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  • : Le blog satirique du Papy Mouzeot
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Erick Bernard

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28 janvier 2011 5 28 /01 /janvier /2011 20:08

http://1.bp.blogspot.com/_m4DrhVCmhqs/TTCsmiTpi7I/AAAAAAAAArw/Sidl8C6wHww/s1600/Pour+la+Tunisie+Libre+et+D%25C3%25A9mocratique%252C+une+cr%25C3%25A9ation+r%25C3%25A9alis%25C3%25A9e+pour+la+chute+de+Ben+Ali+par+Gilles+Langoureau.jpg

Cette fois-ci la 404 est bonne pour la casse et j'espère que nos frères tunisiens ne verront plus jamais apparaître ces chiffres maléfiques sur leurs écrans d'ordinateur.

Voici quelques exemples de mes dernières pérégrinations sur le web tunisien :

 

La révolution, c'est notre seul salut  (article écrit le 8 octobre 2006 et paru sur TunisNews)

LA  REVOLUTION  C' EST  NOTRE  SEUL  SALUT

 

*Chaque jour qui passe avec ZABA sur le trône c'est un jour de trop pour les millions de tunisiens,   surtout pour les familles de certains  disparus ainsi que pour  les milliers de prisonniers d'opinions qui croupissent injustement et sans motif dans les goulags du dictateur ZABA depuis plusieurs années  dans des conditions  inhumaines, ces familles qui souffrent le martyr restent très inquiètes et angoissées sur le sort atroce réservé à leurs proches...

Avec ces méthodes inhumaines  le dictateur tunisien nous montre une nouvelle fois son mépris au peuple tunisien et surtout sa main mise sur l'appareil de l'Etat et son acharnement  à l'encontre des opposants politiques et leurs familles.

Ben Ali qui se croit au dessus des lois depuis qu'il s'est attribué l'impunité à vie lors de son dernier coup de force le " MASCARENDUM " du 26.05.2002,  continue de faire ce qu'il veut et renforce son abus de pouvoir sans inquiétude et nous tunisiens on se tait, on se la boucle et on reste spectateur devant les crimes de ce dictateur.

Le temps est venu pour sauver ce qu'il y'a à sauver et il est de notre devoir et de notre responsabilité de stopper cette  gangrène qui ronge notre cher pays depuis le sinistre coup d état médical du 7 novembre 1987, date à laquelle notre chère  Tunisie a sombré d'avantage dans une  dictature plus
sanglante que la précédente.

 

 Il faut agir vite pour désinfecter la Tunisie de ce virus qui ne cesse de contaminer le pays sous le regard répugnant du dictateur  Ben Ali et de ses serviteurs qui n'ont aucun respect à la dignité humaine.

C'est le moment de renverser ce pouvoir totalitaire et tortionnaire du général Ben Ali et d'éradiquer son système corrompu et de bannir son RCD.

Il n'y a pas d'autres solutions que le soulèvement populaire et la révolution pour anéantir à jamais la dictature et rendre à tous les tunisiens leurs dignités et leurs honneurs. Je pèse mes mots car le
dictateur Ben Ali ne va pas   laisser  le choix au peuple tunisien et il ne partira jamais de son propre gré, il a tellement fait du mal et impliqué  dans des magouilles financières en fermant les yeux sur les dérives et le zèle de sa mafia de famille et surtout de belle famille les fameux «  TRIPOLITAINS » que ce dictateur  ne va pas abandonner le pouvoir malgré qu il  s'est  accordé l'immunité pour les crimes commis pendant l exercice de ses fonctions et après la fin de son règne. ( d'autres dictateurs  de sa tronche avaient aussi l'immunité )*

Il faut en finir avec Ben Ali qui règne sur la Tunisie tel qu'un monarque avec ses méthodes barbares et moyenâgeuses.

Pour abattre ce régime signifie compter sur nos propres forces aussi faibles soient elles. Notre seule force sera notre capacité à imaginer comment y parvenir. Mais on aura avancé si l'on se débarrasse totalement de l'esprit de revendication.  Nous ne demandons rien à Ben Ali, même pas son départ.


Nous le faisons et nous devons savoir y parvenir sans lui demander son avis!

Arrêtons donc de quémander. Mettons nous au vrai travail d'opposition, celui de la démolition de la dictature en ne comptant que sur nous même. Car comme dans toute guerre il y a une stratégie, il y a un plan et sans plan il n' y a pas de lutte, il n'y a pas d'opposition, il n' y a pas de victoire.

Et ce plan, construisons le ensemble, sérieusement efficacement et sans tarder.  Ne perdons plus le temps, il faut préparer un réel programme politique afin de reconquérir la jeunesse tunisienne en perdition.  Il faut concentrer le travail sur la lutte  contre la misère, la corruption et l´impunité, c´est le seul sujet de conversation qui touche toutes les classes sociales puisque la grande majorité des tunisiens ne s´intéresse guère à la politique ni aux droits de l´Homme!!!

Certaines «  mauvaises langues » diront que c´est facile d´écrire en étant  derrière un écran, à l´abri des représailles de la redoutable PPZ ( Police Politique de Zine ) et je les comprends parfaitement, mais c´est pour cette raison que  depuis le début de mon engagement en faveur des libertés d´expression et la lutte contre la dictature je n´ai jamais signé  avec des pseudo, j´ai toujours signé mes modestes écrits en signant par mon propre nom, c'est aussi une manière   pour montrer aux millions de tunisiens qu´on a plus le droit d´avoir peur et je précise ce que je fait ce n'est pas du courage ni de l'héroïsme c'est un droit.

Je rappelle que les vrais héros, ce sont  ceux qui luttent depuis l'intérieur du pays, ainsi que les milliers de prisonniers et leurs familles y compris femmes et enfants, et j'espère qu'un jour, ils seront tous indemnisés et que leurs tortionnaires y compris le dictateur ZABA  seront jugés...


 Chokri YACOUB

 

Zakia Dhifaoui violée et torturée Ben Ali doit être jugé par la Cour Pénale Internationale  (publié le 9 novembre 2008)

Nous venons d'apprendre avec colère et consternation les sévices sexuels dans les geôles de Ben Ali dont a été victime une journaliste militante membre du Forum démocratique pour le travail et la liberté (FDLT), et membre de l’Association de lutte contre la torture en Tunisie (ALTT) suite aux manifestations de soutien aux syndicalistes du bassin minier de Gafsa.
Dans une interview accordée au quotidien suisse Le Temps, quelques heures après sa libération, Madame Dhifaoui a eu le courage de parler avec pudeur de son calvaire : «J'ai passé trois mois et dix jours à la prison de Gafsa. Au début, j'ai été violée. Aujourd'hui, je suis en bonne santé, mon moral est bon et je n'ai qu'une idée en tête: continuer mon travail de journaliste et de politicienne. Mais je ne sais pas si j'aurai le droit de le faire.» (Voir Le Temps du 7 novembre 2008, et Tunisnews, même date, interview accordée à Isolda Agazzi, InfoSud).
Nous savons que la plupart des autres détenus dans la même affaire ont aussi été torturés, comme l'ont été et le sont encore une importante proportion des prisonniers politiques depuis l'accession du général Ben Ali aux affaires en 1984.
La torture et le viol pratiqués à grande échelle en Tunisie benalienne constituent selon les critères de l'ONU un crime contre l'humanité. Ils constituent aussi des armes faciles mais efficaces entre les mains du règime pour semer la terreur dans tout le pays. Ben Ali l'a compris depuis qu'il a pris ses fonctions de premier flic en 1984. La torture est pour lui la baguette magique qui fait de tout Tunisien un mouton, parce que humilié et terrorisé.
Nous demandons que ces crimes qui perdurent depuis 24 ans en Tunisie – pour ne compter que le règne benalien - soient dénoncés et combattus avec la dernière énergie par tous les Tunisiens.
Nous demandons que le premier responsable de ces crimes et donneur d'ordre le général Ben Ali soit arrêté et jugé avec ses complices et exécuteurs devant la Cour pénale internationale pour crimes contre l'humanité.
Nous demandons aux militants de se mobiliser sérieusement contre ces fléaux que sont la torture et le viol des femmes qui gangrènent toute notre société et qui sont la clé de voûte de tout le système de terreur policière.
Nous exprimons à Madame Zakia Dhifaoui les sentiments de notre solidarité et nous lui apportons notre sympathie pour ce qu'elle a subi de la part de brutes inhumaines, et nous l'encourageons à porter plainte auprès de la Cour pénale internationale contre ses bourreaux et contre leurs donneurs d'ordres.

Le Bureau
Paris, le 9 novembre 2008

Collectif de la Communauté Tunisienne en Europe
1 rue Cassini – 75014 Paris – Tél . 01 43 29 68 98


La France discréditée par son soutien au régime Ben Ali
 (article publié le 1er novembre 2009)

Nul besoin d'épiloguer longuement sur les résultats des élections présidentielle et législatives tunisiennes du 25 octobre. En s'accordant un score inférieur à 90 % des voix - officiellement de 89,62 % -, le président Ben Ali a cherché à éviter les sarcasmes que lui avaient valus les scores à la soviétique des précédents scrutins (99 % et 95 % des suffrages).


On ne répétera jamais assez à quel point le "pluralisme" politique mis en avant par le palais de Carthage à l'intention de l'étranger est une mascarade. Le chef de l'Etat tunisien choisit soigneusement ses opposants. Il dessine lui-même la carte politique de la Tunisie, sur laquelle le parti au pouvoir, le Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD), doit garder l'absolue mainmise par le biais d'un clientélisme et d'un maillage policier difficilement imaginables. Ben Ali élimine par avance, à coups d'amendements électoraux taillés sur mesure, tous ceux qui pourraient lui faire de l'ombre, quand bien même ces derniers ne risqueraient pas une seule seconde de l'emporter. Il récompense les uns, humilie les autres, alors que la situation plutôt prospère de la Tunisie et sa stabilité pourraient l'amener, au contraire, à ouvrir l'espace politique et instaurer une véritable démocratie.

Toutes les grandes figures de l'opposition ont ainsi été écartées de la course à la présidence. Le seul "vrai" candidat de l'opposition, qui ait été autorisé à concourir, Ahmed Brahim, du parti Ettajdid, un homme sans charisme mais à la réputation d'intégrité, s'est vu attribuer le score ridicule de 1,57 % des suffrages. En revanche, deux autres prétendants à la magistrature suprême, totalement inconnus du grand public, se sont vu décerner respectivement 5,01 % et 3,80 % des voix. Il faut dire qu'en dépit de leur statut officiel d'"opposants", ils avaient fait campagne en faveur du président Ben Ali !

Il faut cesser de se laisser prendre au langage du palais de Carthage, selon lequel la Tunisie de Ben Ali est /"une démocratie émergente et perfectible"/. Un argumentaire soigneusement mis au point à Tunis, où l'on sait que ce ton bonasse, faussement modeste, a toutes les chances de séduire les visiteurs occidentaux.

Si elle est performante en matière économique - mais pas autant qu'elle le pourrait, compte tenu de l'inhibition des entrepreneurs face au comportement prédateur des proches du pouvoir -, la Tunisie de Ben Ali ne progresse en rien sur la voie de la démocratie, et n'en a nulle intention. Quiconque émet une voix discordante est systématiquement combattu, et voit sa vie rendue infernale par une série de représailles dont on n'a pas idée en France : Agressions physiques graves ; filatures collantes ; courriers électroniques détournés ; domiciles assiégés ; asphyxie alimentaire, suite aux interdits professionnels ; campagnes de presse diffamatoires, et souvent même obscènes quand il s'agit de femmes. Et cela, en toute impunité...

Car porter plainte contre ces méthodes de voyou est inutile : les plaintes sont systématiquement classées sans suite. La justice tunisienne est totalement instrumentalisée. On ne compte plus les obscures procédures déclenchées contre tel ou tel opposant ou militant des droits de l'homme, qui se voit soudain écroué ou interdit de quitter le territoire tunisien, au motif qu'il est l'objet d'une plainte, opportunément déposée ou exhumée, mais entièrement ignorée de l'intéressé.

"Etat de droit", "démocratie", "multipartisme" et "transparence" font partie du vocabulaire préféré du régime tunisien. On ne peut exclure que le président Ben Ali, qui commence donc un cinquième mandat après vingt-deux ans de pouvoir sans partage, finisse par croire à ces mots totalement vides de sens dans son propre pays. Mais les capitales européennes, elles, ne peuvent pas être dupes. Elles savent bien que l'espace des libertés ne grandit pas en Tunisie, contrairement à ce qu'affirmait M. Sarkozy lors de sa visite officielle à Tunis, en avril 2008.

Les Tunisiens eux-mêmes sont lucides. Un certain confort matériel, la peur de représailles ainsi que la crainte de l'inconnu les poussent à s'accommoder d'un régime, qu'en privé, les uns et les autres avouent exécrer, en particulier pour la façon dont il pille sans vergogne les richesses du pays. Dans le moindre petit village reculé de Tunisie, il se trouve toujours un intellectuel, instituteur ou autre, pour rappeler avec ironie et amertume les propos de Nicolas Sarkozy, le jour de son installation à l'Elysée, le 16 mai 2007 : /"Je ferai de la défense des droits de l'homme /(l'une des deux) /priorités de l'action diplomatique de la France dans le monde."/

En continuant à soutenir aveuglément le président Ben Ali, en le félicitant pour sa /"victoire"/ comme elle l'a fait il y a quelques jours, et en l'assurant de son entier /"soutien"/ sans la moindre distance critique - à la différence des Etats-Unis -, la France pratique une politique à courte vue. Et cela au nom d'intérêts économiques, de lutte contre le terrorisme et l'immigration clandestine ou de la relance d'une Union pour la Méditerranée moribonde. Un jour viendra où il faudra pourtant rendre des comptes. La France s'apercevra alors qu'elle a perdu l'essentiel de son prestige et de sa crédibilité.

 

par Florence Beaugé (Le Monde)

 

 

Affaire Hannibal Kadhafi : 188 responsables libyens interdits d'entrée en Suisse (article publié le 16 février 2010)

La Suisse interdit à 188 responsables libyens, dont le numéro un libyen Mouammar Kadhafi et sa famille, d'entrer en Suisse, avec en toile de fond la crise diplomatique entre Tripoli et Berne, a rapporté dimanche le journal Oea. "Les autorités de l'entité suisse ont émis une décision interdisant à 188 personnalités libyennes d'entrer sur les territoires de cette entité", a indiqué le journal, très proche de Seif Al-Islam, un des fils du colonel Kadhafi, sur son site internet. Selon Oea, qui cite un "responsable libyen de haut niveau", la liste suisse comprend le colonel Kadhafi et sa famille, des responsables du Congrès général du peuple (Parlement), du gouvernement, ainsi que des "responsables économiques et des dirigeants militaires et des services de sécurité". "Cette décision porterait préjudice aux intérêts de la Suisse en premier lieu", a estimé le responsable libyen. "Si elle n'est pas annulée, (Tripoli) y répondra par des mesures de dissuasion fondées sur le principe de réciprocité", a-t-il encore indiqué. Oea ne précise pas la date d'entrée en vigueur de la décision suisse. Mais la Libye proteste depuis le mois de novembre contre une politique européenne limitant l'octroi de visas Schengen aux Libyens, dénonçant une "solidarité systématique et programmée" avec Berne. Elle a menacé plus récemment de durcir sa politique de visas à l'encontre des Européens. "L'escalade suisse intervient malgré la visite du président suisse l'an dernier ainsi que ses excuses pour les abus subis par le diplomate libyen Hannibal Kadhafi et sa famille dans le canton de Genève", a ajouté le journal. La crise entre Berne et Tripoli avait éclaté après l'interpellation musclée en juillet 2008 à Genève d'un fils de M. Kadhafi, Hannibal, et de son épouse, sur une plainte de deux domestiques accusant leur employeur de mauvais traitements. "L'affaire Hannibal" a envenimé les relations entre Tripoli et Berne qui ont pris des mesures de rétorsion: retrait d'avoirs bancaires des banques suisses et départ des sociétés helvétiques du côté libyen, politique restrictive de visas Schengen envers les ressortissants libyens côté suisse. Citant des observateurs, le journal estime que la décision suisse "sera le facteur principal dans l'échec des efforts régionaux et internationaux pour contenir le conflit et combler le fossé entre les deux pays". Tripoli retient toujours deux ressortissants suisses qu'elle avait accusés de "séjour illégal" et d'"exercice d'activités économiques illégales". L'un d'eux, Rachid Hamdani, a été blanchi la semaine dernière de toutes les accusations mais attend toujours qu'on lui rende son passeport confisqué par les autorités pour pouvoir quitter le pays. Le second Suisse, Max Göldi, a été quant à lui condamné jeudi en appel à quatre mois de prison ferme pour "séjour illégal" et a écopé d'une amende de 800 dollars dans la deuxième affaire. Il n'a pas été toutefois emprisonné et il est toujours réfugié à l'ambassade helvétique à Tripoli comme son compatriote Rachid Hamdani.

 

Source : espace.tunisie.over-blog.com

 

Quand les démocraties européennes s'entêtent à soutenir une dictature mafieuse (article publié le 3 janvier 2011)

Dans les révélations de Wikileaks sur la Tunisie, on lit sous la plume des diplomates américains en poste à Tunis que le régime est « quasi mafieux », la femme du président  détestée et corrompue, que le régime est policier, qu’il n’écoute aucun conseil venu de l’intérieur ou de l’extérieur et que l’appui des gouvernements français, italien et espagnol à ce régime est étonnant.

Pour les démocrates tunisiens, cet appui est surtout particulièrement incongru, incompréhensible, pour ne pas dire scandaleux. Depuis 20 ans, le régime tunisien a essayé de faire croire à deux mensonges. Le premier est celui d’un régime prédémocratique qui engage le pays dans un processus démocratique, certes lent, mais allant de l’avant pour faire de la Tunisie un partenaire digne et respectable de l’Union Européenne. Or, Ben Ali a engagé, au vu et au su de tous, un processus dictatorial qui a vu disparaître inexorablement le peu de libertés et de droits que les tunisiens avaient acquis sous Bourguiba.

Le deuxième mensonge, à savoir le miracle économique, n’est pas moins grossier.  Des statistiques trafiquées, une corruption endémique sévissant au plus haut sommet de l’Etat et impliquant la famille de Ben Ali, une répartition extrêmement inégalitaire de la richesse nationale, l’effondrement de la classe moyenne, le chômage massif parmi les jeunes diplômés, la plongée dans la misère de toutes les régions de l’intérieur du pays : tel est le vrai tableau du soi-disant miracle économique tunisien. Avec les événements qui ont lieu en Tunisie depuis deux semaines, c’est ce dernier mensonge qui s’effondre, laissant le roi nu.

Il est cependant important de souligner que ces manifestations tunisiennes sont spontanées et que les islamistes n’y jouent strictement aucun rôle, contrairement aux fantasmes répandus par le régime et avalés par les occidentaux sur le soi-disant danger islamiste au Maghreb et que les mots d’ordre de ces manifestations ont été et restent des plus laïcs : revendication de dignité, de fin de la corruption, de justice  sociale et de plus de libertés.

Qu’est-ce qui explique que des démocraties occidentales, surtout européennes, appuient un tel régime dont la nature mafieuse et corrompue et l’échec économique sont patents ?

Cinq raisons peuvent être avancées :

  1. le régime s’est présenté comme un rempart contre l’islamisme
  2. il a joué le rôle de supplétif fidèle dans ce que l’Occident appelle « la lutte contre le terrorisme »
  3. il s’est soumis à toutes les règles et à tous les dogmes de la sainte église néolibérale
  4. il entretient avec l’état d’Israël les meilleures relations
  5. il joue un rôle important dans la protection des frontières sud de l’Europe en barrant la route à l’exode de la misère des africains subsahariens.

Il est évident que, dans ces conditions, les libertés et les droits des tunisiens ne pèsent pas lourd dans le choix stratégique des états européens.

Le problème est que ces états, en faisant un tel choix, ne bafouent pas seulement leurs valeurs mais aussi leurs intérêts à moyen et à long terme. Ce sont les dictateurs du genre de Ben Ali qui, par leur corruption et leur brutalité, ont toujours fait et feront encore plus le terreau de l’islamisme le plus radical et seront responsables de l’accroissement du flot migratoire venu du sud de la Méditerranée, dû à la misère économique et à la répression politique.

De toutes façons, les gains à court terme représentés par ce régime vont bientôt prendre fin puisque ce régime lui-même, comme l’ensemble des dictatures arabes, est sur le déclin. Dans le Guardian du 29 décembre 2010, le journaliste britannique Brian Whitaker pose la question : « Ben Ali va-t-il connaître le sort de Ceausescu ? ». Espérons que non, qu’il pourra s’en aller vivre où il voudra, que le sang ne coulera pas et que la transition vers la démocratie se fera de la façon la plus pacifique possible.

Les états européens, qui ont fermé les yeux si longtemps sur les turpitudes de ce régime, vont-ils prendre le train en marche, participer à la réalisation de cette transition pacifique et accepter de travailler avec des hommes politiques qui seront leurs partenaires pour une union méditerranéenne démocratique, pacifique et prospère et non des clients douteux chargés de faire la police des frontières ?

 

Moncef MARZOUKI, médecin, écrivain, opposant tunisien. Auteur avec Vincent GEISSER  de « Dictateurs en sursis », éditions de l’atelier, 2009.

 

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Published by Papy Mouzeot - dans Mensonges et vérités
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commentaires

TourtauxjRacEc4ESTjIcd 28/01/2011 22:38



Les gouvernants menteurs ont du plomp dans l'aile



Papy Mouzeot 28/01/2011 22:49



Les crimes dénoncés sont particulièrement odieux et horribles. On comprend d'autant plus la révolte du peuple tunisien. Ce qui me désole c'est qu'en France la population à une capacité
d'adaptation et de survie à toute épreuve, on n'est pas prêt d'arriver au niveau de conscience qu'ont nos frères de Tunisie.



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