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Le blog satirique du Papy Mouzeot

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La réponse de Luc Chatel au sacrifice de Lise Bonnafous

http://img11.hostingpics.net/pics/224943Chatel.gifDes chiffres, encore des chiffres,
toujours des chiffres éhontés...
À quand les sondages
auprès des enseignants ?

 

 

Une étude du ministère de l'Éducation qui tombe à brûle-pourpoint, à peine deux semaines après le suicide dramatique qui a endeuillé le lycée Jean Moulin de Béziers et l'ensemble de la profession de l'Éducation Nationale !

 

Plus de neuf collégiens sur dix (93 %) "se sentent bien" dans leur établissement et 86 % s'y sentent en sécurité...


... mais 10 % se plaignent de harcèlement et 6 % de racket !

Se gardant de tout alarmisme et faisant preuve d'un optimisme étonnant au regard de ces chiffres, Luc Chatel a affirmé dans les colonnes du Parisien que l'école restait un "lieu de paix" !

 

http://img11.hostingpics.net/pics/345107Chatel.jpg

Comment faire dire aux statistiques que tout va bien lorsque tout va mal ?

Des chiffres annoncés qui résultent d'une enquête effectuée auprès des collégiens et non auprès des  lycéens et encore moins de l'avis même des enseignants. Après quatre années de suppressions de postes, de réformes à caractère purement comptable et de dégradation du système éducatif (remplacement, nombre d'élèves par classe, options), le ministre de l'Education nationale Luc Chatel multiplie les coups de bluff en alignant des statistiques censées vanter l'efficacité de sa politique. Aujourd'hui, avec moins de profs, le système éducatif serait plus efficace, les élèves en difficulté seraient mieux encadrés, les remplacements mieux assurés...

Rarement un ministre aura autant utilisé les chiffres dans sa communication. Xavier Darcos, son prédécesseur, en était déjà friand, pour montrer les dérives d’une école primaire trop permissive ou les avantages d’enseignants accrochés à leurs "prétendus privilèges" et à ce titre hostiles aux changements. Luc Chatel en fait un élément clé de sa politique. A six mois de la présidentielle, il doit convaincre que son action n’est pas dictée par la révision générale des politiques publiques (RGPP) et par le "dogme" du non-remplacement d’un départ à la retraite sur deux, mais bien par l’intérêt d’un système scolaire dépassé qui attendait la droite pour être enfin modernisé.

 

Chatel est dans le coût : "En septembre 2011, il y aura 35 000 professeurs de plus qu'au début des années 1990"

Le meilleur moyen de démontrer qu'il y a trop de profs, c'est encore de comparer des chiffres à 20 ans d'intervalle. Ainsi, Chatel avait balancé une statistique, sur Europe 1, censée marquer les esprits : « En septembre 2011, il y aura 35 000 professeurs de plus qu'au début des années 1990, alors que l'on compte 500 000 élèves de moins ». Le chiffre est exact, les syndicats ne le contestent pas.

Cependant, la comparaison est complètement anachronique. C’est une phrase qui frappe les esprits et que le ministre, sûr de son effet, va répétant au gré des interviews. Les syndicats contactés ne le contestent pas, même si l’année de référence étant vague, ils ne parviennent pas exactement aux mêmes chiffres. Luc Chatel veut ainsi montrer qu’en supprimant 16 000 postes, il y a encore de la marge et que cela devrait donc être indolore. En vingt ans, la France a changé, et l'école aussi. La scolarité moyenne des élèves s'est allongée. Cela a un coût. Davantage d'élèves ont poursuivi au lycée, dans la filière générale ou professionnelle. Or celui-ci coûte cher en France. Avec une moyenne de trente heures de cours par semaine, un record en Europe, il est un grand consommateur d'enseignants, notamment en raison des nombreuses options. Il y a aussi eu un développement des sections de techniciens supérieurs (STS) et des classes prépas, qui comptent de nombreuses heures de cours, la création de décharges pour les directeurs d'écoles ayant plus de quatre classes, la multiplication de remplaçants titulaires sans poste fixe, des classes moins chargées, l’apparition d’intervenants en langues ou en informatique, etc. Autant d’évolutions plutôt bien accueillies. « On veut aujourd’hui donner l’impression qu’on en aurait trop fait, estime Guy Barbier, du SE-Unsa, les enseignants le ressentent comme une claque.» (Libération du 9 mai 2011).

 

Les immolations par le feu se succèdent depuis plusieurs semaines, en France

Mais pourquoi s'immoler par le feu ? Littéralement, une immolation représente un sacrifice divin. Le terme provient du latin immolare signifiant offrir un sacrifice. Néanmoins, les temps changent. Et de nos jours, s'immoler n'a pas grand chose de religieux. Dans un contexte économique très difficile et épuisant pour de nombreuses personnes, cette manière de se suicider s'est notamment répandue après les révoltes arabes et le passage à l'acte du tunisien Mohamed Bouazizi. Aujourd'hui, elle prend également place en France. Les psychologues affirment que ce geste relève d'une désespérance profonde face à une situation extrême. Il est destiné à dénoncer ce malaise d'une manière qui soit la plus impressionnante possible. Dans le cas de la femme de 68 ans s'étant immolée devant l’Élysée ce mercredi, ce sont les problèmes de logements qui ont attisé la tentative de suicide. La raison d'un tel sacrifice n'est plus d'ordre religieux mais plutôt social et psychologique.

Outre cette nouvelle tentative, les immolations par le feu se sont succédées ces dernières semaines. Le 23 octobre dernier, un homme est passé à l'action devant un commissariat après avoir poignardé sa concubine, à Longjumeau (Essonne). Le 16 octobre, à Bordeaux, c'est une femme de 77 ans qui mettait fin à ses jours selon le même rituel. Difficile également d'oublier la mort dans les mêmes circonstances de Lise Bonnafous. Chaque fois, un tel acte suicidaire reflète un malaise social profond. Et le lieu est souvent symbolique...


Chatel.jpg

 

Sources : Le Monde, Libération, France Soir

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