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Erick Bernard

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29 janvier 2011 6 29 /01 /janvier /2011 05:02

http://www.ecume-des-mots.com/wp-content/uploads/2010/03/stephane_guillon.jpg

L'humoriste Stéphane Guillon a remporté une large victoire judiciaire contre Radio France, vendredi 28 janvier. La radio publique a été condamnée par le conseil de prud'hommes de Paris pour avoir licencié l'humoriste "sans causes réelles ni sérieuses".

Les contrats à durée déterminée (CDD) de Stéphane Guillon depuis avril 2003 ont été requalifiés en contrat à durée indéterminée (CDI). A ce titre, les prud'hommes attribuent 150 000 euros d'indemnités pour licenciement injustifié à l'humoriste. Mais Stéphane Guillon obtient également 41 981,70 euros d'indemnités de licenciement ; 11 581,16 euros pour le préavis de licenciement ; 5 790,58 euros d'indemnités de requalification ; 1 158,11 euros pour les congés payés et 1 500 euros pour ses frais de justice. En tout, le licenciement de l'humoriste pourrait donc coûter la coquette somme de 212 011,55 euros à Radio France.

Contacté par Le Monde.fr, l'avocat de Radio France, Dominique Barthes, se refuse à tout commentaire "avant d'avoir reçu la notification du jugement". "En tant que salarié foutu dehors, je suis ravi de cette décision judiciaire. En tant que contribuable, je suis scandalisé qu'une société d'Etat ait préféré perdre autant d'argent et d'auditeurs pour faire taire un humoriste", a confié Stéphane Guillon dans un communiqué.

En début d'après-midi, l'avocat de l'humoriste s'est félicité de cette décision : "Les prud'hommes ont considéré que ce licenciement était sans causes réelles ni sérieuses et que les conditions du contrat auraient dû nécessiter qu'une faute soit évoquée, ce que l'employeur s'est bien gardé de faire."

Stéphane Guillon avait appris son licenciement le 23 juin, dans un entretien au Monde de Jean-Luc Hees, le PDG de Radio France, après plusieurs mois de polémiques entre l'humoriste et sa direction. Plusieurs chroniques sur des personnalités politiques et sur Jean-Luc Hees et Philippe Val, le directeur de France Inter, avaient suscité l'ire de ces deux derniers.

"Si l'humour se résume à l'insulte, je ne peux le tolérer pour les autres mais aussi pour moi. Quel patron d'une grande entreprise accepterait de se faire insulter par un de ses salariés sans le sanctionner ?", avait affirmé M. Hees au Monde. La nomination du PDG de la radio publique par Nicolas Sarkozy lui-même, supposé hostile à Stéphane Guillon, avait également renforcé les critiques de l'opposition sur les raisons de ce licenciement.

 LANGUE ACERBE

L'humoriste officiait trois jours par semaine à 7 h 55 sur France Inter. Il n'hésitait pas à manier une langue acerbe à propos des invités de la matinale. Une chronique sur les frasques supposées de Dominique Srauss-Kahn en février 2009 et une autre comparant Eric Besson, alors ministre de l'immigration, à "une taupe", en mars 2010, avaient ainsi suscité de vives critiques des deux hommes politiques. La direction de France Inter avait dans les deux cas présenté ses excuses aux personnalités moquées.

 

Visite de DSK à France Inter, tous aux abris !
 
Le Pen, Besson et Zemmour !


Fin mai, Didier Porte, qui réalise la chronique humoristique le jeudi, est au cœur d'une polémique pour avoir fictivement conseillé à Dominique de Villepin de répéter après lui la phrase "J'encule Sarkozy". Son avenir sur France Inter est remis en question après sa convocation dans le bureau de Philippe Val, où il écope d'un avertissement. Il sera également licencié à la fin de la saison.

 

Stéphane Guillon, prétextant "bouder" de ne pas avoir été mis à la porte alors que ses chroniques font déjà grand bruit, défie alors sa direction. "Si je dis que je sodomise le président, ça fait un avertissement. Mais si je dis que je sodomise le président, qui a des yeux de merlan frit : attaque physique, deuxième avertissement !"


Avertissez-moi, s'il vous plaît !

Quelques jours plus tard, la direction tranche et décide de licencier l'humoriste, suscitant de vives critiques des syndicats de France Inter et de plusieurs partis d'opposition. La direction a "agi sur ordre politique", affirme alors Stéphane Guillon dans Le Monde. "Ils [les membres de la direction] donnent des gages à Sarkozy, qui les a nommés", conclut-il.


Source : LeMonde.fr

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Published by Papy Mouzeot - dans Actualités
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commentaires

TourtauxjRacEc4ESTjIcd 29/01/2011 15:51



Tu penses bien que l'employeur va faire appel



Papy Mouzeot 29/01/2011 18:33



Évidemment juste pour retarder les échéances et emmerder Guillon car ils savent que leur appel est perdu d'avance et avec un peu de chance pour Guillon l'appel sera purement rejeté.



Cyril LAZARO 29/01/2011 11:37



Je ne vois pas comment on pourrait licencier un humoriste pour cause réelle et "sérieuse". Si tel était le cas, ce ne serait pas un humoriste...



Papy Mouzeot 29/01/2011 16:41



Sans blague, t'es sérieux là ?



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