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Erick Bernard

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14 mars 2011 1 14 /03 /mars /2011 10:33

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Une milicienne franquiste tenant un bébé volé dans ses bras

 

Retour sur un article qui avait été publié sur ce blog depuis un mois et qui défraie à nouveau la chronique depuis hier

Suite au reportage de "l'effet papillon" diffusé sur Canal+ le mois dernier qui m'avait bouleversé j'avais effectué quelques recherches assez laborieuses car ce sujet tabou en Espagne et même en France est barricadé par la censure espagnole, il n'était donc pas aisé de franchir toutes ces barrières 403 et 404 imposées par la dictature franquiste qui sévit toujours en Espagne. Hier, c'est le site Rue89 qui s'est emparé de cette scandaleuse affaire qui trouvera certainement plus d'écho que mon modeste blog puisse en obtenir.

 

Retour sur le sujet où vous disposez déjà du premier fruit de mes recherches (vidéos à l'appui) :

Scandale en Espagne : un trafic de bébés volés qui dure depuis le franquisme !

 

 

Ce qu'en dit Rue89 :

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L'Espagne exhume ses bébés volés depuis Franco

Des centaines de témoignages affluent, et les questions de milliers d'Espagnols ressurgissent : « Mon bébé, mon frère, était-il vraiment mort lorsque les médecins nous l'ont enlevé ? »

Les vols de bébés, qui auraient été pratiqués depuis la guerre civile jusqu'au début des années 90, remuent les tréfonds de l'Espagne : plus de 700 cas ont été recensés en 2011. Les enfants auraient pu être adoptés jusqu'en France et en Allemagne.
Les histoires se succèdent, toutes plus invraisemblables, et à une échelle proprement hallucinante. Et les dossiers affluent maintenant sur les bureaux des juges.
« Si les plaintes sont avérées, l'Espagne pourrait avoir été la scène secrète d'un trafic d'enfants organisé sur son territoire », écrivait Luis Gómez, journaliste d'El País, dans le premier volet d'une grande série d'enquêtes quotidiennes que le journal dédie depuis début mars à ces "vies volées".


Des curés et religieuses ont pu organiser les adoptions

http://img4.hostingpics.net/pics/757593Ninos02.jpgLa plateforme d'échange ouverte sur le site du quotidien accumule les témoignages. Du goutte à goutte émouvant, on est passé au déversement fangeux.

On apprend dans le quotidien que Doña Mercedes, une élégante dame bien comme il faut et "très croyante", aurait régenté d'une main de fer jusqu'à huit appartements à Bilbao entre 1965 et 1984 : huit "maison-berceaux" où cohabitaient entre 10 et 22 femmes enceintes.

Il s'agissait le plus souvent de filles de notables ayant "fauté" et que l'on cachait là pour éviter l'embarras à leur entourage jusqu'à la naissance.

http://img4.hostingpics.net/pics/355587Ninos04.jpgMais afin de sauver pour de bon leur réputation, mieux valait placer l'enfant en adoption, leur susurrait Mercedes Herrán de Gras, dont le réseau visant à fournir des bébés, moyennant paiement, à des couples, a pu s'étendre sur toute l'Espagne et jusqu'en France et aux Etats-Unis.

C'est ce que laisse entendre le témoignage d'une religieuse de Tenerife, sœur Juana Alonso, cité dans ce reportage d'El País :

« Doña Mercedes nous appelait quand elle s'était engagée à fournir un enfant et elle nous demandait un petit, et parfois on lui répondait “Quand même, laissez-nous en !” parce que nous aussi on avait reçu une autre demande. »


 J'ajouterais aussi la complicité des "médecins" qui ont largement contribué à ce traffic d'enfants.

Les parents payaient une petite fortune pour dissimuler leurs filles dans ces appartements, mais d'autres femmes enceintes sans le sou venaient aussi s'y réfugier. Les auteurs du reportage expliquent : 

« Dans ces cas, c'étaient des curés […] et des religieuses […] qui repéraient les jeunes femmes enceintes et les envoyaient voir Doña Mercedes. »


 

 

 

 

«  Je ne l'ai plus jamais revu ma fille »

C'est le cas de Dolores Chumillas, qui fuyait, enceinte, un compagnon violent et des parents peu compréhensifs. Elle a dû payer son séjour chez Doña Mercedes à coups de ménages épuisants, notamment chez Madame où elle époussetait ses "photos avec le Pape, avec Franco. C'était comme un palais".

Dolores n'avait jamais parlé de placer son enfant en adoption avant l'accouchement, en 1978.
 

« Ma fille était splendide à la naissance : 3,8 kilos. Une religieuse l'a prise en photo et me l'a donnée.
C'est la seule que j'ai d'elle, parce que deux jours plus tard, on m'a renvoyée de la clinique San Francisco Javier de Bilbao où j'avais accouché. La religieuse m'a dit que ce serait mieux que la petite reste.
Quand je suis revenue la chercher, on m'a dit : “Vous n'avez jamais accouché ici.” Une fille de la maison m'a expliqué plus tard qu'ils avaient vendu ma petite pour 200 000 pesetas (environ 1 200 euros). »


Dolorès n'a pas perdu espoir de la retrouver.

 

 Les tentacules du franquisme

http://img4.hostingpics.net/pics/669035Ninos05.jpgL'Espagne avait commencé à parler, timidement, du cas des enfants disparus du franquisme avec l'adoption de la loi sur la mémoire historique en 2006.

Pendant la guerre civile et sous les premières années de la dictature, les enfants étaient arrachés aux mères républicaines prisonnières et aux familles de "rouges" pour les remettre à des notables franquistes et leur assurer ainsi une "bonne éducation".

Malgré une tentative menée par le juge Baltasar Garzón, ces cas n'ont pas encore fait l'objet d'une enquête coordonnée à l'échelle nationale. J'ajouterais cependant que suite à sa tentative le juge Garzón a été suspendu de ses fonctions, mis hors jeu au printemps 2010 dans l’attente d’un procès intenté contre lui par des personnalités diverses qui l’accusent d’avoir enfreint la loi d’amnistie du franquisme votée en 1977.

Avec les centaines de témoignages récents, l'Espagne découvre cependant que les vols, cette fois motivés par l'argent, ont peut-être continué jusque bien après la mort de Franco.


L'omerta d'une société ultra-hiérarchisée

Le trafic ne semble pas avoir été coordonné mais la majorité des histoires se ressemblent : une femme d'origine modeste vient d'accoucher à l'hôpital lorsqu'on annonce à la famille que l'enfant est mort. Elle ne peut pas voir le corps mais on lui offre de s'occuper gratuitement de l'inhumation.
Sur ce point mon avis diffère car le recoupement de nombreux témoignages démontrent bien une véritable organisation criminelle spécialisée dans le rapt et la commercialisation des nouveaux-nés.


Le respect de l'autorité, de la figure du médecin, voire de l'Eglise dans les hôpitaux religieux, empêche les parents d'exiger de pouvoir dire adieu à l'enfant qu'ils viennent de perdre. Mar Soriano, coordinatrice de la Plateforme des enfants volés, fondée en mars 2008, explique :

 « L'Eglise exerçait une forte pression en Espagne, où elle insistait sur l'image de la bonne mère : jeune, de bonne famille et surtout mariée.
Même une fois le franquisme disparu, ses tentacules sont restés présents, notamment à travers certaines lois en vigueur encore dix ans après la mort de Franco et qui ont pu donner une sensation d'impunité totale aux responsables de ces réseaux monstrueux. »


Jusqu'en 1987, les parents adoptifs pouvaient par exemple faire inscrire leur enfant comme étant un enfant biologique, assure Mar Soriano qui recherche depuis dix ans sa sœur, née dans une clinique madrilène en 1964.

Le registre de l'hôpital la donne pour morte d'une otite peu après l'accouchement. Une cause invraisemblable, selon Mar.
« Sur la même page figurent dix autres cas de décès à cause d'une otite ! »
Pour elle, il s'agissait en fait de différencier les véritables morts et les cas d'enfants donnés en adoption ou vendus.
Elle pense aujourd'hui que sa sœur pourrait se trouver en Allemagne.


 « Le médecin qui a signé le décès de ma sœur exerce encore »

Si la plupart des cas n'ont pas encore été élucidés, la mobilisation récente et croissante commence à porter ses premiers fruits : les familles de 261 enfants disparus sous le franquisme ont déposé plainte ensemble en janvier.

Le gouvernement s'est lui engagé à payer les tests ADN que la justice pourrait leur réclamer et mettra un coordinateur national à leur disposition. Les familles seront reçues par les députés le 15 mars.

Reste le danger du temps qui passe, des registres disparus, des responsables décédés et surtout l'épineuse question juridique. Certains experts craignent en effet qu'il y ait prescription ou que les lois de l'époque n'aient pas prévu de punir de tels faits à l'époque.

D'autres leur rétorquent que puisqu'il s'agit de "disparitions forcées", le délit ne prescrit pas. Mar Soriano tonne :

« Ce n'est pas vrai que tous les responsables sont morts. Le médecin qui a signé le décès de ma sœur exerce encore. »

«A cause de la loi d’amnistie sur les crimes du franquisme, toutes les affaires de bébés volés et même celles commises après la dictature, restent impunies. Un procureur de l’Audience nationale m’a dit :  «Vous devriez oublier tout cela.»


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Je vous conseille aussi la lecture d'un autre article publié sur Rue89 par Gaëlle Lucas qui relate ces faits odieux : En Espagne, les enfants volés du franquisme réclament justice

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Published by Papy Mouzeot - dans C'est un scandale !
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commentaires

caroleone 14/03/2011 23:01



Le franquisme largement soutenu par l'églie est loin d'avoir révélé tous ses crimes je le crains....Je n'étais même pas au courant, que font nos medais carpettes ?


Des enfants de républicaines, PABLO doit se retourner dans sa tombe, le pauvre !!


 


Bonne soirée


 


amicalement


 


caroleone


 



Papy Mouzeot 15/03/2011 01:53



Tu as raison Caroléone, il y a une énorme chappe de plomb concernant ce sujet qui est stritement encadré par les franquistes, qui n'a jamais disparu des pays hispaniques, comme l'affirment de
plus en plus de langues qui commencent à se délier.


Bonne soirée à toi aussi... heu, à l'heure qu'il est je te souhaite plutôt une bonne nuit !


Amitiés
Le Papy



pourunevraiegauche.over-blog.com 14/03/2011 20:55



J'ai abordé il y a quelques jours dans mon blog ce problème des "bébés volés", un scandale de plus dans l'escarcelle franquiste. Mais pas seulement, car n'oublions pas que cette pratique a
perduré sous le gouvernement socialiste.



Papy Mouzeot 15/03/2011 01:33



Tout à fait et ceci jusqu'aux années 90, ce qui n'indique pas que ce crime à été stoppé à 1990 comme on voudrait nous le faire croire. C'est très bien d'en parler sur ton blog, il faut être le
plus nombreux possible à dénoncer cette infamie.


 


Amitiés,
Le Papy



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