Un pompier professionnel membre de l'équipe de gymnastique a déposé plainte contre ses coéquipiers...
Treize pompiers de la prestigieuse Brigade de Sapeurs-Pompiers de Paris (BSPP) ont été placés en garde à vue mercredi dans l'enquête sur un viol présumé commis sur un jeune engagé dimanche dans un autocar et filmé sur un téléphone portable. Les faits se seraient déroulés dans un car qui ramenait de Colmar une équipe de sapeurs-pompiers de Paris. Le jeune plaignant a affirmé aux enquêteurs avoir été dans un premier temps "sévèrement bizuté" par plusieurs autres jeunes militaires qui l'auraient "pincé puis mordu au niveau du postérieur". Le jeune homme ayant protesté, il se serait retrouvé plaqué au sol par plusieurs de ses collègues, dont un l'aurait violé à plusieurs reprises, sous le regard d'un officier qui ne serait pas intervenu.
« Tous les équipiers passent au bizutage » Le jeune homme était donc bien conscient qu’il allait y passer. Mais, ce pompier professionnel de Paris, membre de l’équipe de gymnastique, ne se doutait pas que ça se terminerait de cette manière-là. Dimanche soir, il a déposé plainte au commissariat de 17e arrondissement de Paris pour "viol en réunion" et "violences volontaires en réunion" à l’encontre de plusieurs de ses co-équipiers, membres de l’équipe de gymnastique des Sapeurs pompiers de Paris.
L’affaire se serait produite, dimanche matin, lors du retour en bus de l’équipe de gym qui s’était illustrée lors d’une représentation à Colmar (Haut-Rhin). Après avoir été invité à chanter une chanson et à raconter des blagues au micro du bus, le jeune homme de 23 ans aurait rejoint les "anciens" de l’équipe dans le fond du véhicule. Bousculades, claques de tout côté, le pompier aurait alors été encerclé et se serait retrouvé en quelques minutes nu. Placé à plat ventre sur une banquette, il aurait commencé à subir des violences de plus en plus intenses selon la plainte. « J’ai subi des tapes sur les fesses, des pincements (…) ce qui a provoqué des saignements et des hématomes ». « Quand le sang a commencé à couler », l’un des agresseurs présumés aurait également mordu le jeune homme.
Le bizutage se serait sans doute terminé là si la victime n’avait pas montré son exaspération face à ce qui venait de lui arriver. « Tu es fou, tu vas ramasser ! » lui aurait alors dit l’un des "anciens". De retour dans le fond du bus, le jeune homme se retrouve «bloqué» par ses agresseurs présumés, toujours selon les termes de sa plainte. « J’ai alors senti une pénétration anale avec des doigts ». Le jeune homme affirme avoir aperçu, sur le côté, un autre de ses co-équipiers en train de "broyer une petite bouteille en plastique" de manière à en faire "un serpentin". « J’ai alors senti que la bouteille en plastique a été introduite dans mon anus », assure-t-il encore aux policiers. « Tout d’un coup, tout s’est arrêté naturellement. J’ai ramassé mes affaires. En retournant à ma place, tous les anciens m’ont dit “Félicitations !" »
Une quinzaine de pompiers ont été interpellés ce matin dans l'enquête sur des faits allégués de viol dont affirme avoir été victime un jeune pompier ce week-end.
Le parquet a confirmé avoir saisi la section de recherches de la gendarmerie de Paris. « Les faits évoqués sont particulièrement graves », le commandement de la brigade "entend faire toute la lumière sur cette affaire" : « deux enquêtes sont en cours : une enquête de commandement interne et une enquête diligentée par l'autorité judiciaire, à laquelle nous collaborons totalement [...] Bien évidement, le commandement de la brigade tirera toutes les conclusions des résultats de ces enquêtes sur le plan disciplinaire voire statutaire, sans préjuger des éventuelles poursuites pénales » a de son côté déclaré le lieutenant-colonel Pascal Le Testu, porte-parole de la BSPP.
« Si ces faits étaient avérés, ils sont totalement inacceptables et contraires aux valeurs des sapeurs-pompiers de Paris qui sont la générosité, le dévouement et l'altruisme », a encore déclaré le porte-parole de la BSPP. « Tous ceux qui auraient pu porter atteinte à ces valeurs, à notre déontologie et à notre code d'honneur devront en répondre » a-t-il conclu.