chaînes lorsqu'en sous-titre apparaissait ceci : « Si nous ne créons pas un nouveau mode de répartition des richesses, ce qui a abouti à la Seconde Guerre mondiale se reproduira sous une autre forme. C’est une nouvelle ère de barbarie qui s’ouvrira » (dixit Hermann Scheer, lauréat du prix Nobel alternatif et député allemand).

Intrigué par ce discours je me suis laissé séduire par cette émission qui en fait nous proposait la diffusion du documentaire réalisé par l'autrichien Erwin Wagenhofer, déjà connu pour son premier long métrage We Feed the World (Le marché de la faim - 2005), Let's Make Money (sortie dans les salles françaises en 2009).

 

Le documentaire Let's Make Money est incontournable pour qui souhaite comprendre les folles dérives du capitalisme financier. Dans cet exercice de dénonciation de l’argent fou, Hermann Scheer excelle avec cette démonstration implacable sur les conséquences humaines, démographiques et écologiques de la dérégulation économique, notamment sur les pays pauvres.

 

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Une machine à produire des inégalités

 

Des mines d’or du Ghana aux banques londoniennes, des champs de coton du Burkina Faso aux gratte-ciel de Singapour, des bidonvilles de Madras aux plages de Jersey, le cinéaste autrichien s’attaque à l’opacité d’un système complexe dont il tente de démonter les mécanismes tortueux et de montrer toute l’iniquité.
Le film reflète, par sa construction, la juxtaposition d’univers que tout oppose, Nord et Sud, riches et pauvres, investisseurs et paysans, hommes d’affaires et enfants des rues… Il enchaîne plans-séquences et témoignages multiples, qui illustrent les risques d’une économie sans garde-fous et les méfaits du néolibéralisme triomphant : spéculation effrénée, investissements fictifs, chantage économique, évasion fiscale, surexploitation de la main d’œuvre, pays du Sud ruinés par le protectionnisme occidental, privatisation des services publics, pollution…

 

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Le vertige des chiffres

 

Il en montre aussi les aberrations. Dans l’industrie cotonnière, les subventions accordées aux agriculteurs américains empêchent les pays du Sud d’accéder au marché mondial et coûtent par exemple au Burkina Faso 80 milliards de dollars par an, un manque à gagner dont le montant est quatre fois supérieur à la somme que perçoit ce pays sous forme d’aide.
Autre scandale, on estime qu’actuellement plusieurs milliers de milliards de dollars dorment à l’ombre des paradis fiscaux où ils échappent à toute forme de taxe. Si cette richesse était imposée au taux très modéré de 30%, les gouvernements du monde entier toucheraient 250 milliards de dollars de recettes annuelles supplémentaires, qu’ils pourraient dépenser pour endiguer la pauvreté et atteindre les objectifs du Millénaire pour le développement de l’ONU…
Au-delà du vertige procuré par de tels chiffres, le film de Wagenhofer cherche à interpeller le citoyen ordinaire, mais aussi le simple contribuable. Celui dont l’argent, une fois déposé en banque, est introduit dans le circuit monétaire international et contribue, sans qu’il le sache, à alimenter un système qui, à l’échelle du globe, ne profite qu’aux populations riches d’Etats privilégiés. Plaidoyer pour une redistribution équitable des richesses, ce film engagé est avant tout un bel hommage aux valeurs citoyennes de l’information indépendante.

 

 

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Réalisation : Erwin Wagenhofer

Date de sortie en France : 15 avril 2009

Durée : 1h47

• Version originale sous-titrée

 

 


Let's make Money - partie 1/2

Let's make Money - partie 2/2

 

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Entretien avec le réalisateur
de “Let's make money”

 

Rencontre avec la bête noire des néo-libéraux de tous poils et Mathilde Blottière (journaliste à Télérama)

 

Mathilde Blottière : Après les ravages écologiques et humains de l'industrie agroalimentaire, vous vous attaquez aux aberrations du système financier mondial. Comment êtes-vous passé de l’un à l’autre ?
Erwin Wagenhofer : Cela s’est fait naturellement. Après m'être interrogé sur la provenance de notre nourriture, j'ai décidé d'enquêter sur la destination de notre argent, et l'usage qu'en font les banques. Let’s Make money commence d'ailleurs là où se terminait We feed the world : sur le Mont-Pèlerin, au-dessus du lac Léman, en Suisse. C'est là que se situe le siège mondial de Nestlé, l'un des plus gros groupes agroalimentaires de la planète. Dans We feed the world, le président de la multinationale m'avait confié son rêve : privatiser l'eau… Pour Let's make money, je suis retourné dans cet endroit car c'est aussi le lieu de naissance de la Société du Mont-Pèlerin, haut-lieu de promotion du néo-libéralisme économique.

Comment prépare-t-on un film sur un sujet aussi complexe que le circuit monétaire international ?
L'important est de réussir à incarner son sujet. Avant même de connaître leurs noms, je savais exactement qui je voulais rencontrer. Pour préparer le tournage, j'avais élaboré un plan très précis où j'avais listé les fonctions ou les titres d'interlocuteurs potentiels : un investisseur autrichien en Asie, le directeur de la Banque mondiale ou encore le maire de Jersey. Bien sûr, toutes les rencontres n'ont pas pu se faire, mais dans l'ensemble, j'ai recueilli les témoignages que je souhaitais.

Comment avez-vous convaincu les magnats de la finance de vous recevoir ?
Depuis le succès international de We feed the world (un million de spectateurs dans le monde), les gens savent que je ne milite pas pour le grand capital… Cela compliquait les démarches. C'est pourquoi j'ai engagé une célèbre journaliste autrichienne pour assurer l'intermédiaire entre les financiers et moi. Ça n'a pas toujours fonctionné comme je l'aurais souhaité… La persuasion exige beaucoup de rigueur et d'obstination : pour We feed the world, j'avais rencontré tous mes interlocuteurs avant le tournage, pour tâcher de les convaincre les yeux dans les yeux. Ça m'avait pris trois ans...

 

“J'ai essayé de capter des images fortes, qui portent des traces évidentes de cette course à l'argent.”

 

L’argent peut être un sujet extrêmement abstrait. Comment filme-t-on une valeur ?
J'ai essayé de capter des images fortes, qui portent des traces évidentes de cette course à l'argent. Lorsque j'avais filmé les gigantesques serres espagnoles pour We feed the world, j'avais déjà repéré les énormes complexes touristiques fantômes de la Costa del Sol. Voilà une conséquence très concrète de la spéculation : des paysages ravagés, des bâtiments immondes qui pourrissent au soleil, des quantités d'eau gaspillée pour entretenir des terrains de golf dont personne ne profite... Je voulais aussi tourner à Jersey : l'argent y est invisible, mais quelque part, derrière les cailloux et le sable, des sommes colossales prospèrent tranquillement. Et puis, bien sûr, je tenais à montrer la misère engendrée par cet accaparement de l'argent par quelques-uns : la pauvreté absolue, telle qu'on la trouve dans les bidonvilles des grandes villes indiennes.

 

Quel est ce « nous » auquel se réfère le titre ?
C'est le même « nous » que celui de We feed the world : il s'adresse à nous autres, citoyens des pays riches. C'est une manière de responsabiliser les gens, de leur signifier que ce qu'ils voient à l'écran les concerne. Au-delà de cela, Let's make money est vraiment le slogan de ces vingt dernières années. Il y a quelque chose de lubrique dans cette formule, qui fait penser à une autre expression anglophone : « let's make love ». On imagine très bien un banquier se levant de bon matin avec cette idée gourmande en tête : « Allons faire du fric ! »

 

“Pour perdurer, le système capitaliste pompe l'énergie des gens les mieux formés de nos sociétés. C'est désolant.”

 

Qu'est-ce qui vous a le plus marqué lors de votre enquête ?
J'ai eu le sentiment d'un immense gaspillage de matière grise. Pour perdurer, le système capitaliste pompe l'énergie des plus gros cerveaux, des gens les mieux formés de nos sociétés. Plutôt que d'employer leur intelligence à régler les problèmes urgents de la planète, ils passent leur temps à se demander comment maximiser les gains en un minimum de temps. C'est désolant.
D'un point de vue émotionnel, le plus frappant est évidemment la pauvreté des oubliés de la machine à fric. Involontairement, nous sommes responsables de leur misère car c'est bien notre argent, ou au moins une partie, que les banques injectent dans le circuit. Le seul levier que nous ayons pour contrer ce processus, c'est le vote.

Let's make money est déjà sorti il y a plusieurs mois en Autriche, en Allemagne, en Suisse. Comment le public réagit-il ?
Je reçois tous les jours des retours de spectateurs. Qu'on l'apprécie ou non, le film ne laisse personne indifférent. Lorsque le festival de Sundance l'a programmé, en janvier dernier, le débat post-projection avait d'ailleurs failli virer à la guerre civile : d'un côté, ceux qui prennent acte du constat et veulent agir pour changer les choses ; de l'autre, les incrédules qui considèrent le film comme un tissu de mensonges.
Quant aux réactions des politiques, elles ne se sont pas faites attendre : à Vienne, la ville a commencé à racheter les tramways dont le film dénonçait la privatisation. Bien sûr, entre-temps, la crise est passée par là…

Justement, le film sort en pleine crise. Ironiquement, cela risque de lui profiter…
Let's make money critique un système et, au moment où il sort en salles, la réalité lui donne raison… Il est vrai que je n'aurais pu rêver campagne marketing plus efficace. Pour autant, je ne suis pas un gagnant de la crise, contrairement à mon producteur qui, lui, se frotte les mains… Plus sérieusement, quand j'ai commencé à tourner, je ne pensais pas que la crise était sur le point d'éclater. En revanche, je n'ai jamais douter de son caractère inéluctable : rien de sorcier là-dedans, il suffisait d'analyser froidement le système pour comprendre qu'il allait dans le mur. Le pire, c'est que tous les financiers qu'on voit dans le film le savaient eux aussi : ils n'ont pas voulu voir, le plus urgent pour eux, c'était de faire de l'argent. Et vite.

 

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Published by Papy Mouzeot - dans Documentaires
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commentaires

caroleone 05/03/2012 17:13


Bonjour papy,


 


J'espère que tu n'as pas déchargé toutes tes batteries...


 


Bises


 


caroleone

Papy Mouzeot 06/03/2012 14:28



Bonjour Caroleone,


 


Apparement j'ai des réserves insoupçonnées assez efficaces !


 


Bizz,
Le Papy



PAFLARAGE 05/03/2012 13:59


écoeurant! en un mot


et là le partage de michèle m'a sciée (noah)


les restos du coeur !!!mon Q oui!


oui il faut prendre le fric là où il est!!!!point barre!!!(comme dit raymond)


mais il est où ce con de pognon?

Papy Mouzeot 06/03/2012 14:11



Ce documentaire explique tout... on sait donc où reprendre ce qui nous appartient !


En plus on peut même y aller tous ensemble à la nage !!!


 





 


Bizz,
Le Papy "paré à la plongée"


 


 



caroleone 04/03/2012 22:11


C'est passé où, krévindjiuu, la censure me guette ?


Bon, je vais essayer de me rappeler, et je récris le texte parce que c'est certainement ça qui a fait bugger le reste. Gros shocking quand j'ai entendu ça :


 


" Si nous ne créons pas un nouveau mode de répartition des richesses, ce qui a abouti à la seconde guerre mondiale se reproduira sous une autre forme. C'est une  nouvelle ère de
barbarie qui s'ouvrira ". Hermann Scheer


 


Et dans cette seconde partie, j'ai découvert les évasions fiscales qui sont concentrées dans l'urbanisation de la Costa del sol, j'ai découvert Almeria sous une autre facette que celle que je
connaissais,   avec ces horribles hôtels qui défigurent la côte, ces logements vides qui ne ne servent à rien, ces terrains de golf qui coûtent une fortune en eau alors qu'elle se fait
si rare pour les habitants.


J'ai découvert l'île de Jersey, territoire d'évasion fiscale, même si j'en connaissais déjà un peu la particularité.


Aussi, au début, j'ai été très choquée de la façon décontractée dont les industriels ont abordé les problèmes liés au capitalisme et c'est très fort de la part du réalisateur d'avoir pu obtenir
ses "confidences".


 


Voilà, pour faire bref, un film à voir pour ceux qui n'ont en tête que la version des médias carpette, avec tout de même une petite pointe d'espoir, car on constate que les richesses sur terre
sont bien présentes à travers tous ses gaspillages et que leur répartition est loin d'être une utopie comme on veut bien nous le faire croire.


Bon, j'espère que cette fois, la censure ne passera pas par là.


 


Bises


 


caroleone

Papy Mouzeot 05/03/2012 02:14



Message reçu 5 / 5 !


Bon, j'abuse un peu trop avec mes piles rechargeables... il faut que j'aille prendre des forces.


Demain j'ai une très dure journée qui m'attend...


 


Bonne nuit,
Le Papy



caroleone 04/03/2012 16:35


Bon, ça y est, j'ai réussi à voir la seconde partie.....


On est d'accord sur ça, gros shocking aussi pour moi à la fin :


 



Papy Mouzeot 04/03/2012 20:17



Y'en manque un bout ou me trompe-je ?


 



caroleone 03/03/2012 18:23


Une première réaction après la vision de la1ère partie du film :


Un réel décalage entre les dires des industriels et la réalité du terrain en images : le nord et le sud, avec toutes leurs différences étalées à la vue de chacun. Pas besoin d'un dessin !


 


Et une ou deux citations que je trouve en conformité :


 


"Emergeant du rideau de fumée qui en avait longtemps dissimulé la nature profonde, la mondialisation apparaît avant tout comme un système de domination du Nord
sur le Sud, du capitalisme anglo-saxon sur les autres formes de capitalisme, des possédants sur les démunis. Au point que l'on peut dire que cette mondialisation-là est la mise en oeuvre concrète
de l'idéologie néolibérale."
Jacques Nikonoff


 


"L'un des mensonges néolibéraux consiste à dire que la croissance économique des entreprises produit une meilleure répartition de la richesse et de l'emploi.
C'est faux. De même que l'accroissement du pouvoir d'un roi n'a pas pour effet un accroissement du pouvoir de ses sujets (c'est plutôt le contraire, l'absolutisme du capital financier n'améliore
pas la répartition des richesses et ne crée pas de travail."



Sous-commandant Marcos - Armée zapatiste


 


Je reviendrais lorsque j'aurais visionné la seconde partie.......il faut aussi que je fasse travailler mes muscles de temps à autre !


 


Bises


 


caroleone


 

Papy Mouzeot 04/03/2012 12:41



Bonjour Caroleone,


 


Prends tout ton temps (tant que cette vidéo peut rester en ligne). Ce documentaire ne fait que confirmer ce que tu as toujours su et dénoncé.


 


Bizz,
Le Papy



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