Un taux de radioactivité
| « Le Japon est loin d'être sorti de "l'accident" qui frappe la centrale en péril » a finalement confirmé Yukiya Amano, le directeur général de l'Agence Internationale de l'Énergie Atomique (AIEA) au New York Times. |
La situation est des plus dramatiques, il n'est plus temps de pratiquer la langue de bois...
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| Yukio Edano le "Jack Bauer nippon" |
Le Japon a prévenu dimanche 27 mars que le danger d'une catastrophe nucléaire était loin d'être écarté à la centrale de Fukushima, où des fuites beaucoup plus radioactives que la veille ont été relevées.
Le porte-parole du gouvernement, Yukio Edano, a reconnu que les opérations d'urgence sur le site étaient particulièrement laborieuses et l'absence de réels progrès frustrante face à cette catastrophe, la pire depuis la deuxième guerre mondiale.
« Nous aimerions pouvoir donner un programme clair sur quand cela va être résolu, et ceux qui travaillent sur le site pensent la même chose », a-t-il déclaré dimanche à la télévision publique NHK.
« Mais je ne peux pas être plus optimiste que la réalité ».
Une très forte radioactivité a été mesurée dimanche dans une nappe d'eau échappée du réacteur 2 de la centrale, qui est située sur la côte nord-est du Japon, face à l'océan Pacifique.
Cela a forcé le personnel à reporter les opérations de pompage de cette eau polluée, a annoncé Tokyo Electric Power (Tepco), propriétaire et opérateur du site.
Le taux mesuré dans des échantillons de cette eau retrouvée au sous-sol de la salle de la turbine située derrière le réacteur est de 1.000 millisieverts par heure, a déclaré un porte-parole de Tepco.
« Ce chiffre est 10 millions de fois plus élevé que le niveau de radioactivité de l'eau qui se trouve généralement dans un réacteur en bon état », a-t-il expliqué.
Il a ajouté que cela signifiait que le combustible dans le coeur du réacteur avait probablement subi des dommages lors d'un début de fusion survenu juste après le séisme et le tsunami du 11 mars.
« Nous avons détecté dans les échantillons d'eau des taux élevés de césium et d'autres substances qui ne se trouvent généralement pas dans l'eau du réacteur. Il existe une forte probabilité pour que les barres de combustible se soient dégradées » a-t-il ajouté.
Pour éviter une détérioration désastreuse de la situation à Fukushima Daiichi (Fukushima N°1), les techniciens, pompiers et militaires déployés sur place jour et nuit doivent absolument parvenir à faire baisser la température des réacteurs.
Cela impose la remise en marche du circuit de refroidissement, mis hors service par le séisme et le tsunami qui ont frappé la région le 11 mars, y faisant 10.418 morts et 17.072 disparus.
Pendant près de deux semaines, les installations accidentées ont été arrosées avec de l'eau de mer, à l'aide de canons à eau et de pompes électriques dirigées par des grues géantes. Etant donné les risques de corrosion dus au sel, Tepco a décidé d'utiliser désormais de l'eau douce.
Mais ces opérations sont sans cesse entravées par des pics de radioactivité et des difficultés techniques, dans un danger permanent dû aux rayonnements ionisants.
Hausse de la radioactivité à la centrale de Fukushima, le personnel évacué |
Des taux de radioactivité de plusieurs centaines de millisieverts par heure ont déjà été détectés autour des réacteurs endommagés de la centrale, imposant d'autres évacuations temporaires des ouvriers.
Jeudi, trois ouvriers, chaussés seulement de bottines en caoutchouc, ont été irradiés en marchant dans une flaque d'eau très fortement radioactive lors d'une intervention dans la salle de la turbine du réacteur 3, où le niveau de radiation était de 180 millisieverts par heure. Deux ont dû être hospitalisés.
« Le Japon est loin d'être sorti de l'accident » qui frappe la centrale en péril, a estimé le directeur général de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), le Japonais Yukiya Amano, dans une interview samedi au New York Times.
Insistant sur le fait qu'il ne critiquait pas l'action des autorités japonaises face à ces circonstances extraordinaires, Yukiya Amano a souligné que "davantage d'efforts" devaient être déployés pour écarter le danger d'une catastrophe majeure.
Yukiya Amano a déclaré qu'il pensait que les autorités japonaises ne pratiquaient pas de rétention d'informations, cependant il a toutefois ajouté que sa récente visite au Japon avait pour objectif d'obtenir du Premier ministre Naoto Kan un engagement sur une "transparence totale".
Tepco dit s'être trompé en ayant annonçé un niveau de radioactivité "10 millions de fois plus élevé" que la normale.
Le vice-président de l'opérateur, Sakae Muto, a présenté ses excuses pour cette erreur qui a entraîné l'évacuation des techniciens s'employant à relancer le processus de refroidissement du réacteur de la centrale endommagée par le séisme et le tsunami du 11 mars.
La volte-face de Tepco est intervenue après que la Commission de sûreté nucléaire du Japon, un organisme gouvernemental, eut demandé à l'exploitant de Fukushima de revoir ses calculs...
Le niveau de radioactivité de 1.000 millisieverts par heure est une preuve que le cœur du réacteur a fondu, avait indiqué dimanche matin un expert français.
« A ce niveau de 1.000 millisievert par heure, un travailleur qui y passe une heure s'expose à des effets certains sur la santé » , avait précisé Olivier Isnard, expert de l'Institut français de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire (IRSN).
Selon lui, le niveau élevé de radioactivité dans la mer est un indicateur que cette eau polluée a déjà "commencé à s'échapper".
Tepco a annoncé que les relevés effectués samedi sur des échantillons d'eau de mer prélevés à 300 mètres au sud du réacteur 1 montraient une présence d'iode radioactif 1.850 plus élevée que la normale. Ce taux était dix fois moins élevé en début de semaine.
| « Si vous buvez 50 centilitres d'eau courante avec cette concentration d'iode, vous atteignez d'un coup la limite annuelle que vous pouvez absorber. C'est un niveau relativement élevé » selon un porte-parole de l'Agence japonaise de sûreté nucléaire. |
Sources : NouvelObs, info.france2.fr, yahoo.fr