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  • : Le blog satirique du Papy Mouzeot
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Erick Bernard

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22 décembre 2012 6 22 /12 /décembre /2012 18:31

http://img11.hostingpics.net/pics/376807OngietorriAurore.jpgLa solidarité exemplaire
du peuple basque

 

Voila un sourire qu'il fait bon de retrouver. Aurore Martin est sortie ce samedi après-midi de la prison de Soto del Real, près de Madrid, après le versement d'une caution de 15.000 euros et grâce à la solidarité citoyenne.

 


Aurore Martin devrait rentrer chez elle au Pays Basque nord vers minuit et pourra passer les fêtes de Noël en famille

Une collecte de fonds dans deux bars du Pays Basque nord, à Bayonne et à Saint-Jean-Pied-de-Port, a réuni ce samedi matin en moins de deux heures la caution de 15 000 euros. Parmi les 450 personnes qui ont contribué à la caution se trouvaient des élus de tous bords.

 

Comme nous le dit Xarlo Etxezaharreta non sans humour : « Allez on se réjouit, c'est pas une question de pognon, c'est une question de liberté ! »


Aurore Martin avait été arrêtée le 1er novembre en Pays Basque nord, puis remise aux autorités espagnoles en vertu d'un mandat d'arrêt européen (MAE). Son incarcération en Espagne pour des actes qui ne sont pas répréhensibles en France et sous une qualification pénale espagnole a soulevé de nombreuses interrogations et indignations.

 

Le mouvement Bake Bidea, qui vient d'organiser à Bayonne un important forum pour la paix, s'est réjouit à l'annonce de la libération sous caution d'Aurore Martin. « C'est grâce au travail et à la mobilisation importante de la société civile en soutien à Aurore que cette libération a pu se concrétiser » a dit le mouvement dans un communiqué.

« Sa libération est pour nous une très heureuse nouvelle, mais nous dénonçons cette caution qui s'apparente à une rançon de la part de l'Etat espagnol » a réagi Batasuna dans un communiqué, tout en remerciant « toutes les personnes qui se sont mobilisées pour dénoncer l'arrestation et l'incarcération d'Aurore ». Batasuna tient aussi à rappeler qu'« il reste encore 600 prisonniers politiques basques » dans les prisons françaises et espagnoles.

 

http://img11.hostingpics.net/pics/128728jeanfrancoislefort.jpgJean François Lefort

Responsable de Batasuna au Pays Basque nord

 

 

 

 

« Manuel Valls, fortement engagé dans cette peu glorieuse "affaire Aurore Martin", doit aujourd'hui fournir des explications claires et précises sur les conditions de cette arrestation qui a gravement entachée nos valeurs républicaines » a estimé Olivier Dartigolles, porte-parole du PCF.

Les eurodéputés François Alfonsi (Régions et Peuples Solidaires) et José Bové (EELV) ont salué le retour d'Aurore Martin, tout en ajoutant qu'ils resteront mobilisés "pour la construction et la consolidation du processus de paix au Pays Basque" « Aurore Martin est libérée mais la question basque n'est pas réglée » , ont-ils estimé dans un communiqué diffusé ce samedi.

« Si la militante basque va pouvoir rentrer très bientôt près des siens, nous regrettons que sa libération ne soit pas accompagnée sur de l'abandon des poursuites à son encontre »  ont-ils dit. Ils demandent à l'Europe de "réformer le Mandat d'Arrêt Européen, afin que les militants politiques soient protégés des dérives arbitraires nivelant le droits des citoyens européens par le plus bas".

Même son de cloche du côté de la députée PS Colette Capdevielle : "C'est une première victoire ; la vraie victoire sera un non-lieu. Il faut rester vigilant avec le MAE," a-t-elle ajouté au Journal du Pays Basque.

 

 


Sources : Xarlo Etxezaharreta, Marko Trément, eitb.com, le Journal du Pays Basque

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21 décembre 2012 5 21 /12 /décembre /2012 14:01

http://a2.idata.over-blog.com/400x285/4/16/26/23/Album/Aurore-Martin.jpg La fin du monde aurait pu être pire

 

C'est officiel, la nouvelle est tombée à 13 heures sur le compte Twitter du groupe radiophonique Euskal Irratiak :

 

http://img11.hostingpics.net/pics/500010EuskalIrratiak.png

 

L'information a été confirmée par son avocate espagnole Jone Goirizelaia au journal Sud-Ouest puis par Amaia Recarte, l'avocat française d'Aurore, au quotidien Libération.

 

http://img11.hostingpics.net/pics/765578auroremartin.jpgIncarcérée dans la prison madrilène de Soto del Real depuis le 2 novembre dernier, suite à un mandat d'arrêt européen qui avait soulevé une vague d'indignation dans tout le Pays basque mais aussi dans l'hexagone, Aurore Martin sera remise en liberté dès aujourd'hui ou demain au plus tard. La décision décision prise par les magistrats de l’Audiencia Nacional, la plus haute juridiction espagnole, n'a probablement pas été motivée par les multiples manifestations qui se sont déroulées depuis plus d'un mois mais certainement par l'extorsion d'une "caution" de 15 000 euros.

Qu'importe, selon Maître Recarte, Aurore Martin sera remise en liberté dès le paiement de cette "caution" qui allait vraisemblablement être déposée samedi et Aurore pourra enfin retrouver les siens après 51 jours d'isolement injustifiés.

 

« Sa libération est pour nous une très heureuse nouvelle, se réjouit le parti radical basque Batasuna dans un communiqué ce vendredi. Mais nous dénonçons cette caution qui s’apparente à une rançon de la part de l’état espagnol ».

« Aurore a été arrêté par la police française et incarcérée pour son engagement politique. Aurore sort mais il reste encore 600 prisonniers politiques basques éparpillés au 4 coins des prisons françaises et espagnoles », poursuit le communiqué qui conclut : « François Hollande est devant une occasion historique de résoudre le conflit en Pays Basque, nous espèrons qu’il la saisira, et rompra avec la gestion sarkozyste de la situation qui a été la sienne jusqu'à aujourd’hui ».

 

http://img11.hostingpics.net/pics/348485aurorepancarte.jpg

Espérons que cette nouvelle ne gâchera pas les fêtes de Manuel Carlos Valls. Quoi que...

 

 

Monumental Corrida

 

Sans déconner...
Vous y avez vraiment cru ?

Nous avons d'un côté un gouvernement fasciste (devinez lequel) et de l'autre un état avec un descendant du franquisme à la tête du ministère de l'intérieur de la France française. J'ai pas donné de nom !

Comment pourriez-vous considérer, ne serait-ce qu'un instant, que la justice hispano-espagnole accorderait le moindre espoir à Aurore Martin, qui, ne l'oublions pas, est une ressortissante basque et militante de Batasuna de surcroît ?

 

Voyons les choses d'un autre angle... Imaginez-vous à la place de cette bénéficiaire du RSA qui par une mystérieuse bénédiction "aurait" la possiblilité de passer les fêtes de fin d'année dans sa famille en contrepartie d'une somme de 15 000 euros en espèces ?

Je veux bien admettre que les services sociaux français sont pour le moment un peu plus généreux que ceux de leurs voisins hispaniques mais faudrait pas pousser le bouchon un peu trop loin.

Je m'explique, voici le deal...

Primo, Aurore Martin doit réunir la somme de 15 000 euros en espèces sonnantes et trébuchantes avant demain, 22 décembre 14 heures, horaires de fermeture des banques espagnoles.

Je vous rappelle aussi que le 22 décembre 2012 est censé être le jour qui n'apparaît pas sur le calendrier Maya.


Secundo, quel magistrat espagnol, donc par définition anti-basque, serait suffisament "disponible" pour assurer la permanence nécessaire à la mise en liberté d'Aurore Martin avant Noël ?

 

Tercio, la Audencia Nacionale ne se contente pas de racketter Aurore Martin de la somme de 15 000 euros mais elle exige en plus une domiciliation espagnole de sa boîte à lettres afin de recevoir ses futures convocations. La Poste française étant trop conne pour faire suivre le courrier adressé à Aurore Martin jusqu'au Pays basque ! Preuve en est que jusqu'à présent, Aurore n'a reçu que des envelopppes vides à son adresse actuelle sise à la prison del real à Madrid.

 

Quarto, Aurore Martin aura pour obligation de "pointer" chaque début du mois au tribunal le plus proche de son "domicile officiel" en Espagne.

 

Toutefois dans un esprit de solidarité envers nos frères basques, je me permets de vous relayer l'appel en faveur de la libération la plus rapide d'Aurore.

 

Face à la caution/rançon imposée par l'état espagnol, la liberté d'Aurore dépend de chacun de nous.
Pour permettre à Aurore de recouvrer la liberté, il nous faut rassembler la somme de 15 000 euros. Plutôt cette somme sera récoltée plutôt Aurore sera parmis nous. Le temps presse nous avons besoin de l'aide de toutes et tous. Il suffirait que 300 personnes donnent 50 euros.
 
Des points de collectes seront organisés dès demain matin entre 9h et 11h, l'un à Bayonne au Café des Pyrénées et l'autre à St Jean Pied de port au bar Kalaka.

L'Espagne exige la caution en liquide, nous vous serons donc reconnaissant de faire vos dons en espèces.

C'est grâce à la mobilisation de toutes et tous que la possibilité de la libération d'Aurore se dessine. Grâce à la mobilisation de la société nous arriverons à payer sa caution et Aurore sera  parmi les siens.

38 Cordeliers karrika
64100 Baiona
Harremanak/Contacts :
Maite Etcheverry : 06 33 68 68 21
Xabier Susperregi : 06 17 26 03 51


 


 

 

 

Sources : Xarlo Etxezaharreta, Marko, SudOuest.fr, Libération.fr

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29 novembre 2012 4 29 /11 /novembre /2012 22:38

Hollande_Monkey.jpgNon seulement il faut se sortir
les doigts du cul... mais il faudrait aussi
se déboucher les essegourdes !

 

Encore une information passée à la trappe par les grands médias à la botte du pouvoir. Mardi 27 novembre, Pierre Tartakowsky, le président de la Ligue des droits de l'homme, Jone Goirezelaia, l'avocate d'Aurore Martin ainsi que plusieurs élus de gauche dont Olivier Dartigolles (PCF), Olivier Besancenot (NPA), Jérôme Gleizes (EELV) et les députées PS du Pays Basque Colette Capdevielle et Sylviane Alaux, mais aussi d'autres personnalités telles que Stéphane Hessel, Guy Bedos, Souhayr Belhassen (présidente de la FIDH ), Serge Kollwelter (président de l'AEDH) se sont réunis à Paris pour signer une lettre demandant à François Hollande et au gouvernement français d'intervenir auprès de Madrid pour obtenir la remise en liberté d'Aurore Martin et de s'impliquer davantage dans le processus de paix au Pays Basque.

 

 

Au cours de cette réunion, Jone Goirizelaia, l'avocate d'Aurore Martin, a dénoncé les conditions d'isolement de la jeune militante basque. L'avocate nous informe très brièvement sur "les conditions en prison difficiles" d'Aurore Martin qui ne bénéficie que deux heures de sortie par jour.

Selon les informations recueillies par Marko Trément, Aurore est actuellement à l'isolement total. Seuls ses proches et son avocate peuvent la voir. En réalité Aurore n'est autorisée qu'à une seule sortie par jour et il lui est interdit de lire toute la correspondance qui lui est adressée puisque les geôliers ne lui transmettent que des enveloppes vides.

Aucun autre prisonnier basque n'est présent dans cette prison et comme Aurore Martin ne parle que le basque et le français elle est condamnée à un isolement le plus total.

Début novembre, la Ligue des Droits de l'Homme avait adressé une lettre ouverte à François Hollande : "Admettre qu'une ressortissante française puisse faire l'objet de poursuites pénales pour des faits légaux en France, mais réprimés en Espagne, atteste d'une incohérence de l'Etat de droit européen qui porte préjudice à l'idée même de justice".

Pour la LDH, il est temps de donner à cette question une solution autre que judiciaire ou policière. Elle demande au président français d'intervenir auprès du gouvernement espagnol.


http://img11.hostingpics.net/pics/985915AuroreLDH.jpg

 

15 décembre 2012
Premier forum pour la paix organisé
à la faculté de Bayonne

 

PROGRAMME

 

Samedi 15 décembre 2012

Faculté pluridisciplinaire de Bayonne, Amphi 400

09h00 – 09h 30
Accueil des participants et des invités

09h30 – 10h00 : Ouverture
▪          Ouverture du forum par Philippe Zavoli, Doyen de la Faculté pluridisciplinaire de Bayonne
▪          Présentation du Forum pour la Paix et des différentes manifestations par Bake Bidea et Lokarri
 
10h00 – 11 h00 : Rapports introductifs
▪          Brian Currin, International Contact Group
▪          Jean-Pierre Massias, Université de Pau et des Pays de l’Adour

 
11h – 13 h : Séance 1 : « Le "moment" d’Aiete »
Modérateur : Florence Sturm, journaliste à France Culture

Table ronde :
Ont d’ores et déjà confirmé leur participation :
▪          Brian Currin
▪          Kotte Escenarro, participant à la Conférence d’Aiete, Vice-Président du Conseil Général des Pyrénées-Atlantiques
▪          Jean-René Etchegaray, participant à la Conférence d’Aiete, premier adjoint au maire de Bayonne
▪          Jean-Pierre Massias, Université de Pau et des Pays de l’Adour
▪          Paul Rios, Lokarri

13h 15 – 14h25 : Déjeuner

14h30 – 16h30 : Séance 2 : « Les principes de la déclaration d’Aiete »
Modérateur : Robert Holloway, journaliste et directeur de la Fondation AFP

Table ronde :
Ont d’ores et déjà confirmé leur participation :
▪          Pierre Hazan, Maître de conférences à Sciences Po Paris
▪          Andy Carl, Directeur général de Conciliation Resources
▪          Docteur Hans-Joachim Giessmann, Directeur général de la Fondation Berghof

16h30 – 17h : Pause

17h00 – 19h30 : Séance 3 : « Aiete, la France et le processus de paix »

Modérateurs : Patrick Pépin et Daniel Ruiz, journalistes

Table ronde :
Ont d’ores et déjà confirmé leur participation :
▪          Jakes Bortayrou, participant à Conférence d’Aiete, Abertzaleen Batasuna
▪          Max Brisson, participant à Conférence d’Aiete, premier adjoint au maire de Biarritz et conseiller général
▪          Frédérique Espagnac, participante à la Conférence d’Aiete, sénatrice
▪          Michel Larralde, Secrétaire général de la CFDT Pays Basque
▪          Jean-Jacques Lasserre, participant à Conférence d’Aiete, sénateur et président du conseil des élus
▪          Xabi Larralde, Batasuna

20h00-21h00 : Clôture
▪          Un représentant du mouvement Bake Bidea
▪          Michel Tubiana, Ligue des droits de l’Homme

Suite du programme : Année 2013

Parce que ces thèmes ne sont que les prémices d’une longue réflexion à mener, et en continuité du forum, Bake Bidea, la Faculté de Bayonne et Lokarri proposeront d’étendre et d’approfondir les réflexions avec l’ensemble de la population et des acteurs sociaux-politiques du Pays Basque nord par la mise en place d’un cycle de débats permanent en 2013, autour des thèmes suivants :

Le processus de paix et la violence politique
Prisonniers, lois d’exception, amnistie, restitution des armes

Le processus de paix et la société
ONG et médias

Le processus de paix et la recomposition de l’espace public
Territoire et autodétermination

Le processus de paix et la mémoire
Justice transitionnelle, vérité et réconciliation

Conférence de clôture

 

Présentation Forum Pour La Paix de Bayonne

 

 

http://img4.hostingpics.net/pics/577108bakebidea.jpgPour plus d'informations : www.bakebidea.com

 

 

 

http://idata.over-blog.com/4/16/26/23/Pics/Aurore_Askatu.png

SIGNEZ LA PÉTITION
LIBERTÉ POUR AURORE MARTIN

 


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22 novembre 2012 4 22 /11 /novembre /2012 15:58

http://img15.hostingpics.net/pics/421425AuroreXarlo.jpg« Tout ça pour rien »

 

 

Voici le témoignage, d'une victime de la répression franquiste qui sévit au Pays basque depuis de nombreuses années. Son parcours est assez similaire à celui qu'Aurore Martin est en train de subir.

Pour des faits similaires à ceux reprochés à Aurore Martin, Xarlo Etxezaharreta a passé six mois en prison. Il a été blanchi après huit ans de procédure.

 

http://img15.hostingpics.net/pics/691390Xarlo6.jpgXarlo Etxezaharreta, très inquiet du sort d'Aurore Martin
Photo © Jean-Daniel Chopin

 

C'était il y a neuf ans. Bien avant que l'interpellation et l'extradition vers l'Espagne d'Aurore Martin ne soulèvent une vague de colère et d'indignation, dépassant le microcosme basque. À l'époque, cet homme au béret noir avait, lui aussi, défrayé la chronique. Malgré lui.

Du fait de son militantisme politique au sein de l'association Udalbiltza - regroupant des élus municipaux de nationalités espagnole et française, siégeant de part et d'autre de la Bidassoa - Xarlo Etxezaharreta, un ancien conseiller municipal d'Hasparren, a risqué jusqu'à quinze années de prison.


Rencontré au petit matin, dans un café de son village, l'abertzale de gauche au regard franc se souvient : « J'ai passé six mois enfermés dans une cellule près de Madrid, pour rien. Sans même être interrogé une seule fois. Mais que vouliez-vous qu'on me demande ? Ils n'avaient rien à me reprocher ».

http://img15.hostingpics.net/pics/152037Xarlo2.jpgIndépendantiste convaincu, Xarlo Etxezaharreta n'a alors commis aucun délit. « Notre travail au sein d'Udalbiltza était strictement politique. Il n'y avait rien de secret, rien de clandestin ». Néanmoins, en 2003, l'Audiencia nacional espagnole l'accuse d'appartenir à ETA. Au total, une vingtaine de membres de cette association d'élus seront ainsi mis en examen. Les faits incriminés sont similaires à ceux reprochés, aujourd'hui, à la militante de Batasuna, Aurore Martin.

Un effroyable engrenage

Cramponné à son paquet de brunes, l'ancien élu âgé aujourd'hui de 71 ans, décrit un effroyable engrenage judiciaire. Arrêté en septembre 2003, alors qu'il participe aux Journées internationalistes d'Abadiño, en Biscaye, l'Haspandar est immédiatement transféré à Madrid. « Ma comparution devant le juge Baltazar Garzon a duré cinq minutes. Puis, on m'a envoyé pour une durée indéterminée à Soto del Real ». Ce même centre pénitentiaire de la banlieue de Madrid, où est actuellement détenue Aurore Martin.

Pendant les six mois de sa détention provisoire, le grand-père, doté d'une force de caractère certaine, est "encadré" par les autres militants incarcérés. « Quand on débarque dans l'univers carcéral, tout paraît compliqué. Cela doit être terrible de se retrouver isolé. Vous savez si Aurore parle espagnol ? » La mine grave, Xarlo s'inquiète.

L'ex-conseiller municipal est remis en liberté en avril 2004. Contre paiement d'une caution de 60 000 euros, récoltée en quelques heures grâce à un impressionnant mouvement de solidarité. « Et si l'histoire s'était arrêtée là, je n'aurais sans doute pas autant de rancœur ». Durant des années, il sera tenu de "pointer" tous les quinze jours dans un commissariat d'Irun. « Jusqu'au jour où j'ai décidé de ne plus me prêter au contrôle judiciaire et d'attendre le procès ».

Jugement fixé en 2010, mais pour lequel il ne recevra jamais d'assignation. « Ma convocation s'était, semble-t-il, perdue entre Madrid et Hasparren ». Xarlo Etxezaharreta et ses proches vivent alors dans l'angoisse quotidienne d'une nouvelle remise aux autorités espagnoles. À juste titre. Plus tard, ils apprendront que l'ombre d'un Mandat d'arrêt européen a longtemps plané au-dessus du béret de Xarlo.

Finalement, début 2011, après huit années de procédure, l'Audiencia nacional annonce la fin des poursuites à l'encontre des élus d'Udalbiltza. Et il y a quelques semaines, la banque lui a restitué l'intégralité de sa caution. Aujourd'hui, il la redistribue. « La justice espagnole ressemble à une grande loterie. Et nous, nous avons eu beaucoup de chance en tirant le gros lot ! Mais certains ont perdu leur travail, leur magasin, l'hypothèque de leur maison. Tout ça pour rien ». Le militant fulmine. « J'espère qu'Aurore bénéficiera d'un non-lieu et que ce mauvais rêve finira au plus vite ».

 

 

 

Source : Pantxika Delobel pour Sud-Ouest.fr

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15 novembre 2012 4 15 /11 /novembre /2012 03:08

http://img15.hostingpics.net/pics/356739georgesmoustakibyhemam.pngSans la nommer

 

Comme à son habitude, Georges Moustaki est encore le premier artiste à s'engager publiquement contre l'injustice dont est victime Aurore Martin. L'artiste est sorti de son silence pour s'exprimer dans les colonnes du Huffington Post :

 

Le cas Aurore Martin a été brièvement évoqué hier à la conférence de presse de François Hollande à l'Élysée. De la manière la plus sèchement bureaucratique.

Quand j'ai appris la nouvelle de l'extradition expéditive d'Aurore Martin, je réfrénais un "salaud!" à l'adresse du ministre de l'Intérieur, sachant que le sort d'Aurore était déjà plié. J'attendais cependant une réaction un peu plus vive de la part des gens de gauche. Mais il n'en est rien.

Valls-Pilate s'est débarrassé de la gêneuse en grande hâte. Et tout est rentré dans l'ordre. La majorité est-elle devenue silencieuse ?

Résumons, l'affaire a été traitée à la va-vite et la réaction a été quasi nulle.

Je n'ai pas de motivations personnelles pour en reparler, nonobstant une empathie pour ceux qu'on livre à la "justice" espagnole que j'avais combattu au temps du franquisme.

Je dois avouer être aussi très choqué qu'un Catalan socialiste n'aie pas la mémoire du traitement infligé naguère aux prisonniers politiques dans son pays d'origine. Et par la "naïveté" des propos de Hollande qui prétendait qu'on pourrait lui restituer Aurore après examen du dossier.

 


L'ambassadeur d'Espagne Manuel Carlos Valls fait les frais du dernier des poètes révolutionnaires encore en vie et ceci pour notre plus grand bonheur.

 

 

 

 

 

Sources : Georges Moustaki sur Huffington Post

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14 novembre 2012 3 14 /11 /novembre /2012 12:31

Hollande_V.jpg"... l'Espagne est une démocratie
et j'ai confiance dans sa justice !"

 

Devant un parterre de 400 journalistes seul Mathieu Magnaudeix (Mediapart) a eu l'audace d'interpeller le chef de l'État sur la question de l'affaire Aurore Martin.

Seulement trois petites questions adressées par ce journaliste en ce qui concerne un dossier brûlant qui frise l'incident diplomatique et qui a réuni 15 000 personnes samedi dernier à Bayonne. Serait-ce un sujet tabou ?

 

« Estimez-vous que son arrestation près de Mauléon le 1er novembre était fortuite ? »

« Avez-vous valider personnellement cette extradition ? »

« Ensuite, en juillet 2011, après l'échec de l'arrestation d'Aurore Martin, vous jugiez sur France Bleu, je crois, qu'il y avait un principe de clémence à respecter. Est-ce que vous avez changez d'avis ? »

 

Réponse du Président de la République Française :

« Je vous remercie pour votre question... », ce qui signifie en clair, « j'apprécie combien vous m'emmerdez avec votre question »  (pour ceusse qui ne comprennent pas la langue de bois).

 

 

En infirmant être intervenu personnellement dans l'arrestation et l'extradition d'Aurore Martin, le chef de l'État fait corps avec son ministre de l'Intérieur, pourtant confondu par les parents de la militante basque (ci-dessous). La position du Président de la République est sans équivoque : il n'interviendra pas en faveur de la libération d'Aurore Martin et n'a aucune intention d'être à l'écoute des 15 000 voix qui se sont unies massivement samedi dernier contre lui et son gouvernent. Il va même jusqu'à manifester sa "pleine confiance" dans la justice espagnole !

 

"Il y a le mandat d'arrêt européen qui est considéré comme un grand progrès. A aucun moment je n'ai donné la moindre consigne pour qu'Aurore Martin puisse être contrôlée où que ce soit et par qui que ce soit (...). Cette arrestation a conduit la gendarmerie à présenter Aurore Martin devant le parquet général. C'est automatique. A aucun moment un membre du gouvernement, ou le Premier ministre, ou le président de la République, à aucun moment nous n'avons été interpellés pour dire quoi que ce soit au nom de la France"

 

 

François Hollande
Le 13 novembre 2012

 

http://img15.hostingpics.net/pics/426294Valls.jpg

 

Bien entendu la famille et les proches d'Aurore Martin ne croient pas un traitre mot de ce qui est répété sans cesse, à savoir "un contrôle fortuit" et va plus loin dans la dénonciation des mensonges de Manuel Carlos Valls dans un communiqué paru ce jour sur Kazeta.info .

 

Les 3 mensonges de Manuel Carlos Valls

 

1er mensonge de Manuel Valls :
Interview dans le Parisien le lundi 5 novembre


Manuel Valls dans cet entretien affirme qu’Aurore vit dans la clandestinité. Faux.
Aurore ne vit pas dans la clandestinité, nous en voulons pour preuve les documents administratifs et attestations suivants (vous les trouverez en annexe) :


- Attestation de la Mairie de Mauléon, participation aux deux dernières élections et
demande de Carte Nationale d’Identité – annexe 1

 
- Sa carte grise – annexe 2


- Attestation pole emploi – annexe 3

 
- Demande et acceptation RSA – annexe 4



2ème mensonge de Manuel Valls :
Aurore n’était pas recherchée, malgré le fait qu’elle ait
épuisé tous les recours possibles.


Elle est revenue à la vie publique lors d’un meeting en son soutien le 18 juin 2011 à Biarritz
devant 2000 personnes dont de nombreus élus de tous bords.

En dehors du fait qu’elle se rendait tous les jours au local de Batasuna à Bayonne, Aurore avait une vie sociale et familiale entre Mauléon-Licharre (canton deMauléon), lieu de résidence de ses parents, St Michel (canton de St Jean Pied de Port), son lieu de résidence et Hasparren (canton d’Hasparren) le lieu de résidence de son compagnon.

Ces 3 lieux de vie d’Aurore sont reliés par 93 km de routes départementales, Mauléon-Licharre / St Michel 42km et Mauléon-Licharre / Hasparren 51 km.

Ces deux axes traversent 5 cantons du Pays Basque, les cantons de Mauléon-Licharre, StPalais, Hasparren, Iholdy et St Jean Pied de Port, sont peuplés d’un peu moins de 40 000 habitants.

Sur ces 5 cantons il existe un total de 6 gendarmeries pour un bassin de vie de moins de 40000
habitants, soit une gendarmrie pour 6600 habitants.

Tenant compte de ces éléments ne croyons pas qu’Aurore ait pu vivre normalement durant 18
mois sur ce bassin de vie sans que la Gendarmerie ne sache ou la trouver ou puisse la contrôler.

De plus, nous savons qu’un accord tacite existait pour qu’Aurore ne soit pas inquietée. Nous
en voulons pour preuve les élements suivants :

- les déclations réalisées par François Fillon au micro de France Bleu Béarn, citée par le
journal Sud Ouest du lundi 5 novembre : "Sur le plan juridique, cette décision n’est pas discutable, la seule chose c’est que mon gouvernement n’avait pas pris cette décision, voila, non mais on n’avait pas pris cette décision parcequ’on estimait qu’elle n’était pas nécessaire. Je vois que Monsieur Valls l’a prise."


- L’article du Canard Enchainé du mercredi 7 novembre qui dit que du temps de Brice Hortefeux, des pandores avaient avoué au Palmipède : “Si on la croise, on regarde en l’air".

Nous en concluons qu’il a existé une décision politique, qui a stoppé l’application du MAE et qui a permis à Aurore de vivre en toute tranquilité ces derniers mois, et donc pour changer cette situation il a fallu une décision politique contraire qui a abouti à son arrestation.



3ème mensonge de Manuels Valls :
Aurore Martin arrêté lors d’un contrôle fortuit


Aurore Martin n’a pas été arrêtée lors d’un contrôle fortuit. Au vu des éléments obtenus par
les témoignages que nous avons reçu et les informations parues dans la presse nous remettons
en cause la version de Manuel Valls. Trop de zones d’ombres existent autour de ce contrôle
pour pourvoir affirmer que c’est un controle fortuit. Nous pensons que ce contrôle a été mis
en place pour arrêter Aurore.

Nous tenons à remercier toutes les personnes qui sont entrées en contact avec nous pour apporter leur témoignage.

Nous avons reçu 10 témoignages dont 8 personnes prêtes à témoigner publiquement si cela est nécessaire. Nous tenons à notre disposition leurs témoignages ainsi que leurs contacts.

Cette journée du premier novembre a été très pluvieuse, typique de la Toussaint.

Au départ de chez ses parents elle peut prendre deux itinéraires :


- Le premier vers son domicile, axe Mauléon – Saint Jean Pied de Port, 42km, elle
habite à St Michel.


- Le second vers le domicile de son compagnon – axe Mauléon – Hasparren, 51km, son
compagnon habite à Hasparren.

Sur les chemins qu’Aurore aurait pu emprunter ce jour là nous avons dénombré 4 contrôles de
gendarmerie sur le même créneau horaire :

- 2 sur la commune de Charrite de Bas (axe Mauléon – Hasparren), deux contrôles de
vitesse avec pour chaque contrôle un véhicule de gendarmerie.


- 1 sur la commune de Bonloc (axe Mauléon – Hasparren), un véhicule de gendarmerie.


- 1 sur le rond point de Gareindin, c’est lors de ce contrôle qu’Aurore a été arrêtée, nous
avons reçu 8 témoignages concernant ce contrôle.

Vous trouverez à la page suivante une chronologie fondée sur les 8 témoignages du rond point
de Gareindin et qui retrace le déroulement de la journée du 1er novembre, jour de l’arrestation
d’Aurore.

En nous basant sur ces témoignages voici les zones d’ombre et interrogations que nous
mettons en avant :


- Une agitation anormale a été détectée à la gendarmerie de Mauléon-Licharre dans la matinée précédent l’arrestation d'Aurore. Une agitation pas nécessaire quelques heures avant la mise en place d’un contrôle lié à la sécurité routière.


- Les 4 routes qui mènent à ce rond point étaient prises, impossible de passer au travers d’un tel dispositif. 4 véhicules, 1 voiture et 3 trafic, étaient présents sur les lieux, et une présence entre 7 et 12 gendarmes. Un très lourd dispositif pour un simple contrôle de sécurité routière.


- Tous les vehicules ont été arrêtés et controlés, pas un vehicule n’est passé au travers. Certains ont subi un controle alcotest et d’autres non. Les papiers d’identité n’ont pas été demandé, ce qui est logique pour un controle d’alcoolémie. Une défaut d’assurance a été constaté (vignette) mais pas santionnée, la personne est repartie immédiatement, si ce controle avait été fait pour la sécurité routière on peut supposer qu’une infraction à l’assurance aurait été au moins sanctionnée par une amende.

- Une fois Aurore arrêtée, après 16h, dans un premier temps les voitures qui passent par là ne sont plus contrôlées et dans un second temps l’ensemble du dispositif est levé, vers 16h20. Une fois Aurore arrêtée le contrôle n’avait plus de raison d’être.

A ces témoignages il nous faut rajouter un autre élément troublant. Une information révélée par le quotidien Sud Ouest en date du 7 novembre 2012 titré "pourquoi tant de gendarmes dans le coin". Cet article affirme que le nombre élevé de gendarme présents
est lié à une opération anti-drogue et non un contrôle de sécurité routière. Information ni confirmée ni infirmée par le procureur de Pau.


http://img15.hostingpics.net/pics/886487Brisson.jpgLe conseiller général de Biarritz et secrétaire départemental UMP, Max Brisson, estime lui aussi que François Hollande était bien au courant de l'arrestation, comme l'avaient confirmé Mediapart et le député MoDem Jean Lassalle et de rajouter «  En plus, personne au Pays Basque ne croit le président ! ». Max Brisson ajoute encore dans un communiqué  « Depuis quelques semaines le gouvernement socialiste sur les dossiers du Pays Basque renie sa parole, fait preuve de brutalité, met de l'huile sur le feu, pratique la provocation et favorise un jeu trouble qui balaie le travail des élus et de la société civile en faveur de l'apaisement et du vivre ensemble ».

 

La Ligue des Droits de l'Homme avait quant à elle exprimée son désaccord au travers d'une lettre ouverte à François Hollande : "Admettre qu’une ressortissante française puisse faire l’objet de poursuites pénales pour des faits légaux en France, mais réprimés en Espagne, atteste d'une incohérence de l'Etat de droit européen qui porte préjudice à l’idée même de justice."

 

http://img15.hostingpics.net/pics/414428Vshocktrooper.jpgLes conclusions de la famille et des proches viennent s'ajouter aux révélations faites la semaine dernière par le site d'information Mediapart (lire : Affaire Aurore Martin : le premier HollandeGate ?).

Selon les informations communiquées par la famille et les proches d'Aurore Martin nous en arrivons à la conclusion évidente que Manuel Carlos Valls ainsi que le gouvernement socialiste, dont la Garde des Sceaux en personne, mais surtout François Hollande ont menti dans cette affaire.

 

Une question légitime réside désormais : quel crédit accorder à ce gouvernement socialiste ?

 

http://img15.hostingpics.net/pics/659627HollandeChangement.jpg

 

Ze Papy Mouzeot

 

 

 

Sources : Xarlo Etchezaharreta, eitb.com, Kazeta.info, Marko Trément

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11 novembre 2012 7 11 /11 /novembre /2012 22:00

http://img.over-blog.com/400x285/4/16/26/23/Album/Aurore-Martin.jpg
AURORE ASKATU !

 

A l'initiave du NPA 34 se déroulera demain à Montpellier une nouvelle manifestation de soutien envers Aurore Martin, militante de Batasuna, vendue aux autorités espagnoles par le gouvernement "socialiste" français.

 

http://4.bp.blogspot.com/-hAQNV2sUdKw/UJzZDbg5urI/AAAAAAAAMl8/Pvhu2vzYMhI/s1600/09+11+12+NPA+34+A+Martin+2.jpg

RENDEZ-VOUS PLACE DE LA COMÉDIE
À 18H30

 

Vu sur le blog de NPA34

Pour tout renseignement complémentaire : infosnpa34@orange.fr

 

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10 novembre 2012 6 10 /11 /novembre /2012 18:50

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“etxean nahi ditugu”

 

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 Photo © Jean-Daniel Chopin

Le soleil n'était peut-être pas au rendez-vous de la marche pacifiste qui s'est déroulée aujourd'hui à Bayonne mais il était dans le cœur des milliers de personnes venues de tous les horizons, du Pays Basque (Nord et sud), de Bretagne, de la Corse et de l'hexagone, dépassant de loin tous les espoirs de Gabi Mouesca (Herrira) pour cette manifestation prévue de longue date qui a obtenue un immense succès. Entre 10 000 et 15 000 participants, (3 000 selon certains organes de presse) puis finalement la police reconnaîtra en fin de journée le chiffre de 14 500 personnes, bien au-delà des 7 000 manifestants qui s'étaient rassemblés lors de la précédente édition du 12 mars 2000 dans la même ville de Bayonne.

 

http://img15.hostingpics.net/pics/520922Bayonne13.jpg

Jamais la question des prisonniers
basques et du processus de paix
n'ont provoqué pareil mouvement
de solidarité

 

http://img15.hostingpics.net/pics/181965Bayonne06.jpgLe cortège en faveur des prisonniers basques, des exilés et du processus de paix est parti vers 15h30, Place des Basques sous une pluie battante, avec à sa tête les familles de prisonniers arborant des portaits des prisonniers basques dont bien évidemment celui d'Aurore Martin, incarcérée depuis 10 jours suite à la trahison du gouvernement "socialiste", faisant la joie du ministre de l'Intérieur franco-espagnol (selon le quotidien El Pais). Derrière suivaient quelques Joaldun qui précédaient le reste de l'impressionnante foule qui constituait ce cortège œucuménique. Parmi eux quelques élus et personnalités politiques dont l'adjointe au maire de Bayonne Martine Bisauta (EELV), Philippe Poutou (NPA), les députés socialistes Colette Capdevielle et Sylviane Alaux, la sénatrice socialiste Frédérique Despagnac, Olivier Dartigolles (porte-parole du PCF des Pyrénées-Atlantiques), Peio Etcheverry Ainchart (porte parole d'Abertzaleen Batasuna), Xabi Larralde et Nagore Garcia (actuelle porte-parole de Batasuna), Kotte Ecenarro et Alain Iriart (conseillers généraux), Alice Leiciagueçahar (EELV), Émilie Martin (la sœur d'Aurore) ainsi que des élus et citoyens du Pays Basque sud (environ 8 000), une délégation corse, des occitans et des bretons.


http://img15.hostingpics.net/pics/675371Bayonne05.jpg« Nous demandons à la France et à l'Espagne de respecter la simple application du droit qui est de rapprocher les prisonniers de leurs familles et de libérer les malades ou conditionnables »
Gabi Mouesca (Herrira)


http://img15.hostingpics.net/pics/214980Bayonne12.jpg

 

La manifestation très bien organisée et bien encadrée rejoindra le Petit Bayonne via Saint Léon pour se conclure Place Saint-André.

Outre l'origine de l'appel à cette manifestation par Herrira pour le rapprochement des quelques 620 prisonniers répartis dans les prisons espagnoles mais aussi françaises, l'organisation demande des "mesures d’urgence" en matière de politique pénitentiaire.

Celles-ci sont les suivantes :
La libération des prisonniers malades, celle des prisonniers ayant accompli les 2/3 ou les 3/4 de leurs peines dans l’Etat espagnol, ceux à qui toujours de l’autre côté des Pyrénées, a été appliquée la doctrine 197/2006 (alias doctrine “Parot”) et ceux qui dans l’Etat français seraient en droit d’obtenir une libération conditionnelle.
Parmi ces derniers trois citoyens du Pays Basque nord condamnés à perpétuité et incarcérés depuis près de 23 ans : Txistor Haranburu, Jakes Esnal et Jon Kepa Parot. Ce dernier s’est déjà vu rejeter trois fois sa demande de liberté alors que les arguments utilisés portaient simplement sur le fait qu’il parle basque ou lise des revues abertzale telles qu’Enbata.

Selon Herrira, 624 prisonniers basques sont incarcérés, dont 4 ailleurs qu'en France ou en Espagne, les 137 prisonniers en France sont dispersés dans 32 prisons, en moyenne à 808 km du Pays basque et les 483 prisonniers en Espagne sont dispersés dans 47 prisons et se trouvent en moyenne à 632 kms du Pays basque. Il y aurait aujourd’hui 14 prisonniers gravement malades ou souffrant de maladies incurables (cancer, diabète sévères, problèmes cardiaques, etc...), sans compter tous ceux qui ont de graves problèmes psychologiques.
Toujours selon Herrira, 67 détenus se voient appliquer la doctrine 197/2006. Celle-ci est une nouvelle jurisprudence qui en faisant un décompte différent des remises de peine que celui en vigueur au moment de leur condamnation permet de les maintenir en détention jusqu’à plus de dix ans supplémentaires. Parmi eux au moins 32 auraient déjà dû être libérés.

 

En tout il serait donc possible de libérer aujourd’hui 186 prisonniers soit près d’un tiers d’entre eux.

 

 

Laura Mintegi, élue du groupe de la gauche indépendantiste basque Euskal Herri Bildu, a annoncé pour sa part "sa solidarité avec tous les prisonniers et particulièrement Aurore Martin" : « Nous demandons la libération des prisonniers malades" mais aussi "d'en finir avec la dispersion" des prisonniers basques ». Elle a également souhaité « que les Etats français et espagnol se mettent au service de la feuille de route d'Aiete »  (conférence internationale qui s'est déroulée en octobre 2011 à Saint Sebastien )  proposant une résolution du conflit basque tout en soulignant une « grande diversité des opinions parmi les gens présents à la manifestation » affirmant aussi la solidarité de son mouvement avec tous les prisonniers et en particulier Aurore Martin.

 

http://img15.hostingpics.net/pics/292780Bayonne02.jpg

Photo © Jean-Daniel Chopin


La député socialiste Colette Capdevielle qui s'affichait derrière la banderole "respect des droits des prisonniers politiques basques" déclarait à son tour que "la question du sort des prisonniers basques est un élément clé de la résolution du conflit". Interrogée sur les propos Manuel Carlos Valls qui réfute la notion de conflit basque, la député a affirmé que  « le rôle des parlementaires est d'exercer un contrôle sur l'executif » puis d'ajouter que «  les manifestants étaient là "pour lui montrer l'inverse » .

Martine Bisauta, adjointe au maire de Bayonne (EELV) s'est pour sa part dite "ébahie" par les propos de Manuel Carlos Valls : « Ou bien c'est du cynisme, ou bien c'est de l'ignorance mais dans les deux cas, c'est grave »  alors que Peio Etcheverry Ainchart, porte parole d'Abertzaleen Batasuna, estimait pour sa part que :  « Tant que le gouvernement français aura la même attitude et tant qu'Aurore Martin sera emprisonnée, Jean Marc Ayrault recevra à Bayonne le même accueil que Sarközy ». 

 

http://img15.hostingpics.net/pics/534991Bayonne04.jpgPhoto © Jean-Daniel Chopin

Nagore Garcia, porte-parole de Batasuna, a appelé à "continuer à mettre la pression sur Paris et Madrid" en souhaitant que soient "respectés les droits des prisonniers politiques basques".

Quant à Gabi Mouesca, ancien président de l'Observatoire international des prisons et organisateur de cette manifestation à Bayonne, il soulignait l'implication inéluctable du ministre franco-espagnol de l'Intérieur :  « Les récentes déclarations du ministre de l'Intérieur Manuel Valls qui tiennent de l'irresponsabilité la plus dramatique, ainsi que les derniers développements de l'affaire Aurore Martin ont contribué à l'évidence à une prise de conscience du déficit démocratique touchant le Pays Basque » rappelant aussi : « Nous demandons à la France et à l'Espagne de respecter la simple application du droit qui est de rapprocher les prisonniers de leurs familles et de libérer les malades ou conditionnables ».


http://img15.hostingpics.net/pics/535831Bayonne11.jpgEmilie Martin, la sœur d'Aurore

 

Emilie Martin, sœur d'Aurore Martin et membre de Herrira, a quant à elle rappelé que les revendications d'Herrira, concernant le rapprochement des prisonniers basques au Pays Basque « ne sont que des demandes liées à la simple application du droit actuel [...] Nous ne demandons à l'Etat français et espagnol que de respecter leur propres lois ! » n'oubliant pas de réclamer la libération immédiate de sa sœur. « Cette manifestation, elle a déjà été énorme. Il n'y a jamais eu une aussi grande manifestation à Bayonne [...] Par rapport à l'arrestation d'Aurore il y a une semaine, cette manifestation a pris une dimension médiatique qu'on espérait pas ».

 

J'ajouterais en conclusion que le Président de la République et son gouvernement "socialiste" sont maintenant dans l'impossibilité de continuer à ignorer les nombreuses revendications qui ont été exposées à Bayonne. Ce gouvernement "socialiste" se trouve désormais dans une impasse. S'il persiste dans son mutisme et n'agit pas en conséquence des voix qui se sont élevées à Bayonne, en refusant notamment de porter secours aux ressortissants français détenus en Espagne, il prouvera implicitement l'indépendance du Pays Basque livré à lui-même... et aux mains des autorités espagnoles.

Quand un gouvernement est capable de faire preuve d'ingérance dans un pays tel que la Syrie il doit d'abord être en mesure de protéger ses propres citoyens sur son sol !

 

 


Replongez dans l'ambiance basque de samedi 10 novembre à Bayonne
 

 

http://img15.hostingpics.net/pics/304287Bayonne03.jpgPhoto © Jean-Daniel Chopin

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Photo © Jean-Daniel Chopin

 

 

PROCHAIN RENDEZ-VOUS
LE 12 JANVIER 2013 À BILBAO 

 

 

 

 

Sources : Xarlo Etchezaharreta, Le JPB, Sud Ouest, eitb.com, le berger des images

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9 novembre 2012 5 09 /11 /novembre /2012 14:03

http://img.over-blog.com/400x285/4/16/26/23/Album/Aurore-Martin.jpg

"Le temps des petits calculs politiciens
où les marchandages entre États
ou la faveur du Prince
commandaient la justice est dépassé"
Henri Labayle, maire adjoint de Bayonne

 

Henri Labayle, maire adjoint de Bayonne, professeur des facultés de Droit mais aussi un des plus grands spécialistes en Europe en droit communautaire s'est exprimé ce matin dans les colonnes de Sud Ouest. Son expérience et son regard l'affaire Aurore Martin en tant qu'expert sur les questions de sécurité intérieure nous amènent à sa conclusion logique : notre système judiciaire est archaïque.

Le Mandat d'Arrêt Européen tel qu'il est utilisé actuellement a déjà reçu énormément de critiques, qui se justifient dans le cas de l'arrestation d'Aurore mais aussi pour d'autres militants qu'ils soient basques ou non à la différence que les autres sont restés dans l'anonymat le plus complet.

 

http://img4.hostingpics.net/pics/122853Labayle.jpgHenri Labayle, maire adjoint de Bayonne - Photo © Jean-Daniel Chopin

 

 

L'interview de Henri Labayle publié dans Sud Ouest qui met en exergue les défailles du MAE

 

Pourquoi avoir créé le MAE alors qu'existaient des procédures d'extradition ? (Sud Ouest)
L'inefficacité des procédures d'extradition l'exigeait, dans un espace européen ouvert à la libre circulation des activités et des personnes. Songez-y : dix ans pour que la justice britannique livre à la France l'un des coupables de l'attentat du métro Saint-Michel à Paris et quelques jours pour un MAE renvoyant d'Italie un responsable des attentats du métro de Londres… Il fallait simplifier la remise des délinquants à l'État européen qui les recherche en développant la confiance mutuelle. Privilégier une procédure de « juge à juge » écartant les autorités politiques était tout aussi nécessaire, ne serait-ce que pour ne plus subir le spectacle de ces auteurs d'attentats repartant au Proche-Orient dans des conditions mystérieuses.

Comment le MAE justifie-t-il qu'un ressortissant d'un pays, remis à un autre État, puisse y être condamné, alors que ce même délit ne peut lui être reproché dans son pays d'origine ?
L'affaire Aurore Martin, est "extra-ordinaire" au sens premier du terme. Restons-en à une explication technique pour éviter les présentations biaisées qui fleurissent.
Aurore Martin est poursuivie en Espagne pour sa participation sur le territoire espagnol, à une organisation illégale qualifiée de terroriste, le parti Batasuna, dont elle est membre du bureau politique. Cette infraction relève de l'article 695-23 du Code de procédure pénale français, punissable dans notre droit.
Cela fonde le MAE pour le juge français : il y a poursuite pour des faits commis en Espagne contraires au droit français et au droit espagnol, lesquels appliquent d'ailleurs la décision-cadre de l'Union de 2002 sur la lutte contre le terrorisme.

D'où vient l'imbroglio ?
– Il naît de la situation sans équivalent de Batasuna, parti politique "transfrontalier" par nature. Côté français, ce parti a une activité légale et l'action d'Aurore Martin en France l'est aussi. La cour d'appel de Pau comme la Cour de cassation ont donc rejeté justement les prétentions du juge espagnol à intégrer ces activités dans le MAE. Côté espagnol, en revanche, Batasuna est interdit car il est qualifié de soutien à une organisation terroriste, ETA.
Le Tribunal constitutionnel espagnol, comme la Cour européenne des droits de l'Homme en 2009, ont validé cette interdiction, la plus grave qui soit dans une démocratie. Participer aux activités de Batasuna en Espagne relève donc de la participation à une organisation terroriste.
Si l'on considère qu'il y a là deux activités distinctes parce qu'il y a deux partis différents, le raisonnement juridique du MAE tient. Aurore Martin a adopté en connaissance de cause, en Espagne, des comportements interdits par le droit espagnol et sa remise est légale, le droit français interdisant la participation à une organisation terroriste. Cela ne concerne en rien son action en France.
Si l'on considère qu'il n'y a qu'un seul et même parti politique, légal ici et interdit là, les choses sont un peu plus délicates de mon point de vue au regard de la protection des droits fondamentaux dont le MAE se réclame.

Le MAE est-il exempt de toute critique ?
Évidemment non. Restons-en à la principale. Pour éviter les échappatoires du droit de l'extradition, le texte fait peser toute la pression sur le juge d'exécution du MAE, en automatisant les choses. En revanche il a négligé le juge d'émission de ce mandat, qui réclame la remise. Celui-ci bénéficie d'une liberté d'action qui peut poser problème et gagnerait à être précisée. Bon nombre de MAE sont ainsi émis de manière disproportionnée par rapport à la gravité des choses. Songez qu'en 2009 la Pologne, à elle seule, a ainsi émis près du tiers des MAE émis dans toute l'Union ! Cela n'a pas de sens.
Ici, dans l'affaire Aurore Martin et sans porter de jugement politique, l'attitude du juge espagnol ayant émis ce MAE sur ce fondement et au regard de ces faits oblige à réfléchir.

Dans le cas précis d'Aurore Martin, l'application du MAE vous semble-t-elle répondre à ce que le législateur avait souhaité ?
La réponse est doublement non. D'abord parce que je crois à titre personnel que le comportement qui lui est reproché ne justifiait pas l'émission d'une mesure de cette gravité, en tout cas pour ce qui est des faits retenus par le juge français. Ensuite parce que l'attitude des gouvernements successifs signifie exactement le contraire de l'inspiration du MAE. En droit, le MAE est une obligation contraignante à laquelle l'État requis ne peut pas se dérober. En ne l'exécutant pas hier, le gouvernement précédent s'est comporté comme si rien n'avait changé. En faisant volte-face aujourd'hui, le gouvernement actuel, malgré un discours vertueux, fait exactement la même chose. Tout simplement parce que l'intérêt du moment a changé. Ce n'est pas plus glorieux.
Le temps des petits calculs politiciens où les marchandages entre États ou la faveur du Prince commandaient la justice est dépassé. Il serait bon que l'on entende sur ces questions davantage le ministre de la Justice à Paris que le ministre de l'Intérieur à Madrid.

 

Propos recueillis par Richard Picotin pour Sud Ouest

 

 

Ceci nous amène à remettre en question la validité du MAE en l'espèce. On notera que seuls les défenseurs d'Aurore Martin parlent de "délit d'opinion" quant aux autorités espagnoles, elles, accusent Aurore Martin d'avoir participé à des conférences de presse publiques au Pays Basque Sud et en France et pour toute preuve de son appartenance à ETA une simple déduction "de la participation de la mise en cause à l’examen des activités institutionnelles et organiques qu’elle a pu avoir au sein du parti illégalisé Batasuna (en Espagne), qui fait partie du complexe politique de l’organisation terroriste ETA..." (à charge pour Aurore Martin de prouver le contraire, la Audencia Nacional n'apportant aucune preuve pour cette accusation).

 

Quand les citoyens européens se décideront-ils de soutenir les demandes du peuple basque concernant l'abolition du MAE tel qu'il existe en l'état ?

Il serait temps que nos parlementaires européens justifient leurs grasses indémnités et se mettent enfin à bosser sur un texte équitable pour tous. Mais là, on peut toujours rêver...


 

http://idata.over-blog.com/4/16/26/23/Pics/Aurore_Askatu.png

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8 novembre 2012 4 08 /11 /novembre /2012 14:00

Aurore_Martin_La_Verite.jpgQue se cache-t-il derrière
tous ces mensonges ?

 

 

Huit jours à peine après l'arrestation controversée d'Aurore Martin et à deux jours de la grande manifestation en faveur du respect des droits des prisonniers et des réfugiés politiques basques prévue à Bayonne, le gouvernement Hollande patauge toujours dans le déni et le mensonge.

Le gouvernement socialiste envisagerait-il de faire capoter la plus grande marche en faveur de la paix en construction au Pays Basque ?

Derrière la langue de bois se dessine de nombreux signes annonciateurs d'une prochaine interdiction du droit de manifester en France. La dictature est en route sous l'impulsion de Manuel Carlos Valls, héritier d'une culture dont l'Espagne ne peut se glorifier.

 

Pourquoi Aurore Martin fait-elle peur ?

Ce matin, Karl Laske, journaliste d'investigation chez Mediapart, nous révèle, arguments à l'appui, que le chef de l'État lui-même ne pouvait ignorer l'opération "Aurore Martin", contredisant ainsi toutes les déclarations du gouvernement sur cette affaire.

 

http://img11.hostingpics.net/pics/121876Mediapart.gif

 Hollande a donné son feu vert
à l’extradition d’Aurore Martin
par Karl Laske

 

François Hollande a validé l’extradition vers l’Espagne de la militante basque Aurore Martin arrêtée près de son domicile de Mauléon, le 1er novembre, selon des informations obtenues par Mediapart. La jeune femme avait été immédiatement livrée à la police espagnole. « Des consultations au plus haut niveau » impliquant les ministres concernés et le président ont été conduites avant d’ordonner le transfèrement de la jeune femme, a-t-on confirmé officieusement à l’Élysée.

Hier encore, Manuel Valls assurait devant l’Assemblée nationale qu’il n’avait « pris aucune décision ». Tout en maintenant que l'exécution du mandat d'arrêt européen MAE était « une décision de la justice » qui a été « appliquée sous l'autorité du parquet général de Pau ». « Ce n'est pas du ressort du ministre de l'intérieur que je suis », a-t-il soutenu. « Ce n'est qu'après avoir décliné son identité qu'Aurore Martin a été identifiée comme personne recherchée », a aussi indiqué le ministre.

Selon les informations recueillies à l’Élysée, l’interpellation d’Aurore Martin n’avait au contraire "pas de caractère fortuit". « Les bonnes relations du président avec les autorités espagnoles et la volonté de renforcer la lutte antiterroriste facilitent ce type d’opération », a poursuivi cette source. Le 22e sommet franco-espagnol, qui s’est tenu à Paris le 10 octobre 2012, sous la présidence de François Hollande et Mariano Rajoy, le chef du gouvernement espagnol, en a été l’illustration.

 

http://img11.hostingpics.net/pics/649770Rajoyhollande.jpg

Photo © EPA

 

« Avec les Espagnols, la coopération ne porte pas que sur ETA, et c’est un ensemble qui est pris en considération », commente-t-on. Les sujets sécuritaires recouvrent une vaste zone, partant du Maghreb jusqu'au golfe d'Aden (l'opération militaire Atalante), ou du golfe de Guinée jusqu'en Méditerranée. Ainsi, l'Espagne "fait partie des priorités".

Selon l’Élysée, les chefs d’accusation visant Aurore Martin ne sont pas anodins, contrairement à ce que soulignent tous les observateurs. La militante était réclamée pour son engagement au sein de Batasuna, un mouvement interdit en Espagne en 2003, mais qui est resté légal et actif en France jusqu’à aujourd’hui. Membre du bureau national de Batasuna, Aurore Martin est intervenue lors de plusieurs conférences de presse en 2006 et 2007, et elle a également été salariée du groupe parlementaire du Parti communiste des terres basques, en 2007.

« Je suis accusée d'association de malfaiteurs, donc d'actes terroristes, pour le seul délit de m'être exprimée publiquement lors de différents événements, au nom de ma formation politique », expliquait-elle dans un entretien à Mediapart en 2011. Cette situation ubuesque n’a pas été clarifiée par la cour d’appel de Pau qui a validé l’extradition en novembre 2010.

La Cour avait fait un tri. Elle refusait "la remise" de la militante aux mains des Espagnols pour les faits qui concernaient son activité en France, mais l’acceptait pour le reste : les conférences de presse en Espagne. Hier, les soutiens de la militante ont souligné que l’Audiencia nacional avait réintroduit les faits exclus par la cour d’appel de Pau dans son acte d’accusation, ce qui pourrait leur permettre de soulever l’illégalité du transfèrement.

La procédure du mandat d’arrêt européen – introduite en 2004 dans le code de procédure pénale français – autorise la remise des nationaux aux autorités requérantes, et permet sa mise en œuvre "sans contrôle de la double incrimination" – la concordance juridique des poursuites entre les deux pays – s’agissant notamment d’actes terroristes. Mais la procédure prévoit aussi que l’exécution d’un mandat d’arrêt européen peut être refusée s’il apparaît que l’autorité étrangère envisage de poursuivre ou de condamner une personne pour ses opinions politiques. Or les faits reprochés à Aurore Martin par l’Espagne relèvent précisément d’une activité politique classique.

Questionné par France Bleu Pays basque, en juillet 2011, après l’échec de l’arrestation d’Aurore Martin – protégée par une foule de militants à Bayonne –, François Hollande jugeait qu'il y avait "un principe de clémence à faire respecter". L'exercice du pouvoir a semble-t-il modifié son point de vue.

Actualisation (13h40)

Le service de communication de la garde des Sceaux, Christiane Taubira, indique dans un communiqué que la remise d'Aurore Martin a été effectuée "de juge à juge", sans l'intervention du pouvoir exécutif. "La ministre de la Justice rappelle que la remise de madame Aurore Martin à la Justice espagnole s’est effectuée le 1er novembre 2012 sur la base d’un mandat d’arrêt européen. Cette procédure, de juge à juge, s’impose au Parquet Général de Pau et ne constitue pas une extradition. Elle exclut toute intervention du pouvoir exécutif, c’est-à-dire du Président et du Gouvernement".

 

Nous noterons que pour une fois la justice a été particulièrement prompte à prendre une décision et nous saluerons au passage la disponibilité des juges à travailler un jour férié comme nous le laisse entendre le service de communication de la garde des Sceaux. Beaucoup de justiciables dans notre pays aimeraient bénéficier de tels privilèges.

Travailler plus... pour gagner toujours plus !

 

Démenti quasi immédiat de la Chancellerie

La réaction de la Chancellerie ne s'est pas fait attendre suite à la publication des révélations de Karl Laske. Un communiqué de presse a été envoyé aussitôt à la presse afin de démentir toute version des faits autres que la version officielle dictée par l'Élysée.


Au Parti socialiste on joue avec les mots et avec la vie d'une ressortissante française

La remise d'Aurore Martin à la justice espagnole s'est effectuée le 1er novembre "sur la base d'un mandat d'arrêt européen", a rappelé le ministère de la Justice dans son communiqué. Cette procédure "de juge à juge s'impose au parquet général de Pau et ne constitue pas une extradition".

http://img11.hostingpics.net/pics/814060Xarlo2.jpgUne précision que ne manque pas de nous rappeler Xarlo Etchezaharreta « L'extradition est un processus judiciaire qui comporte des règles juridiques : demande, procès avec droit à la défense, recours divers en cas de contestation... Le MAE est un arrangement entre Etats avec un enrobage juridique-bidon, précisément pour éviter que des magistrats trop zélés ne sabotent les intérêts bien compris des Etats ». 

« Le MAE n'est qu'une demande de livraison d'une personne entre Etats signataires sans recours possible. Les juges ne peuvent être consultés que sur la formulation de la demande » conclut ce citoyen basque, ancien détenu politique.
Une précision capitale qui nous permet de comprendre à quel point le sort d'Aurore Martin était scellé depuis le 10 octobre, date du 22è sommet franco-espagnol.
Le gouvernement socialiste a beau persister en continuant de se réfugier derrière le MAE, il n'en demeure pas moins qu'Aurore Martin est toujours incarcérée à cause de circonstances encore "mystérieuses" à ce jour et que François Hollande devra assumer sa responsabilité devant tous les français plutôt que de nous rabacher sans cesse le même communiqué depuis samedi dernier.


Je voudrais adresser mes sincères remerciements à Xarlo
Etchezaharreta et Marko Trément ainsi qu'à la presse libre, telle Mediapart et Le journal du Pays Basque, pour leur engagement à dénoncer les mensonges d'État sans oublier non plus tous ceux qui défendent la cause d'Aurore Martin. C'est grâce à leur détermination que nous puisons notre motivation à soutenir ce combat et pouvoir espérer une libération prochaine d'Aurore Martin puis celles d'autres prisonniers politiques basques.


 
http://idata.over-blog.com/4/16/26/23/Pics/Aurore_Askatu.png




Sources : Xarlo Etchezaharreta, Mediapart, Le JPB, Sud Ouest

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Published by Papy Mouzeot - dans RÉSISTANCE
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